Culture de personnages

Jeux et créations par intéractions explosives

Culture de personnages

Messagepar Diego Ortiz » Dim Fév 10, 2008 10:27 pm

Il avait toujours les idées très tranchées et les exprimait sur le ton hâché de celui à qui jamais personne n'avait encore osé répliquer. On l'aurait plutôt vu dans l'armée, et son physique carré, ramassé et massif aurait fait honneur à l'uniforme, donc à la Patrie. Ou alors juge. A la rigueur concierge. Quelque chose, quoi.

Quand il fut renvoyé de l'école après avoir tenu tête une fois de plus à tous les professeurs, beaucoup de ses camarades, une fois qu'il eut le dos définitivement tourné, poussèrent un soupir de soulagement. C'est qu'il n'était pas drôle, non plus, pour ses contradicteurs dans la cour de récréation. Il les battait comme plâtre sans avoir besoin d'aucun allié. D'allié, d'ami, il n'en avait d'ailleurs point.

Que se passe-t-il donc dans ta petite tête, avorton, lui dit alors son père, le veston encore trempé à cause de la ferme discussion qu'il venait d'avoir avec les autorités de l'école. Il n'y avait rien eu à faire. Il avait été le seul encore disposé à prendre la défense de sa petite tête noire, comme il l'appelait, dans un effort louable, avec l'amour d'un père, de défaire à la fois les deux amalgames : bête noire et tête de turc.

Demain matin déjà une nouvelle existence allait commencer. Le père allait se rendre à son bureau, et personne ne pourrait s'opposer à la volonté de Marc, s'il lui prenait l'envie de faire une fugue, ou de rester au lit toute la journée.
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Messagepar Romane » Dim Fév 10, 2008 10:35 pm

Il n'y pouvait rien. C'était la faute à cette troué multicolore logée quelque part là où il ne pouvait pas l'atteindre. Cette trouée en appel d'air vers le large, bien au-delà des lignes droites et des "il faut". Il n'y pouvait rien, elle l'aspirait, cette trouée. Elle lui rendait le monde comme des verres mal adaptés à la vue pouvaient en troubler les distances et les volumes. Elle l'empêchait de raisonner longuement, hachait ses équations en menus morceaux.

Alors il coupait court, tranchant et vif, sans réplique possible pour qui en aurait eu l'idée saugrenue.

Il savait bien, lui qu'il n'était pas comme tout le monde.

De dehors, de la périphérie, on le regardait en biais. Il choquait. Ses manières, son air, le ton de sa voix.

Ils ne connaissaient pas l'existence de la trouée multicolore, si profondément ancrée en lui qu'on pourrait dire qu'elle faisait partie intégrante de son profil caché.
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Les couleurs de la trouée

Messagepar Diego Ortiz » Dim Fév 10, 2008 11:00 pm

Il ne fallait absolument pas qu'il montre ce qu'il considérait comme un jardin ou un charme secret mais qui serait à coup sûr interprété comme une faille ou un signe de folie.

Trouée, c'est dans les arbres et vers le ciel, et cela n'a rien à voir avec trou, fêlure. Il faisait le dur afin de n'avoir aucun intime susceptible de découvrir son secret. Il y avait de brefs moments dans la journée, quand on le laissait tranquille, et surtout la nuit, où il explorait avec précaution et méthode les abords de la trouée. Il n'était encore jamais allé bien loin. Il sentait que s'il s'approchait trop il serait aspiré et quitterait à jamais ce monde.

Mais les couleurs, les couleurs, comment les décrire ? Le mot est-il même suffisant pour décrire, même par allusion, les paysages moirés, toujours en mouvement, parsemés de motifs mystérieux, parfois aveuglants, dans lesquels il était invité à pénétrer aussitôt que son esprit se relâchait ? Cela lui permettait de s'endormir, en général, quand le sommeil le prenait. Mais non à l'état de veille, dans les circonstances habituelles de la vie.

Au tableau un professeur chauve dessine des séries et des séries d'équation : il n'en faut pas davantage pour le projeter dans l'autre monde. Il sert alors les poings, ou mord son stylo. Ses jointures deviennent blanches. Les camarades le croient proche de l'explosion et reculent instinctivement. Le professeur se retourne et repère immédiatement la scène, c'est-à-dire le fait qu'il se trouve au milieu, au foyer d'un désordre qui est en train de s'étendre à toute la classe. Il le pointe du doigt, lui pose une question, ou plus grave, le somme de venir immédiatement écrire la suite de l'exercice au tableau.

Les somnambules, est-ce qu'on doit les réveiller ? En tout cas cela leur fait du mal, un choc dont ils mettent du temps à se remettre. Pour lui, même chose. Le supplice de l'estrapade. Ils ne se rendent pas compte qu'il serre les dents uniquement pour traverser l'instant. Cela ne marche jamais. Il répond à côté. C'est toujours le professeur qui s'énerve en premier, ironise, l'asticote. Alors il jette la craie sur le sol et s'enfuit comme une bombe vers la porte, sous le regard effaré de tous.
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Messagepar Romane » Dim Fév 10, 2008 11:10 pm

Il y avait les couleurs, il y avait la musique. Une musique qui n'existe pas, une musique née d'une trouée de couleurs, des couleurs qui devaient bien flamboyer quelque part, puisqu'il les avait vues une nuit, deux, dix, cent nuits.

Accordées, les couleurs et la musique l'invitaient au voyage et il pressentait des houles gigantesques, des déserts innommables, des horizons qu'il ne pourrait jamais raconter, qu'il ne pourrait pas se raconter, des étranges voyages qui n'avaient rien à voir avec la rue Lénine ou la place de la République, encore moins avec la cour de l'école.

Des musiques à expressions de saisons qu'il n'avait jamais traversé. Des couleurs offensantes pour les peintres et leur palette. Sans doute une poésie, pourrait-on dire, mais peut-on dire ? De quel droit nommerait-on l'indicible ?

On allait l'orienter vers une voie qu'il rejetait parfois de toutes ses forces, alternant avec une soumission passagère. Il ne savait pas ce qu'il deviendrait, il s'en foutait, cela n'avait aucune importance.

L'important était ailleurs, dans les cuivres de sa trouée sans nom, quelque part au fin fond de lui qu'il ne savait pas encore explorer.
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Messagepar Diego Ortiz » Lun Fév 11, 2008 11:35 pm

Ecrire !...

Le père ne quittait pas le regard de son Marc depuis un moment. On était dans la cuisine sous l'ampoule avec la dernière mouche de la maison et il ne cessait de gratter des allumettes qui dégageaient un nuage de soufre malodorant. Il ficherait le feu à la cabane avant d'arriver à s'en griller une. Ses mains tremblaient. Des gouttes de sueur perlaient sur son front barré de rides de perplexité.

Est-ce que c'est sérieux ? N'est-il pas trop tôt ? On m'a toujours dit qu'il fallait avoir vécu pour écrire, et tu vois, je mourrai sans avoir pondu une ligne. Pas une perte, d'ailleurs. Mais toi ? Tu n'as encore rien dans les mains, et presque rien dans la tête. D'où sortiras-tu la moindre phrase ?

Je n'ai pas besoin de sortir de phrase, dit Marc, sans crainte ni impatience. Il allait tout expliquer à son père et son père le comprendrait. Il y avait en lui la trouée, la forge, le foyer, et davantage de chaleur qu'il n'en aurait fallu pour embraser un monde.
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Messagepar Romane » Mar Fév 12, 2008 2:20 am

Alors...

Alors il sortit de la cabane qui enfermait son père, la mouche, les allumettes, la sueur et la perplexité.

Il sortit, et il marcha droit devant en direction du soleil. Un peu plus loin, là-bas, il s'accroupit et sur le sable encore mouillé, du bout de l'index il traça les premiers mots d'une histoire qui ne finirait jamais.

Ses mots seraient comme de l'autre côté de la trouée ; libres.
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Mais, non.........

Messagepar voyelle » Mar Fév 19, 2008 10:10 pm

Noooooooooooon, je ne me défile pas, je reviens quand je suis disponible,
à bientôt donc.
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Messagepar Ishtar » Sam Mar 08, 2008 10:45 pm

"Il sortit, et il marcha droit devant en direction du soleil. Un peu plus loin, là-bas, il s'accroupit et sur le sable encore mouillé, du bout de l'index il traça les premiers mots d'une histoire qui ne finirait jamais"

Marc sentait la fraîcheur sous ses pieds du sable mouillé à marée basse.
Il regardait les dessins étranges qu'avaient laissé la marée sur le sable fin; les crabes qui fuyaient en courant de biais avant de disparaître en se creusant eux-mêmes une tombe dans le sable mouillé.
Il regardait le vol d'une mouette qui dans un piqué, condamnait à mort un poisson argenté et... un peu plus loin, Patricia qui traînait là comme un jouet oublié.
Elle était assise par terre, les jambes totalement immergées sous le sable.
Elle était vêtue d'un maillot de bain string couleur orange et une énorme et longue écharpe de laine rouge lui entourait le cou et lui retombait le long du dos. Elle fixait la mer.
Lorsque Marc l'aperçut, aussi curieusement accoutrée, il pensa qu'un brin de folie avait dû prendre pension chez elle.
Il se leva et marchant vers elle, il chercha une entrée en matière subtile et originale.
Arrivé à sa hauteur, il n'avait trouvé que :
- Vous savez quoi ? Vous donnez l'impression d'être un peu folle.
Patricia, sans bouger, continua de fixer l'horizon.
- Pourquoi "un peu" seulement ? demanda-t'elle.
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Messagepar voyelle » Sam Mar 08, 2008 11:30 pm

Une bourrasque soudaine emporta les cheveux de Patricia, étirant vers les les rochers sa chevelure sans fin.
Son visage ainsi dégagé permettait de découvrir ses yeux étranges. Immenses, noirs et fixes, ils continuaient à observer l'horizon indifférents aux mouvements du vent. Le sable humide et doux apporté un peu de paix à ce instant peu commun. Soudain elle murmura, sans le regarder :
— Vous dansez ?
— Pardon ?
Il croyait ne pas avoir bien compris la question.
— Voulez-vous danser ?
— Heu, je veux bien, mais, ll n'y a pas de musique !
— Je l'ai dans ma tête la musique, il suffira que vous écoutiez.
— Alors,
Elle se releva, et lui tendit un main brune, une main d'enfant avec de petits doigts courts et amusants où quelques particules de sable étaient collées.
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Messagepar Diego Ortiz » Dim Mar 09, 2008 1:17 am

- On se connaît ?
- Je serais surprise
- M'étonne pas, dit Marc. Je m'attendais à rencontrer ici un type nommé Vendredi - ou, bref, un type qui serait passé par là et que j'aurais appelé Vendredi. Bon. Je me serais pris le menton d'une main et frotté le front de l'autre, j'aurais eu l'air de quelqu'un qui réfléchit...
- Nous sommes un samedi !
- C'est bien égal, le jour que nous sommes, j'ai décidé de ne plus tenir le compte...
- Alors là tu me déçois, fiston. Dans le livre il est bien dit qu'on doit faire des encoches dans un bâton...
- Mais vous êtes la première, je veux dire à vouloir danser avec moi. Je ne sais pas. J'écrase les pieds. Je gribouille. Bafouille, pétouille, touille et cuicuis. Après trois secondes vous me regarderez comme un cloporte et je partirai crapahuter dans les dunes, là, avec les autres crabitons. Vous me jetterez le mégot quand vous aurez fini votre clope et je ne pourrai m'empêcher de l'attraper...
- Eh, pas si vite, là. C'est moi qui joue la folle, dans le texte. Arrête ton petit moteur, qu'on tourne enfin.

Interloqué il se tend et se mord la lèvre. Le temps du dialogue les embruns l'ont salée à fond. Quelque chose tourne au fond de lui comme un hamster dans une cage. Oui. Tricia, Tribeca, ce ne sont que des noms de personnages fictifs. Avec son écharpe rouge et son string il la cadre bien, maintenant. Bien vu. Il n'y a plus de front de mer mais uniquement des rayures verticales. Ce sont ses occipitaux qui travaillent. Puis le hamster virtuel remonte jusqu'au système limbique, chatouille les amygdales, et finit par s'étendre nonchalamment sur le fornix : le spectacle peut commencer :

http://fr.youtube.com/watch?v=wammS37BZCk

Alabina, Alabina, drôle de nom, comme c'est bizarre, commente-t-elle. Elle dit qu'elle s'appelle Alabina parce qu'elle est Alabina et un point c'est tout, ou quelque chose dans le style. Mais moi je t'ai parfaitement reconnue, Toi la seule parmi les Babyloniennes qui chipote sur les loukoums, Toi la has-been, Celle que les germano-anglophiles, se méprenant sur ton nom caché, et se fiant uniquement à la sonorité, appellent à tort : "moi, goudron".

http://fr.youtube.com/watch?v=ZuI1DQr4GMo

Il va falloir ramer pour expliquer tout ça au gamin. Il est encore plein d'illusions. Mais il a déjà quelque chose, vous ne trouvez pas ? On pressent qu'il va faire des vagues.
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Messagepar Ishtar » Dim Mar 09, 2008 8:56 am

http://fr.youtube.com/watch?v=wammS37BZCk
Hummm ! Qu'est-ce que j'aimerai pouvoir remuer du popotin ainsi :wink:

Bon, c'est pas tout ça !
Il va falloir ramer pour expliquer tout ça au gamin mais surtout, il va falloir faire son éducation car je pressens chez lui, une contention dans les liens absurdes d'une vertu ridicule qu'il faut détruire au plus vite.

Je vous laisse être son Initiateur pour lui apprendre les délices de Sodome, très cher Diégo :wink:
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Messagepar voyelle » Dim Mar 09, 2008 8:08 pm

Oui, mais... Comme elle allait s'absenter une semaine, elle se permettait d'intervenir avant que Diégo apprenne la vie au gamin :

Patricia regarda avec attention Alabina, puis Isthar qui dansaient.
— Non, dit-elle, déçue. Je préférerai une danse plus... ou moins... Une danse... Unique en quelque sorte.
Une danse comme un tableau, les demoiselles d'Avignon, vous connaissez ? Oui, c'es vrai elles ne dansent pas, mais. Une danse-mot, une danse-note, une danse, votre lèvre est en sang !
— Désolé !
— C'est le hamster, je veux dire les rayures verticales, enfin ! Je ne sais plus... Et puis on se tutoyais, non ?
— Oui, alors.... Cette danse ?
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Messagepar Diego Ortiz » Dim Mar 09, 2008 10:18 pm

Celle des arbres, naturellement, qui se passent du string et du foulard rouge, et de l'exquis triangle de lumière à l'endroit innommé, à contre-jour, qu'on prisait tant chez les jeunes candidates aux épousailles avec les princes, du temps de Marco Polo.

S'exposer ainsi en string et en foulard rouge, aux confins des terres et des savanes et des toundras, avait été l'aboutissement d'une série de transgressions courageuses, pour se débarrasser d'anciennes murailles, corroder les barreaux de la prison de Nantes, bref, s'enfuir afin de se retrouver; mais : "je suis trop intelligente pour l'intelligence que j'ai", lui vint-il tout à coup.

Ce bout de chou, avec sa candeur et ses traits étranges, sa culture anarchique, la dérangeait par son seul regard, posé, interrogateur. S'il n'apprécie pas la danse du ventre il est sans doute un sodomite, certes l'idée lui traversa l'esprit, mais une comète obéit à ses propres impératifs, et celle-ci eut tôt fait de basculer dans l'inconnu sidéral.

- Bon, dit-elle, à l'issue de sa danse endiablée. J'ai donné du mien, tu vois. Auparavant je ne me le serais pas permis, tant que je restais soumise aux lois de l'inanité du monde. Aboli bibelot d'inanité sonore. Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes ? Il m'a bien fallu faire éclater ce vernis de culture convenue. Ne te méprends pas. Le string et l'écharpe n'étaient destinés qu'à concrétiser un avatar à mes propres yeux, et je ne m'attendais pas à les présenter à un spectateur. Maintenant tu te trouves là, et moi je ne suis pas Vendredi, et la danse je l'ai apprise dans des cours à cent balles avec l'espoir qu'un contre-jour je pourrais me la faire dans l'éther. Voilà. C'est réglé. Je t'ai laissé regarder mais au fond ce n'était que pour moi, une vieille gageure. Peu importe.

- Oui, bon, dit Marc. C'est un départ comme un autre. Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?
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Messagepar Ishtar » Lun Mar 10, 2008 12:33 pm

Oui, bon, dit Marc. C'est un départ comme un autre. Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?

Patricia le considère avec perplexité :
- Je suppose que ta confiance en moi ne va pas jusqu’à me révéler tes fantaisies cachées ? lui demande-t’elle
- As-tu peur ? lui demande Marc, sa voix enfantine tremblant malgré tous ses efforts pour la dominer.
- Non, lui répond Patricia.
La réponse de Patricia paraît réveiller dans l’esprit de Marc une fantaisie secrète qu’il a un peu peur de formuler.
- Je t’en prie, dis-la moi, insiste Patricia, car je suis ici pour faire tes volontés.
- Je n’ose, répond-il en gloussant comme une écolière.
- Turlututu ! lui dit-elle. Je ne moquerai pas, je le jure.
- Tu le jures vraiment ?
- Que le Diable m’emporte si je mens !
Sur quoi, il s’approche de Patricia et lui murmure quelque chose à l’oreille.
Patricia éclate de rire. Sa propre imagination en est toute chatouillée, tant son rôle habituel l’ennuie...
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Messagepar voyelle » Sam Mar 15, 2008 4:25 pm

Mais tout en riant, elle se demandait comment elle pourrait faire la volonté de ce Marc là. Bon Dieu ! Complexe ! Elle n'aurait pas du s'affirmer ainsi, mais voilà, c'était un peu son défaut de se jetter ainsi à l'eau sans en connaître ni la profondeur, ni la température. Mais, voilà, elle avait promis, Alors... En frabriquer une ? Im-po-ssi-ble ! Son foulard rouge et son string ne suffiraient jamais !!! En acheter une ? Avec quel argent ? (Quelle connerie la vie. Elle crût entendre un oeuf dur que l'on casse sur un comptoir de bar. Ses idées faisaient le même son dans sa tête.)
Pour gagner du temps, trouver une solution, elle chantonna :
— Petit pot de beurre quand te dépotebeurriseras-tu ?
Je me dépotebeurriserai, quand tous les petits pots de beurre se dépotebeurreriseront. Tiens lui dit-elle répète cette phrase, et quand tu y arriveras, tu auras ta mongolfière et ton sorbet au clair de lune aussi.
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