Compostelle (cartes)

Je donne ici un aperçu du chemin entre Saint Antoine l'Abbaye et le Puy en Velay (voir la flèche: départ 2007)

source carte: http://chemins.amis-st-jacques.org/...

Cartographie du Puy en Velay à Saint Jean Pied de Port: http://www.chemins-compostelle.com/...

Cartographie de Saint Jean Pied de Port à Saint Jacques http://www.chemins-compostelle.com/...

Commentaires

1. Le mercredi 20 juin 2007, 16:41 par blairenlair

Sa vigilance persévérante n'était pas récompensée et il commençait à s'assoupir quand, entre neuf et dix heures, un coup de sonnette le tira brusquement de sa torpeur ; il se précipita vers son observatoire et arriva à temps pour entendre grincer des serrures et remuer des chaînes.
Mr. Vandeleur, enveloppé d'une robe de chambre de velours noir et coiffé d'un bonnet pareil, se montra ensuite une lanterne à la main, sortit de la véranda et atteignit la porte grillée de la rue. Nouveau bruit de verrous et de ferraille, puis Francis vit le mystérieux vieillard revenir en escortant un individu de mine abjecte.
Une demi-heure après, le visiteur fut reconduit et Mr. Vandeleur, posant sa lanterne sur la table rustique, acheva tranquillement son cigare sous le marronnier. Francis, qui, entre deux branches, ne perdait de vue aucun de ses gestes, crut deviner à ses sourcils froncés et à la contraction de ses lèvres, qu'une pensée pénible le préoccupait. Tout à coup une voix de jeune fille se fit entendre dans la maison.
«Dix heures ! criait-elle.
-J'y vais», répondit John Vandeleur. Il jeta son bout de cigare, reprit la lanterne et disparut sous la véranda. Dès que la porte fut fermée, l'obscurité et le silence le plus complet régnèrent autour de la maison, et Francis eut beau écarquiller les yeux, il ne put découvrir le moindre rayon de lumière entre les lames des persiennes. Les chambres à coucher, pensa-t-il, étaient de l'autre côté. Il comprit la véritable raison de ce fait quand, le lendemain, il revint à son observatoire dès l'aube, la dureté de sa couche sur le plancher ne l'engageant pas à prolonger son sommeil. Les persiennes s'ouvrirent toutes, mues par un ressort intérieur, et découvrirent des rideaux de fer semblables aux fermetures des boutiques, qui se relevèrent par un procédé analogue. Pendant une heure, les chambres restèrent ouvertes à l'air frais du matin, puis Mr. Vandeleur referma les volets de sa propre main. Tandis que Francis observait avec étonnement toutes ces précautions, la porte de la maison s'ouvrit et une jeune fille vint regarder dans le jardin. Elle rentra moins de deux minutes après, mais ces deux minutes suffirent pour révéler aux yeux éblouis de Francis les charmes les plus captivants. Une telle apparition n'excita pas seulement sa curiosité, elle lui remit au coeur le courage et l'espérance. Les allures suspectes de son père supposé cessèrent de hanter son esprit ; dès ce moment il adopta avec joie sa nouvelle famille ; que la jeune fille dût devenir sa soeur ou bien sa femme, il ne doutait pas qu'elle ne fût un ange. Ce fut avec une terreur subite qu'il réfléchit qu'après tout il ne savait pas grand-chose et avait pu se tromper en suivant Mr. Vandeleur.
Le portier, qu'il interrogea, lui donna peu de renseignements, mais ce peu avait quelque chose de mystérieux et d'équivoque. Le locataire du petit hôtel voisin était un Anglais prodigieusement riche et très excentrique dans ses allures. Il possédait d'importantes collections, et c'était pour les protéger qu'il avait fait poser ces pointes de fer sur le mur, ces contrevents métalliques et tous ces systèmes compliqués de serrures. Il vivait là seul avec Mademoiselle et une vieille servante, ne voyant personne, sauf quelques visiteurs singuliers avec lesquels il semblait avoir des affaires.
«Est-ce que Mademoiselle est sa fille ? demanda Francis.
-Certainement, répondit le portier, c'est la fille de la maison, et vous ne vous en douteriez guère à la voir travailler ! Riche comme il l'est, Mr. Vandeleur envoie pourtant sa demoiselle au marché, le panier au bras, ni plus ni moins qu'une servante.
-Mais les collections ? reprit Francis.
-Monsieur, il paraît qu'elles valent beaucoup d'argent, voilà tout ce que je sais. Depuis l'arrivée de ces gens-là, personne dans le quartier n'a seulement dépassé leur porte.
-Cependant, vous devez bien avoir quelque idée de ce qu'elles peuvent être. Sont-ce des tableaux, des étoffes, des statues, des bijoux, quoi ?
-Ma foi, monsieur, répondit le bonhomme en haussant les épaules, ce seraient des carottes, que je ne pourrais vous en dire davantage. Vous voyez bien que la maison est gardée comme une forteresse.»
Désappointé, Francis retournait à sa chambre quand le portier le rappela.
«Tenez, monsieur, je me souviens maintenant que la veille bonne m'a dit un jour que son maître avait été dans toutes les parties du monde et qu'il en avait rapporté beaucoup de diamants. Si c'est ça, on doit avoir un joli coup d'oeil derrière ces volets.»
Le fameux dimanche arriva. Aussitôt le théâtre ouvert, Francis fut à sa place. Le fauteuil qui avait été pris pour lui était à deux ou trois stalles du couloir de gauche et parfaitement en vue des baignoires d'avant-scène. Comme cette place avait été choisie exprès, il n'était pas douteux que sa situation ne fût significative ; Francis jugea d'instinct que la loge qui était à sa droite allait figurer sous une forme quelconque dans le drame où il se trouvait lui-même jouer un rôle.
Et, de fait, cette loge était placée de telle sorte que ceux qui l'occupaient pourraient le dévisager tout le temps du spectacle, en échappant à son observation, si bon leur semblait, grâce aux écrans et à la profondeur du réduit. Francis se promit donc de faire bonne garde ; tout en paraissant absorbé par la pièce, il surveillait la loge vide du coin de l'oeil. Le second acte était commencé et déjà avancé même quand la porte s'ouvrit ; deux personnes se dissimulèrent dans le coin le plus obscur de la loge. Francis étranglait d'émotion. C'étaient Mr. Vandeleur et sa fille. Son sang bouillait dans ses veines, ses oreilles tintaient, la tête lui tournait. Il n'osait regarder, de peur d'éveiller les soupçons ; son programme qu'il lisait et relisait dans tous les sens, passait du blanc au rouge devant lui ; quand il leva les yeux, la scène lui parut à une lieue de distance et il trouva la voix, les gestes des acteurs ridicules et impertinents. Enfin il se risqua à jeter un coup d'œil dans la direction qui l'intéressait et il sentit aussitôt que son regard avait croisé celui de la jeune fille. Un frisson secoua ses membres, il vit à la fois toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Que n'aurait-il pas donné pour entendre ce qui se passait entre les Vandeleur, père et fille ! Que n'aurait-il pas donné pour oser prendre sa lorgnette et pour pouvoir les examiner avec calme ! Sa vie sans doute se décidait dans cette loge, et lui, cloué sur ce fauteuil, ne pouvant ni intervenir ni même suivre le débat, était condamné à souffrir dans une anxiété impuissante.
Enfin l'acte s'acheva, ses voisins se préparèrent à sortir. Il était naturel qu'il en fit autant ; mais alors, force était de passer devant la loge en question. Faisant appel à tout son courage et regardant obstinément le bout de ses souliers, il se leva et s'avança lentement, car un vieux monsieur asthmatique le précédait. Qu'allait-il faire ? Aborderait-il les Vandeleur en passant ? Lancerait-il dans la loge le camélia de sa boutonnière ? Relèverait-il la tête et jetterait-il un regard de tendresse sur la jeune personne qui était sa soeur ou sa fiancée ? Tandis qu'il se débattait, aux prises avec ces alternatives diverses, il eut la vision de sa douce et modeste existence à la banque d'Écosse, et un regret fugitif du passé traversa son âme. Mais il arrivait devant la loge : tout en se demandant encore ce qu'il devait faire, il tourna la tête et leva les yeux. Une exclamation de désappointement lui échappa, la loge était vide ; pendant ses réflexions la famille Vandeleur était partie. Une personne polie lui fit remarquer qu'il obstruait le passage ; machinalement il se remit à marcher et se laissa porter par la foule. Il se retrouva dans la rue ; là il s'arrêta, et l'air frais de la nuit remit promptement l'équilibre dans ses facultés ; mais sa tête pesait lourdement sur ses épaules et, à sa grande surprise, il chercha vainement le sujet des deux actes qu'il venait d'entendre ; un irrésistible besoin de sommeil succédait à tant d'agitations ; hélant un fiacre, il se fit reconduire chez lui, brisé de fatigue et dégoûté de la vie.
Le lendemain matin, Francis alla aux abords du marché, guetter le passage de miss Vandeleur. Son attente ne fut pas trompée ; vers huit heures, il la vit déboucher d'une des rues. Elle était simplement et presque pauvrement mise, mais dans sa démarche, dans sa taille, jusque dans l'aisance avec laquelle elle portait son panier de ménagère, il y avait une grâce, une distinction à laquelle on ne pouvait se méprendre.
Tandis que Francis se glissait dans l'embrasure d'une porte, il lui sembla qu'un rayon de soleil accompagnait cette délicieuse personne et dissipait les ombres devant elle. Il la laissa le dépasser, puis il sortit de sa cachette et l'appela par son nom :
«Miss Vandeleur !»

_..:: Grenoble est toutjours rose mais rose clair ::..._

2. Le mercredi 20 juin 2007, 21:01 par becdanlo

@blairenlair:
Grenoble rose clair?
C'est vrai... les elections... j'avais completement oublie.
Merci de l'info...
Elle doit etre belle Miss Vandeleur... j'aimerai en rever cette nuit.
amities

bec'

3. Le lundi 31 août 2009, 05:38 par Grenoble

Ca faisait un sacré trajet !