Uwe Johnson

Mélancolie ou révolte par le blues, hard rock ou tango

Messagepar becdanlo » Dim Mar 09, 2008 9:33 am

Merci Diego de nous faire entrer dans ta cuisine de lecteur. On y sent de bonnes odeurs...
J'aime beaucoup tes réminiscences des jeunes filles en fleurs de la plage de Balbec... qui pourraient se situer, en fait, du coté du Lac Léman! Vraiment étrange cette déportation de nos "souvenirs intimes" vers d'autres cieux. N'est-ce pas ce que nous faisons, modestes écrivaillons, quand mous raclons parfois les fonds de tiroirs de nos souvenirs pour « décorer » une scène de fiction?

Image Vue de Rügen, par Caspar David Friedrich

Amusant aussi cette tentation d'aller sur Google Earth pour suivre les pérégrinations des personnages de Uwe Johnson dans New York!
Continue a nous faire de la publicité pour son oeuvre et sa vielle tante « The New York Times ».

Vivement la prochaine livraison!

:wink:
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La poste, devant les Amazones, a fini par rendre gorge

Messagepar Diego Ortiz » Sam Mar 22, 2008 11:29 am

Une année dans la vie de Gesine Cresspahl, Gallimard, traduction de l'allemand par Anne Gaudu, m'est parvenu cette semaine, et je sens que je ne serai guère capable de résister. Il s'agit de la fin, du dernier tome; je ne suis guère enchanté de changer de langue, et surtout très ennuyé d'attendre encore le milieu, en anglais, que les Amazones avaient pourtant promis avant de suspendre toute promesse de délai de livraison, en s'excusant, et en me donnant la possibilité d'ôter le fruit de mon panier. J'ignore donc si ma lecture verra subsister, prise en sandwich entre le début en anglais et la fin en français, définitivement l'insipide margarine de l'inconnu par négligence, ou si finalement surgira là aussi quelque chose d'un peu consistant, après son tour, certes, mais notre vie, ne la vivons-nous pas aussi par fragments, retours en arrière inopinés, aventures mal ficelées, et autres radeaux dont le front doit toujours être regarni à l'aide de nouvelles vertèbres ?

En tout cas je vous tiens au courant des dernières nouvelles de 1968, 1943, 2008, et vous souhaite une excellente Pâque.
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Messagepar becdanlo » Mar Mar 25, 2008 11:01 pm

Diego a écrit:

Citation:
En tout cas je vous tiens au courant des dernières nouvelles de 1968, 1943, 2008, et vous souhaite une excellente Pâque.


Oui, oui, tenez-nous au courant !
En attendant découvrons Mecklemburg

Image

C’est l’écrivain Uwe Johnson (1934–1984) qui a tracé le plus beau portrait du Mecklembourg entre 1930 et 1968, avec «Une année dans la vie de Gésine Cresspahl», un roman de près de 2000 pages. Mal à l’aise en RDA, il la quitta en 1959. Mais il jetait aussi un regard critique et distancié sur la République fédérale. «Là d’où je viens, ça n’existe plus», déclare un jour à New York Gésine Cresspahl, le personnage principal du roman. Elle a raison. Ce qui n’a pas empêché Uwe Johnson d’écrire sa vie durant exclusivement sur le Mecklembourg, même lorsqu’il vivait aux Etats-Unis ou en Angleterre. D’ailleurs sa Gésine dit aussi un peu plus loin: «Cette région de poissons est la plus belle au monde.»

http://www.eu2007.de/fr/Germany/Bundesl ... isure.html
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Mecklemburg

Messagepar Diego Ortiz » Mar Mar 25, 2008 11:22 pm

Oui, je suis plongé dedans. Je rencontre quelques difficultés néanmoins. Le texte du dernier tome en français non seulement représente un épitome dans avec la contrainte supplémentaire de la langue (paradoxal mais j'y viendrai), mais surtout le parachèvement de l'oeuvre, comme nous l'indiquent les données biographiques, des années plus tard et alors que Uwe Johnson était passé à une phase étrangère de son cycle de vie. Tout cela vous a des airs plus secs, plus pesants. Chapitres allongés, verbe difficile. Au tout dernier volume il n'hésite plus à vous infliger des analyses approfondies qui font une dizaines de pages et davantage : oui, intéressant, mais le mouvement de départ en pâtit. Pas besoin toutefois de se forcer. C'est une autre œuvre, tout comme le thé tibétain, autant quitter toute référence avant de le boire.

Je vous tiens au courant, bien entendu.
D.O.

Ma prochaine contrainte, heureuse, sera celle du hérisson, et je raccorderai alors avec le fil idoine. Mais il faut d'abord en terminer avec Gesine Cresspahl, n'est-ce pas ? Et ensuite raccorder avec le fil que vous avez tout spécialement ouvert.
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La continuité des parcs

Messagepar Diego Ortiz » Sam Avr 05, 2008 12:17 pm

Cela fait déjà quelques jours que j'ai terminé la lecture de Jahrestage tome 4, en français donc, après avoir dû sauter comme je le disais un nombre inconnu de pages depuis le tome 1, que j'avais lu en traduction anglaise.

J'ai souffert. Le lecteur enthousiaste a dû se discipliner sérieusement pour aboutir. N'eussé-je promis de rendre compte ici... mais non, je fais d'habitude l'effort de finir les livres, par respect à la fois pour l'intégrité de la personne de l'auteur et la mienne, je veux dire, par respect pour mon premier enthousiasme. Et le plus souvent ce volontarisme me vaut la découverte d'une perle petite ou grande. Tel fut le cas ici, et je vais essayer de l'expliquer en peu de mots.

Le premier tome avait le ton d'une promesse, le souffle d'une charge de cavalerie (je suis en train d'écouter ce que nous a envoyé Romane, Forrest Gump, en écrivant ceci...), les accents cuivrés d'une fanfare... Je m'étais senti porté, confiant, et certain de trouver, au bout du voyage, encore de nouvelles raisons de vivre et de penser. Comme je le disais, aussitôt lue la dernière page, et en attendant que le facteur me livre une suite, je m'étais senti esseulé, orphelin de Gesine.

Tome IV : nous savons que Uwe Johnson l'a écrit bien plus tard, et avec une grande difficulté, un an avant sa mort mystérieuse, et je suppose qu'il s'y est attelé avec l'énergie du désespoir, se sentant déjà au bout du rouleau. Cela se sent. Tout d'abord j'ai cru que la traduction française était laborieuse, mais non, au fur et à mesure, on est témoin du développement d'une véritable maladie sur les pages. Les entrées journalières deviennent de plus en plus longues, pesantes, répétitives. L'auteur se permet de nous coller des énumérations de plusieurs pages, il ressasse, se perd, ne cherche en rien à nous gratifier, ni ses personnages, ni le monde en général : une sorte de dépression lue en direct, dira le psychiatre, avec toutes ses rigidités mentales, et comme il arrive, ses dérives obsessionnelles. J'ai dit que je parlerai ici en lecteur et non en critique, cependant, et me voilà pris sur le fait : je dois emprunter à un système de référence peu recommandable en littérature pour décrire ce que j'ai ressenti en lisant.

Et même il faut que je poursuive cette aberration. Uwe, notre aimable éclaireur du début, ne parvient plus à nous dire ce qu'il voudrait partager. Après nous avoir pris par la main et présenté à Gesine, Marie, le Mecklemburg, le voilà qui se fait distant, et même un peu méprisant. Il me rappelle ces grands malades de la vie et ensuite de l'esprit qui se garantissent d'un effondrement en ne parlant plus que par allusion, par chuchotements - quand ils ne deviennent pas complètement mutiques et inaccessibles. Gesine ne parvient jamais à en dire davantage à sa fille Marie sur Jakob, dont nous avons la certitude, bien que cela n'ait jamais été dit (ou alors dans les volumes qui me manquent), qu'il était son père. Nous supposons que Jakob est mort tragiquement; nous ne pouvons que supposer que Gesine a aimé Jakob; cela se passait dans les années 1955, nous pouvons en être sûr, puisque Marie est née en 1957... Mais tout cela est une production de notre propre esprit de lecteur, une conjecture qui restera non confirmée.

Je me suis demandé si Johnson, au moment d'écrire, était déjà trop malade, et avait sabordé son oeuvre. Mais non. En persévérant, j'ai encore subi d'autres frustrations, et de sévères : en 1968, Gesine finit par se marier avec le mystérieux D.E., une sorte de James Bond humanisé. Elle est engagée pour une mission très spéciale en Tchécoslovaquie par le patron de sa banque à New York. Elle et Marie doivent prendre l'avion le 20 août, et tourner, peut-être pour toujours, en tout cas pour longtemps, le dos à New York.

[Ici ceux qui ont l'intention de lire cette oeuvre devraient détourner le regard : je vais livrer, parce qu'il est impossible autrement d'expliquer mon point de vue, des éléments dont le lecteur ne devrait avoir connaissance qu'au moment de fermer le livre, et qui se trouvent dans les toutes dernières pages; à bon entendeur...]

Au moment du départ prévu, nous savons : (1) que D.E. vient de mourir dans un accident d'avion en Finlande, or Gesine n'en parle pas à sa fille mais l'emmène dans un périple en avion à travers les Etats-Unis afin de lui soustraire la connaissance du fait que dans l'appartement de New York D.E. n'est pas rentré comme prévu mais qu'au contraire le téléphone des mauvaises nouvelles, des récits détaillés et des condoléances ne cesse de sonner dans le vide; (2) que le Printemps de Prague, en Tchécoslovaquie, s'achemine vers le pourrissement et le drame d'une manière imminente, et que Gesine avec Marie vont tomber au milieu de cela; (3) et ainsi de suite : le lecteur est progressivement placé dans la position curieuse qui consiste à devoir deviner, et de savoir qu'il devine juste, mais sans que l'auteur ne puisse jamais être mis au pied du mur.

C'est alors, à l'issue de ces questionnements et de l'effort mental qu'ils commandent, que j'ai compris que l'auteur, comme une mère attentive qui cache les œufs de Pâques, nous avait concocté cette expérience précieuse qui consiste à faire la moitié du chemin, et à construire, à créer par nous-mêmes la fin du livre. Une telle co-création n'est pas unique en littérature, certes, mais ce qui compte est la manière unique, précautionneuse et méthodique, dont il use pour parvenir à ses fins - qui sont aussi les nôtres, d'ailleurs, n'est-ce pas, à nous qui savons que le lecteur joue un rôle créateur, toujours.

Il y a donc, de manière implicite et raffinée, une réflexion non exprimée mais stimulée en nous sur la nature du roman, de la littérature, du processus de co-création dont il vient d'être question, qui est très enrichissante et que je n'avais encore trouvée nulle part ailleurs sous cette forme.

Et d'autre part, en 1968 Prague et le Vietnam, et au moment de la rédaction au début des années 1980 avant la mort de l'auteur en 1984, les quarante années du régime allemand de l'est, de l'intoxication des médias, de la désinformation... tout cela se trouve clairement en rapport d'analogie avec ce que le lecteur doit traverser pour arriver au bout de l'œuvre : un sentiment de pesanteur morale, de contrainte, de solitude, de scandaleux silence. Je crois qu'Uwe Johnson, de manière délibérée, et avec un art consommé, parvient à nous faire vivre en nous-mêmes quelque chose d'essentiel au fait d'être soumis à un régime totalitaire.

Il me faudra sans doute me borner à ces remarques, car il apparaît que je ne recevrai pas, ou du moins je n'y crois plus, le ou les volumes qui correspondent au milieu du roman... lesquels pourraient, si je les lisais, m'amener à revoir ce que je viens de dire, si l'histoire de Jakob, par exemple, y a été précisée davantage, et ainsi de suite; mais je ne le pense pas.

Quel dommage que cette œuvre soit si peu connue et si difficile à se procurer ! Sa lecture m'a été un plaisir rare, et l'occasion de la petite découverte que je viens de raconter, qui alimentera sans aucun doute mes réflexions de lecteur face à d'autres productions littéraires. Une sorte d'initiation. J'encourage donc ici les lecteurs un peu tenaces à s'embarquer dans l'aventure s'ils en ont l'occasion. J'imagine que les germanophones auraient une grande longueur d'avance, avec l'accès à l'intégrité de l'œuvre dans sa langue première, et aussi, sans doute, davantage de culture que nous autres dont l'allemand est piètre, sur le personnage principal, la société allemande du Mecklemburg prise comme centre du monde pendant un certain temps...

Ceci étant, je n'ai pu résister à l'envie de commander un autre roman de Uwe Johnson, intitulé... "Conjectures sur Jakob"... que je m'en vais lire tantôt, et sans doute vous dire quelques mots ici encore...

Herzliche Grüssen von Jerichow
D.O.
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Messagepar becdanlo » Sam Avr 05, 2008 9:22 pm

Diego a écrit:

Citation:
Et d'autre part, en 1968 Prague et le Vietnam, et au moment de la rédaction au début des années 1980 avant la mort de l'auteur en 1984, les quarante années du régime allemand de l'est, de l'intoxication des médias, de la désinformation... tout cela se trouve clairement en rapport d'analogie avec ce que le lecteur doit traverser pour arriver au bout de l'œuvre : un sentiment de pesanteur morale, de contrainte, de solitude, de scandaleux silence.


Image..................................................................................Image


Citation:
Il me faudra sans doute me borner à ces remarques, car il apparaît que je ne recevrai pas, ou du moins je n'y crois plus, le ou les volumes qui correspondent au milieu du roman... lesquels pourraient, si je les lisais, m'amener à revoir ce que je viens de dire, si l'histoire de Jakob, par exemple, y a été précisée davantage, et ainsi de suite; mais je ne le pense pas.


Déjà un bel effort pour être arrivé jusqu'au bout de ces deux volumes mais j'imagine la frustration que toute une partie du parcours reste inconnue. C'est comme si j'avais fait le début du chemin de Compostelle... et la dernière partie. Je pourrai m'imaginer que j'ai raté le meilleur. :lol:

Citation:
Quel dommage que cette œuvre soit si peu connue et si difficile à se procurer ! Sa lecture m'a été un plaisir rare, et l'occasion de la petite découverte que je viens de raconter, qui alimentera sans aucun doute mes réflexions de lecteur face à d'autres productions littéraires. Une sorte d'initiation.


Je suis content que tout cet effort aboutisse à cela! Et merci à vous de nous avoir donné l'occasion de vous suivre de loin "comme si on y était"

:wink:
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Dette à Uwe Johnson

Messagepar Diego Ortiz » Lun Juin 02, 2008 11:38 pm

Je suis en train de penser à nouveau à cette oeuvre que vous nous avez donnée à découvrir, mais cette fois-ci d'un point de vue bien différent. J'avais, vous le savez, commencé à pénétrer dans le monde de la Toile à l'occasion du glissement de notre Suisse vers un fascisme de plus en plus net. Tous les jours depuis quelques années je pouvais constater directement les progrès de la gangrène. Mais ceci est l'objet d'un autre fil sur l'Huître.

J'avais alors commencé à rédiger un blog. Aucun Suisse ne l'a lu, mais certains autres si, d'où notre rencontre ici. Les Chiens de Choglamsar.

Maintenant que cette infection semble marquer le pas, la peste noire, je viens de me dire, depuis quelques jours seulement, que je devrais tenter un nouveau type de partage, avec les Suisses et en général les francophones. Je viens donc tout juste d'ouvrir un nouveau blog, dont l'Huître et LU sont les premiers informés, ce soir.

Les Amis d'Iskandar. J'aimerais qu'il contienne des récits différents de la litanie xénophobe et néolibérale dont on nous a bassinés depuis une dizaine d'années. Je ne suis pas du tout sûr de la forme qu'il va prendre, ni d'ailleurs qu'il ait simplement lieu d'être.

Je crois que l'expérience de la lecture d'Uwe Johnson, grâce à vous, m'a fourni une sorte de matrice pour le commencer, feuilletage entre vie quotidienne et informations historiques nourries de diverses époques, divers niveaux. Allez, je vais faire bref. Il se trouve au bout des petites manettes de mon profil sur l'Huître.

Il s'agit d'une expérience qui suppose que nous serons tous vivants dans une année. Je veux écrire le journal d'un citoyen presque lambda pendant cette ère de transition qui prendra place, probablement, on l'espère, dans la Suisse de 2008. Nous revenons de loin. Nos problèmes ne sont pas fondamentalement différents de ceux de beaucoup d'autres sociétés européennes. Voici pourquoi j'ai pensé le partager en primeur avec vous.
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Messagepar becdanlo » Lun Juin 02, 2008 11:45 pm

Il n'y a pas de soucis à donner l'adresse ici:

http://choglamsar.blogspot.com/

Bonne chance Diego pour cette nouvelle aventure!

:wink:
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Messagepar becdanlo » Dim Sep 21, 2008 8:37 am

En mai 1948, à Vienne, deux jeunes gens dans l'Europe d'après la tempête croisent leur destin de façon improbable : le traducteur et poète Paul Celan (1920-1970), qui arrive de Bucarest, et une poétesse de Klagenfurt (Autriche), Ingeborg Bachmann (1926-1973). Le premier est juif. Ses deux parents ont été assassinés au camp d'extermination de Michailowka (Ukraine). L'autre est une Autrichienne. Son père était nazi depuis 1932 ; mais les écrits de jeunesse d'Ingeborg témoignent de son éloignement précoce d'avec l'esprit du national-socialisme, alors que la guerre fait encore rage.

L'un et l'autre vont compter parmi les plus grands poètes de langue allemande ; l'un et l'autre connaîtront une existence jusqu'à la fin marquée par la dépression, la tragédie ou la folie.


http://www.lemonde.fr/livres/article/20 ... id=1093980
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Messagepar becdanlo » Ven Déc 05, 2008 10:43 pm

Image
Il est souvent fait allusion à Ingeborg Bachmann dans ce fil consacré à Uwe Johnson... Pierre Assouline vient de sortir un article sur "Malina":

Malina est le premier volume d’un cycle que Ingeborg Bachmann avait intitulé Todesarten (Genres de mort) ; les deux suivants, Franza et Requiem pour Fanny Goldmann, sont parus inachevés après sa mort (chez Actes sud). L’essentiel de son oeuvre est constitué de recueil de poèmes, de nouvelles et de pièces de théâtre pour la radio.

A ne pas manquer le commentaire de Paul Edel (Opitz) qui situe ce livre dans l'oeuvre de Ingeborg Bachmann:

...si tout ce qui avait été donné dans les années 5O-6O dans une inspiration très profonde de la conscience d’être une femme vouée à la solitude tournait à l’exploration de fissures et d’intranquillité tournant à la névrose, je comprends les perplexités de Jaccottet devant Malina car il n’y a qu’une suite de réflexion décousues,des lueurs, des bouffées d’angoisse, tout un affolement, un vertige de la grande passion qui fermente. Quel désespoir grandissant; je crois qu’elle sentait son inspiration la fuir, d’où ces centaines de notes prises et reprises et laissées en chantier et publiées tel que en allemand. (pas publiées en france) comme si elle ne pouvait plus exprimer sa vérité que dans un balbutiement existentiel, dans une répétition presque aphasique. Un texte d’elle, ”parmi les fous et les assassins” montre à quel point son enfance chez un père nazi a semé en elle une épouvante; mais il y a d’énormes zones obscures chez elle, et notamment dans le fait qu’elle ait choisi de vivre avec d’immenses écrivains.

http://passouline.blog.lemonde.fr/2008/ ... /#comments
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Messagepar becdanlo » Dim Mai 16, 2010 9:41 pm

Un nouveau billet de Pierre Assouline consacré aujourd'hui à Ingeborg Bachmann avec un poème inédit :

extrait:

Je me tiens rayonnante devant les abîmes
Afin de voir leur sens ultime
Et peux aux heures magiques
Aller au fond, à l’origine des énigmes


http://passouline.blog.lemonde.fr/2010/ ... S-32280322
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Messagepar becdanlo » Mar Oct 18, 2011 9:21 pm

Image

Un article de Paul Edel consacré à la correspondance de Ingeborg Bachmann et de Paul Celan en 1948 :

On était quelques- uns à attendre la traduction en français de la correspondance entre 2 tres grands poètes de langue allemande, d’après guerre, Paul Celan, né à Cerniowitz, en Ukraine, et Ingeborg Bachmann, née en 1926 à Klagenfurt, Autriche, en 1926 .Bachmann fut douée de tous les talents,et sa beauté exceptionnelle frappait tous ceux qui l’approchaient.

http://pauledel.blog.lemonde.fr/2011/10 ... n-en-1948/
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