Tillia-Tépé - Carine Geerts

Les textes en cours d'écriture

Tillia-Tépé - Carine Geerts

Messagepar Ishtar » Jeu Avr 17, 2008 8:58 pm

Tillia-Tépé est mon troisième roman. Il est encore en grande partie en phase d'écriture.

Image

RESUME
Zorah est perse, elle a quinze ans et n'a jamais connu son pays autrement qu'en guerre.
Assez grande pour être soumise aux codes religieux ordonnés par les chiites; Zorah va subir les pressions familiales pour la forcer à se marier.
Battue par son mari Khushal Khattak; c'est désespérée, qu'elle décide de s'enfuir du domicile conjugal pour rallier la cause de l'ordre des Hashashins du Qa'im et des adeptes du mouvement bahaïste.
C'est auprès du poète Omar Khayyâm, que Zorah va découvrir l'Amour mais aussi les Rubaïyates mystiques permettant d'accéder au fabuleux et inestimable trésor de Tillia Tépé que les hommes du Qa'im ont caché dans la forteresse d'Ifahan, avec les écrits sacrés de Baha'u'llah qui déstabiliseront les bases du chiismes par leurs idées libérales et révolutionnaires.

AVANT-PROPOS : LA PROPHETIE
Si l'on considère les lointains effets que devaient avoir quelques paroles marmonées par une vieille kurde aux traits tannés de réputation douteuse sur la vie de Zorah; il serait intéressant de savoir ce qu'elle avait lu dans les lignes de sa main, lorsqu'elle était âgée de six ans.

Les lampes sont allumées dans la salle-à-manger mais Zorah entend des voix en provenance du jardin dont la porte est restée entrouverte.
S'étant avancée sur la pointe des pieds, la fillette s'est glissée à l'extérieur, s'immobilisant dans l'ombre d'un jasmin.
Sidérée par la vue de cette vieille femme, elle l'écoute parler à sa mère.
Zorah n'a fait aucun bruit et la vieille femme ne l'a pas repérée. Pourtant bien qu'elle tourne le dos à l'endroit où se trouve la fillette, elle lui dit :
- Et toi, qu'est-ce que tu souhaites petite ? Montre-toi un peu qu'on te voie !
Obéissant au doigt crochu qui lui fait signe d'approcher, Zorah apparaît dans la clarté de la lune en demandant :
- Qui êtes-vous ? De quoi parliez-vous ?
- Ca ne te regarde pas Zorah ! la gronde sa mère. Retourne immédiatement dans ta chambre.
- Qu'est-ce-que vous faites ? insiste Zorah.
- Je lui lisais dans la main, c'est tout, lui répond la vieille femme.
- Dans la main ?
- Oui petite. Tout y est inscrit pour qui sait y voir; ce que tu deviendras et ce qui t'arriveras.
Zorah considère sa paume et n'y voit rien.
Gloussant d'un air entendu, la vieille se lève mais Zorah s'approche vivement d'elle.
- Et moi ? Est-ce que vous savez ce qui m'arrivera quand je serai grande ?
Elle tend sa main mais la vieille secoue la tête.
- Je ne dis rien pour rien. Tout se paye ici-bas.
- Je demanderai à Papa ! s'exclame la petite fille.
- Surtout pas ! s'écrie la mère de Zorah, en manifestant soudain une agitation bien compréhensible. Il ne faut pas déranger ton père avec des histoires comme ça. Allez sois gentille; file dans ta chambre.
- Non ! s'obstine Zorah, je veux connaître mon avenir.

Elle fouille dans les poches de son pantalon de soie et trouve enfin ce qu'elle cherche : un petit bracelet d'argent orné de verroteries, qui depuis des semaines constitue un de ses biens les plus précieux. En le revoyant, elle connaît même encore une hésitation mais la curiosité est la plus forte et elle dit d'une voix étranglée :
- Je n'ai pas d'argent ! Je vous donne ça !
- Ca ? pouffe la vieille femme en regardant dédaigneusement le bijou de pacotille.
Mais un coup d'oeil au visage de Zorah lui ôte l'envie de rire. Elle est cupide, rusée, indubitablement malhonnête mais voilà qu'un souvenir remontant du fond de sa lointaine enfance, lui fait voir ce bracelet comme un objet d'une valeur inestimable.
Du coup, celui-ci représente quelque chose de bien supérieur aux pièces que les femmes crédules lui donnent pour s'entendre dire ce qu'elles désirent entendre.
- Oui, ça va, dit-elle à Zorah. Montre-moi ta main petite. Pas celle-ci, la gauche. C'est la gauche qui compte.
Elle prend la petite main entre ses vieilles serres et la considère en silence. Celui-ci se prolonge, au point que Zorah croit qu'elle n'a rien à lui apprendre.
Finalement, quand la vieille femme parle, c'est d'une tout autre voix que lorsqu'elle a prédit l'avenir à la mère de Zorah. Elle a une voix rauque, à peine plus élevée qu'un murmure et qui psalmodie :
"Il y a de l'or dans ta main... beaucoup d'or".
Le visage ridé se penche vers la petite main au point de presque la toucher et la voix est maintenant à peine audible :
"Tu te marieras mais tu t'enfuieras de chez ton mari. Tu grimperas les montagnes pour trouver celui sur qui tu t'appuieras. Tu le suivras sans crainte. Tu garderas ta main dans la sienne et tu ne la quitteras jamais. Il t'emmèneras sur les chemins de Perse et tu verras une ville d'une beauté exceptionnelle, qu'elle te paraîtra irréelle. Tes bras et ton cou se pareront de bijoux en or, incrustrés de pierres précieuses. Tu aimeras cet homme comme on aime le Bonheur".
Le rauque murmure meurt dans le silence puis lâchant la main de Zorah, la vieille femme recule en relevant la tête, comme si elle se libère de quelques emprises, regardant autour d'elle d'un air hébété.
Le bracelet tombe par terre. Zorah le ramasse et le lui tend mais la vieille femme le repousse en disant :
- Garde-le mon enfant. De toute façon, il ne me sera d'aucune utilité. Garde-le.
Elle se hâte d'un pas chancelant vers le portail du jardin et lorsque celui-ci claque derrière elle, la mère de Zorah s'exclame avec colère :
- Là... Tu es plus avancée maintenant. Rien que des mensonges. Ton père n'aimera pas ça; aussi, sois une bonne petite fille et ne lui en parle pas. Oublie vite tout ça sinon je vais avoir des ennuis.

Mais Zorah n'a jamais oublié ...
Dernière édition par Ishtar le Mar Mai 06, 2008 7:25 pm, édité 1 fois.
Avatar de l’utilisateur
Ishtar
 
Messages: 3773
Inscription: Sam Nov 24, 2007 9:48 am
Localisation: Bruxelles

Messagepar becdanlo » Ven Avr 18, 2008 11:24 pm

Elle est bien cette scène où le sort de Zorah semble scellé.

Le retournement de la "diseuse de bonne aventure" renforce le caractère dramatique de cette révélation.

C'est drôle d'infimes détails permettent quand même d'imaginer une ambiance:

Les lampes allumées de la salle à manger... le portail du jardin resté ouvert... nous sommes comme dans un contre-jour... et puis "l'absence menaçante" du père...

:wink:
Avatar de l’utilisateur
becdanlo
 
Messages: 6907
Inscription: Ven Nov 23, 2007 2:20 am
Localisation: Grenoble

Messagepar Ishtar » Sam Avr 19, 2008 7:37 am

Tu dis : "L'absence menaçant du père". N'oublie pas Pierre que dans le Moyen-Orient, l'homme (le père, le frère, le mari) a beaucoup d'importance au sein d'un foyer... La crainte est toujours présente. La mère a peur que cela ne vienne jusqu'aux oreilles de son mari, c'est elle qui aurait les pires ennuis.

Tu dis : "Elle est bien cette scène où le sort de Zorah semble scellé". C'est ainsi, les filles sont mariées dès leur puberté... et cela sera le cas de Zorah avec un homme nettement plus âgé qu'elle.

La prophétie de la vieille femme ne représente que l'avant-propos. Vient ensuite l'explication de la foi Baha'ie où la femme est l'égal à l'homme, etc,... et les scènes où Zorah apprend ce qu'est l'Amour absolu dans les bras du poète Omar Khayyâm....
Avatar de l’utilisateur
Ishtar
 
Messages: 3773
Inscription: Sam Nov 24, 2007 9:48 am
Localisation: Bruxelles

Messagepar becdanlo » Sam Avr 19, 2008 7:59 am

Citation:
La prophétie de la vieille femme ne représente que l'avant-propos. Vient ensuite l'explication de la foi Baha'ie où la femme est l'égal à l'homme, etc,... et les scènes où Zorah apprend ce qu'est l'Amour absolu dans les bras du poète Omar Khayyâm....


Un très bon 'teasing' :D

Pareil au roi Shahriar, pendu, chaque nuits, aux lèvres de Shéhérazade... nous t'écoutons...

:lol:
Avatar de l’utilisateur
becdanlo
 
Messages: 6907
Inscription: Ven Nov 23, 2007 2:20 am
Localisation: Grenoble

Messagepar Ishtar » Sam Avr 19, 2008 8:08 am

Tu sais Pierre... la Perse du XVIème siècle n'était absolument pas puritaine. Imagine une seconde, les scènes qui pourront être décrites :oops:

D'après Janik Pilet, j'excelle dans l'érotico-mystique raffiné :lol:
Cela me change du style Cartlandesque d'Ishtar Terra où suite à cela j'avais peur de tomber dans une miévrerie à se taper la tête contre le mur...
Avatar de l’utilisateur
Ishtar
 
Messages: 3773
Inscription: Sam Nov 24, 2007 9:48 am
Localisation: Bruxelles

Messagepar Ishtar » Mar Mai 06, 2008 7:18 pm

AVERTISSEMENT AUX LECTEURS

Je spécifie que cette histoire est une pure fiction car faire revivre l’aventure du poète perse Omar Khayyâm et l’ordre des Hashashins était un terrain piégé pour moi.
En effet, Amine Maalouf a écrit un ouvrage de grande qualité sur les protagonistes : « Samarcande ». Je ne voulais pas ajouter un livre de plus sur le sujet.
Je me suis donc contentée d’utiliser les noms et d’en faire une histoire totalement romancée en prenant le plaisir de m’aventurer sur des chemins non balisés au risque de m’y égarer.
A vous de m’y suivre…


INTRODUCTION

La Perse du XVIème siècle est occupée par les arabes depuis près de trois siècles.
Nombre de dynastie se déchirent les lambeaux de ce qui a été un vaste et magnifique empire.
L’une d’entre-elle est au pouvoir : l’Organisation Chevaleresque de l’Ordre des Hashashins, qui étend sa toile sur la majorité du pays.
Pour l’aspect religieux, trois factions puisent leur source dans l’Islam : le chiisme et le sunnisme, qui revendiquent l’orthodoxie pure et jugent la branche dissidente : le baha’isme comme de l’hérésie.

C’est dans cet Univers complexe que l’un des plus grands esprits pacifiques : le Baha’u ‘llah (la Gloire de Dieu) voit le jour et bâtira une œuvre immortelle : la foi baha’ie.
C’est dans le Kitab-I-Agdas (le Livre des Révélations) que les revendications de Baha’u’llah sont écrites.
La foi baha’ie considère que tous les fidèles doivent mener leur propre recherche spirituelle et que nul n’a le droit de leur dire comment penser leur foi.
Elle prêche la paix et l’unité.
Elle fait abolir les préjugés et établit l’égalité des sexes.
Elle lutte contre l’esclavagisme et répartit équitablement les richesses de ce monde.
Les rivalités, haines et intrigues cessent entre les ethnies.
Les animosités et les préjugés sociaux font place à la fraternité, à la coopération et la compréhension réciproque.
Les causes des luttes religieuses sont à jamais écartées et l’anormale distinction entre les classes éliminées.

Les baha’istes préfèrent exercer clandestinement leur foi pour échapper aux persécutions. Il ne s’agit pas pour eux de renier l’Islam mais bien de cacher aux chiites leurs propres convictions.
C’est après le meurtre du Baha’u’llah par les chiites, que les baha’istes trouveront refuges dans la forteresses d’Ifahan, auprès du Qa’im (Le Promis), fondateur de l’Ordre des Hashashins et nouvelle autorité à interpréter les écrits sacrés baha’istes.
Avatar de l’utilisateur
Ishtar
 
Messages: 3773
Inscription: Sam Nov 24, 2007 9:48 am
Localisation: Bruxelles

Messagepar admin » Dim Mai 31, 2009 9:46 am

Tillia Tépé est passé dans la bibliothèque!

Les commentaires se font maintenant là-bas:

http://www.becdanlo.fr/forum/viewtopic. ... 3805#13805

Ce fil est fermé
Avatar de l’utilisateur
admin
Site Admin
 
Messages: 88
Inscription: Jeu Nov 22, 2007 9:34 pm


Retourner vers Work in progress

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 1 invité

cron