"Le Paradis" des écrivains

Mélancolie ou révolte par le blues, hard rock ou tango

Messagepar becdanlo » Mar Fév 12, 2008 11:50 pm

Citation:
Il n'y a pas de mal à se faire du bien...


Oui, tout à fait, mais je me demande s'il n'y a pas plusieurs raisons pour recourir aux paradis artificiels: le mal être d'abord mais aussi la nécessité de se stimuler. L'alcool est un bon stimulant intellectuel à petites doses mais il peut rapidement devenir un « abrutissant » qui permet d'oublier... par contre la cocaïne semble être un stimulant extraordinaire. Dans l'article sur Beigbeder on apprend:

L'auteur du roman à succès 99 Francs, récemment adapté au cinéma, a été surpris par des policiers en train de "sniffer" de la cocaïne sur le capot d'une voiture mardi peu après 3 heures du matin.

La cocaïne a aussi comme vertu de supprimer les effets du sommeil.
Écrivains en panne d'inspiration ou qui veulent vivre intensément... ou encore: les écrivains sont-ils des êtres angoissés de nature... et qui ont besoins de se faire tourner la tête...

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Charles Bukowski
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Messagepar becdanlo » Mer Fév 13, 2008 11:27 pm

Quels sont les liens qui unissent l'alcool et la littérature ?

L'alcool est un des thèmes dominants de la littérature de la seconde moitié du XXe siècle. De Baudelaire aux années 1970, les plus grandes oeuvres littéraires parlent d'alcool. Ce phénomène est d'ordre sociologique et esthétique. L'explication est tout d'abord sociologique marxiste. Avant le XIXe siècle, le statut de l'écrivain est bien défini dans la société. La question de sa survie matérielle n'existe pas puisqu'il est associé à l'aristocratie. A partir du XIXe siècle, l'écrivain doit vivre de sa plume. Il se retrouve alors dans les mêmes bars, les mêmes estaminets et les mêmes tavernes que les ouvriers. Le bar est un lieu de la convivialité où tout le monde se mêle

Y a-t-il des figures de style spécifiques à l'écriture "imbibée" ?

Certains écrivains boivent pour écrire. L'alcool peut être dans ce cas un moyen d'exploration. Kerouac buvait puis improvisait, comme les joueurs de jazz, pendant tout une nuit d'écriture. De même Duras consomme-t-elle pendant l'écriture de chacun de ses romans un alcool particulier, ce qui leur donne une ambiance spécifique. Dans les Petits Chevaux de Tarquinia, même les personnages consomment tout le temps du Campari.

Dans les thématiques, l'alcool a donné une très grande vitalité au roman. Il a offert aux personnages des motifs intéressants. Le personnage de roman, c'est cet être de fiction qui pousse un peu plus loin sa propre logique. Ceci pouvant aller jusqu'à l'excès : meurtres, viols… Le romancier est un peu comme un chimiste qui expérimente en versant dans sa fiction quelques gouttes d'alcool. Le style en revanche dépend de chacun. Remarquer un style, c'est noter quelque chose qui revient avec récurrence. Ce n'est alors plus une originalité.


http://www.manuscrit.com/Edito/invites/ ... acroix.asp
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Messagepar Ishtar » Jeu Fév 21, 2008 10:20 am

La trame de mon troisième ouvrage "Tillia Tépé" se passera en Perse et l'un de mes héros sera le grand poète soufi Omar Khayyâm.
En faisant des recherches concernant ses rubaïates (quatrains), j'ai constaté que ce poète prêchait non pas l'ivresse de Dieu mais celle du vin.
La vision ésotérique de Khayyâm fait de la figure du vin, une sorte de manne céleste, un présage divin.
Durant toute sa vie, il a cherché la vérité dans la philosophie, dans une cruche de vin et dans les plaisirs de la vie. Il était surnommé le Voltaire d'Orient car il avait la même ironie mordante que l'autre.
Il aimait philosopher autour d'une cruche de vin et voulait vivre au présent... dans l'ivresse du présent.

Omar Khayyâm - Poète des plaisirs de la vie
http://www3.sympatico.ca/ff.prince/khayyam.html


Romane, vous qui êtes notre Muse des mots... que pensez-vous des rubaïates d'Omar Khayyâm ?
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Messagepar Christian Domec » Jeu Fév 21, 2008 10:56 am

Bonjour,
Ishtar a écrit:
Omar Khayyâm


J'aime beaucoup ses quatrains : j'en ai trois éditions (traductions différentes) chez moi dont celle des "Mille et une nuits" qui est très plaisante -> voir un de ses quatrain ici : http://www.becdanlo.fr/forum/viewtopic.php?t=132 .

Amin Maalouf avait fait une biographie romancée d'Omar Kâyyam nommée Samarcande : très agréable à lire.

Je ne suis pas sûr qu'Omar Kâyyam fut Soufi (mais bon, je ne suis pas très calé sur cette question).

Christian.
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Messagepar Ishtar » Jeu Fév 21, 2008 11:29 am

J'ai lu aussi le livre d'Amin Maalouf. Excellent écrivain effectivement.
Il cite dans son livre "Samarcande", un autre personnage dont je parlerais dans "Tillia Tépé" : le Vieux de la Montagne - Hassan ben Sabbah et son ordre des Hashashins.

Résumé de Tillia Tépé
http://carine-geerts.skynetblogs.be/category/1376529/1/Tellia+T%E9p%E9+-+mon+ouvrage

Cet ouvrage sera un melting pot pseudo historico/romantique à la sauce ishtarienne
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Messagepar aminelicia » Jeu Fév 21, 2008 1:39 pm

Bonjour

Puisqu'on est sur le chapitre de l'histoire, de la religion et de la poésie, il y avait aussi à cette époque le grand poète perse Saadi, anti-thèse de Omar Khayyam. Mais connu surtout pour ses vers pleins d'une tendre sensualité, une sorte de romantisme d'avant-garde. On lui doit le Gulistan ou Jardin des roses. C'est un mélange de philosophie, et de préceptes très significatifs. Comme cette anecdote qui peut rappeler la fable "Le lièvre et la tortue" de Jean de la Fontaine :
" Le cheval arabe est trop rapide mais se fatigue sur les longues distances. Tandis que le chameau de son pas réfléchi marche jour et nuit et arrive toujours à destination".
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Messagepar Christian Domec » Jeu Fév 21, 2008 10:09 pm

Bonsoir,
aminelicia a écrit:
il y avait aussi à cette époque le grand poète perse Saadi

Merci de nous rappeler ce poète. Je n'ai malheureusement pas de livre de ses poésies chez moi. Je vais, pour ce printemps, combler ce manque (traduites en français, pour pouvoir les goûter avec mon handicap linguistique).

Christian.
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Messagepar Ishtar » Jeu Fév 21, 2008 10:25 pm

Continuons dans le chapitre des grands poètes...

Rabindranath Tagore et sa merveilleuse "Offrande lyrique
(traduit de l'anglais par André Gide)

"Quel divin breuvage espères-tu, mon Dieu, de cette débordante coupe de ma vie ?
Mon poète ! est-ce là ton délice de voir ta création à travers mes yeux et, au parvis de mon oreille, d'écouter silencieux, ta propre divine harmonie ?
A travers mon esprit, ton univers se tisse en paroles auxquelles ta joie communique la mélodie. Tu te donnes à moi par amour, et c'est alors qu'en moi tu prends conscience de ta suavité parfaite.
"
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Messagepar becdanlo » Ven Fév 29, 2008 10:16 pm

Notre ivresse ne provient pas du vin vermeil,
Et ce vin n'existe que dans la coupe de mon imagination.
Tu es venu pour répandre mon vin ?
Mais le vin dont je m'enivre est invisible.



Jalâl al-Dîn Rûmî

(Extrait de Roubâ'yât)


Né en 1207 à Balkh, dans l'actuel Afghanistan, Jalâl al-Dîn Rûmî a d'abord suivi un cheminement austère. Mais sa vie fut bouleversée par sa rencontre avec le maître Shams al-Dîn de Tabriz, en Perse: il fut consumé par l'amour mystique. Rûmî est devenu l'un des plus célèbres penseurs et poètes mystiques de tous les temps et de toutes les contrées. C'est aussi lui qui a fondé la confrérie des Mevlevis, qui pratiquent la danse des « derviches tourneurs ».

http://www.omalpha.com/jardin/rumi-imp.html

:wink:
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