Les petits mots - Romane

Messagepar Philipum » Sam Fév 09, 2008 1:37 pm

J'ai commencé les petits mots, et je peux déjà donner des commentaires sur ceux que j'ai lus.

Déjà, les préfaces : elles ne me plaisent pas du tout, cela ne fait vraiment "pas sérieux". Je ne pense pas que ce soit une bonne idée de demander à des amies d'écrire la préface : trop d'allusions, d'éléments intimes, pas de recul sur l'oeuvre, et d'ailleurs elles ne parlent pas de l'oeuvre, mais de Romane ; elles ne s'adressent pas au lecteur, mais à Romane.

Les deux premiers poèmes : "portrait fugace" et "bas les masques"
Trop décousu à mon goût... trop de phrases pas finies... de belles trouvailles pourtant, du genre "Quitter l’ombre de la
lumière et entrer dans la lumière de l’ombre.".
Les thèmes que j'ai cru voir transparaître (pas évident ;-)) ne me touchent pas particulièrement mais ca c'est mon problème :wink:

Le troisième : "Noces de neige"
J'ai beaucoup aimé. Un jet, bref, suggestif, Lui, Elle... Très suggestif.

"L’Hiroshima en moi"
Assez terrible ! J'y reviendrai sur un aute fil...

"Il faudra"
Très poétique (normal pour un poème :lol: ), cela me plaît, cela me berce , c'est comme un hymne désespérant de non-lamentation... Oui, j'aime.
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Messagepar Romane » Sam Fév 09, 2008 1:52 pm

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Messagepar Christian Domec » Mer Juil 02, 2008 6:01 pm

Romane,

J'ai lu en long en large et en travers tes Petits mots.

Ma première impression était la bonne. Lorsque j'en ferais une critique, c'est bien celle-là que j'aimerais te transmettre. Il ne me reste plus qu'à l'écrire.

Je souhaiterais, cependant :

1° qu'elle soit publique,
2° qu'elle soit sans concessions : ne pas prendre de pincettes.

Si tu en es d'accord, je la ferai ici (mais dans quelques semaines, cause départ) ; sinon, je te la transmettrai en privé (hé, hé).

Christian.
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Messagepar Romane » Jeu Juil 03, 2008 3:29 am

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Messagepar Christian Domec » Jeu Juil 03, 2008 6:51 pm

Romane a écrit:
Ah, Christian ! Tu me manquais ! Je suis heureuse de te retrouver.


Tu me manquais aussi ; le forum et tous ses intervenants aussi.

Pour la peine, tu patienteras trois semaines (ou un mois) pour ma critique publique des Petits mots.

Christian.
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Messagepar Romane » Ven Juil 04, 2008 12:01 am

J'attendraiiiiii
Le jour et la nuit j'attendrai toujours
Ton retouuuuuuuuur ! :lol:
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Messagepar Yasmina » Ven Juil 04, 2008 11:11 pm

OUf ! cela me laisse du temps. Je suis en train de lire ces petits mots et comme je n'ai plus d'imprimante, c'est à l'écran que je le fais... alors suis un peu plus longue car je me fatigue vite, enfin, mes yeux se fatiguent vite.
J'écris parce que je ne sais pas dire
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Messagepar Romane » Sam Juil 05, 2008 5:20 am

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Messagepar Christian Domec » Dim Aoû 10, 2008 12:07 am

Les Étrusques évanouis jadis avaient, dit-on, la volupté pour religion. Leur évanouissement n'a jamais été précisément relaté par nos historiens. Les traces splendides de leur art : la délicatesse des volumes, le grain des pigments, la finesse des formes, ces terres cuites et peintes ornant leurs palais et masures ne cessent de nous enchanter même si les sépultures de ceux qui produisirent ces joyaux sont pour la plupart profanées depuis des lustres.

Notre langue de celle étrusque ne sut capturer, pour triturer et libérer, peu de mots. Il en est un pourtant qui fréquentant le latin nous poursuit, nous est intime, explique aussi nos absences : c'est « personne ».

« Personne » c'est le masque de l'acteur. Cette face, ce visage : légués, seront sans cesse — sans que cela ne cesse — remodelés par les épreuves, les joies, les douleurs, les haussements de sourcils, le vieillissement et son sourire. Des masques nous irons en quérir de nouveaux, les appliquer, les policer ; pour affronter cette ombre qui passe, qui s'agite et parade (1) pensant ainsi camoufler nos humeurs, protéger notre personne. Ils nous joueront des tours, pensant qu'ils ne sont que superficiels : des grimaces, un air de farce ; ils entreront par tous les pores de nos visages. En retour, la personnalité faite du cortège de tous ses masques va rapidement suinter à diluer ce corps étranger ou partiel : à l'incorporer.

Le « visage découvert » ne serait-il pas cette collection de masques en mouvement qui façonne notre personne jamais aboutie ?

En découvrant les premières pages des Petits mots, immédiatement j'ai pensé aux masques, à « personne », aux Étrusques. Je me suis bien gardé de le dire : convoquer les Étrusques semblait folie : le Christian, là, il est un peu fêlé du ciboulot ! Pourtant, à les relire, surtout les premiers, l'impression – faite d'un léger mais profond malaise - ne me quitte pas.

Imageons quelque peu cela : il est des masques qui obstruent les pores, qui brident toute manifestation expressive, qui ferment. Ces masques sont facilement trouvables dans le commerce, ils sont tout blanc, manufacturés, inexpressifs, ménageant comme ouvertures uniquement celles jugées vitales. Portez-les quelques heures et vous aller suer, si vous ne pouvez l'enlever, il faudra qu'il se fissure quitte à ce que votre sang gicle à travers pour y apporter quelque couleur. Et votre sang, vos humeurs, vos cris exploseront ce satané masque blanc-bâillonnant permettant l'irruption d'un « visage découvert » indompté, bariolé. Cette farandole de masques multicolores une fois libérée est indomptable, elle se nourrira des mots expirés pour en ensemencer d'autres au fol agencement et à la germination débridée.

Ces Petits mots expirent l'intime.

Ils l'expirent en fracassant un des masques, celui qu'on s'était résigné — un temps — à porter pensant qu'il aiderait à supporter. Maintenant qu'il est en lambeau, souvenir présent, mais non masquant, les Petits mots s'en donnent à coeur joie, ils montrent leur insolence aux rimes océanes, retournent à l'enfance pour taquiner l'alexandrin et achèvent en scène l'absurdité du temps.

Romane, mes goûts souvent vont à l'épure, permets-moi, pour conclure, de citer celle-ci, un regard vers hier et ses lambeaux :

L'instant voilé

Ce n'est rien... rien qu'un voile à peine ombré traversant lentement un bribe de ma mémoire.

Rien qu'un souffle léger, baigné de tristesse, ondulant de l'échancrure du temps passé, du temps lointain qui refuse l'oubli. Une larme peut-être, glissant, fugitive, sur l'instant présent.

Alors je ferme les yeux, immobile, et me laisse déserter encore un peu, attentive à la détresse d'antan qui s'enfuit doucement.


(1)« Life's but a walking shadow, a poor player
That struts and frets his hour upon the stage,
And then is heard no more. It is a tale
Told by an idiot, full of sound and fury,
Signifying nothing.
»
W.S., Macbeth, 1606.
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Messagepar Christian Domec » Dim Aoû 10, 2008 9:25 am

...
Alors je ferme les yeux, immobile, et me laisse déserter
encore un peu, attentive à la détresse d'antan
qui s'enfuit doucement.
...
Sur le fil, là-bas, l’oiseau siffle son printemps,
imperturbable.
...
Il faudra venir, faible, intimidé parce que redevenu
neuf, amnésique de tout le reste qui n’aura plus
d’importance, débarrassé des masques.
...
Sur le fil, là-bas, l’oiseau siffle son printemps,
imperturbable.
....
Il est d’incommensurables silences de glace, des neiges
éternelles aux abîmes terrifiants…
...
Sur le fil, là-bas, l’oiseau siffle son printemps,
imperturbable.
....
Alors j’écris, à la lueur fragile d’une simple bougie. La
feuille se noircit de mots. Chaque mot dégringole un
mur, enlise une rue, fige un visage. En bas, tout en bas
de la feuille noircie, je signerai d’un désert lavé. Un
désert tranquille, sans sécheresse ni mort. Un désert
d’attente du temps que je prendrai…
...
Elle dira sa poésie.
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Messagepar Romane » Dim Aoû 10, 2008 4:04 pm

.
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