Le Conte de Joëlle et Nikolaï

Exercices et trésors d'imagination sur consigne

Le Conte de Joëlle et Nikolaï

Messagepar JL PONS » Mer Fév 18, 2009 6:58 pm

Voici un texte que j'avais envie d'écrire à "deux mains".
Pour la difficulté, je me suis mis dans la peau de Joëlle et j'aurais aimé (souhaité) qu'une femme se mette dans la peau de Nikolaï.
Pour ces premiers jours, le carnet de bord de Nikolaï reste vide... Y en aurait-il une/un qui veuille se lancer dans ce conte ?




Le conte de Joëlle et Nikolaï




En ce jour 25 juin de l'an 2008,

Le Katarina, bien qu'encore sur le quai, est sur le départ... C’est le plus grand et le plus beau bateau de pêche du port. D’ici quelques jours, il va faire son « trip » saisonnier pour quelques semaines de pêche intensive.
Tout le monde participe aux préparatifs et chacun a sa tâche. Le ravitaillement, nécessaire, important et vital à l'équipage est stocké dans les soutes afin que le voyage se passe pour le mieux. Son nouveau Commandant, Nikolaï, choisit récemment par le propriétaire du navire, vient de s’installer dans ses quartiers.

Tout va bon train et chaque détail doit être réglé parfaitement; sous l'oeil vigilant du capitaine.

Le long du quai, Joëlle, une jolie femme d’un certain âge suit le déroulement de ce qui pour elle, commence déjà à être le début de "l'attente"... L'idée de voir partir et disparaître au loin son "ami" engendre une saine tristesse; paradoxe accepté sans contestation.


... Carnet de bord de Nikolaï:


Jour 29 juin de l’an 2008,

Le Katarina, vient de larguer les amarres…

Les quatre derniers jours furent terriblement pénibles pour Joëlle qui inlassablement arpentait le quai à l’affût du moindre geste « amical » de Nikolaï. Que n’aurait-elle fait pour le connaître, même un peu ? Ce dernier, feignait-il l’occupation intense des préparatifs afin de ne pas dévoiler le moindre sentiment ? Se protégeait-il de toutes marques de faiblesses ?

Quoiqu’il en soit, c’est le cœur gros que Joëlle voit s’éloigner le majestueux Katarina portant à son bord celui pour qui naissent d’étranges sentiments.

Ils ne se sont jamais parlés, mais leurs regards se sont maintes fois croisés, ainsi que des sourires complices. Depuis qu’elle a aperçu Nikolaï de sa chambre donnant sur le port, elle passe toutes ses journées là… présente, visible et discrète à la fois. Elle sait qu’il ne peut pas ne pas l’avoir remarquée.
Combien n’aurait-elle pas donnée pour une simple entrevue ? Trop tard, il est déjà si loin… A l’horizon, ce n’est plus qu’un petit point.
Péniblement, elle se retourne et avance lentement vers son domicile… une petite larme perle sur sa joue.

... Carnet de bord de Nikolaï:



Jour 2 juillet de l’an 2008,

Trois longs jours viennent de s’écouler. L’attente, bien que pénible, commence à se mélanger parmi les rêves enthousiastes de retrouvailles inventées.
Joëlle se plait à penser qu’elle aussi est un manque pour Nikolaï.
Elle l’imagine donnant ses ordres et menant à bien sa mission quotidienne ; et le soir venu, ses rêves se précisent : Etant la fille unique de l’armateur du Katarina, elle est convaincue que son capitaine l’a remarquée.
Comment aurait-il pu en être autrement ? Elle était présente sur le quai chaque jour précédent son départ…
Sa maturité ainsi que son expérience des hommes lui donnent des doutes malgré sa beauté presque juvénile. Elle sait qu’il ne suffit pas d’être pour plaire, hélas…
Son passé est un témoignage réel de son savoir et l’encombre souvent dans ses songes.
Elle veut se créer son idylle, mais une dualité trop présente la ramène à la dure réalité : Rêve et raison.

- Tant mieux, se dit-elle, je m’épargnerai des souffrances.

Mais dés qu’elle ferme les yeux, son histoire reprend le dessus sur la raison :
Son beau Capitaine est parti le cœur gros, la laissant sur le port sans lui avoir avoué sa flamme. Peu importe le temps, elle l’attendra !


... Carnet de bord de Nikolaï:


Jour 6 juillet de l’an 2008,

Joëlle se lève de bonne humeur et contre toute attente, elle se trouve belle en son miroir ?

Son beau Capitaine lui est apparu en rêve : Dés l’accostage du grand bateau de pêche terminé, il est directement venu vers elle et, sans mot dire, la tira tendrement vers lui, l’embrassa langoureusement… avant son réveil.
Qu’a-t-il bien pu se passer ? Comment est-ce possible ? … C’est ça le rêve !

Comme une jeune collégienne qui va retrouver son amoureux, elle est heureuse de ce vécu éphémère, irréel et pourtant si vrai dans son cœur.
C’est dans une grande allégresse qu’elle fait ses tâches matinales, les yeux pétillants, se laissant même aller à chanter.
Puis l’après midi commence à effacer ses merveilleux souvenirs d’une nuit et le contact des « autres », tous ceux qui ne sont pas lui, Nikolaï, termine son euphorie d’un moment.

- Pense-t-il à moi, se demande-t-elle soudain ?

Cette petite question vient noircir l’atmosphère, remettre Joëlle à ses songes et ses doutes.
Rien ne s’est passé entre eux ; pas un mot… aucun contact, si c’e n’est ce qu’elle espère : des regards communs, et communicatifs ? Elle le souhaite tant que c’est cela qui lui permet de s’endormir chaque soir depuis le départ du Katarina.

... Carnet de bord de Nikolaï:


Jour 10 juillet de l’an 2008,

Les jours passent et le beau Capitaine occupe toujours les pensées intimes de Joëlle :

Elle se voit avec lui, main dans la main, avançant vers… nulle part, ensembles.
Elle se laisse emporter par sa poigne douce, décidée, déterminée et s’offre à lui sans condition. Bien que très intime, c’est une soumission de principe et non physique. Nulle relation charnelle ne vient entâcher ce moment de sensualité intense. Ils marchent simplement, le pas léger et lent. Parfois, lorsqu’un bruit les surprend, ils se fixent l’un l’autre, interrogateurs et complices à la fois ; tout est prétexte à se serrer plus fort la main ou bien se regarder et laisser leur attention les pénétrer encore plus profondément.

- Lui prendre la main… se plait-elle à penser.

Plus les jours passent et plus ce sentiment l’étouffe et l’émerveille à la fois…

- Je suis folle, idiote et innocente, s’entend-elle dire à haute voix.

Comment une histoire inventée, même désirée, peut-elle être réaliste ?
Joëlle est consciente de la réalité de la vie et elle sait pertinemment bien que l’imagination fertile est souvent cause de grandes peines ; mais il y a au fond d’elle un « je ne sais quoi » qui lui fait croire au contraire.
A plusieurs reprises, elle a tentée de se persuader de l’impossibilité de son sentiment si… trop présent, pressant et oppressant.

- Non, cela ne peut être réel, je dois le chasser hors de moi !

Est-ce cela le coup de foudre ?

Il s’est déjà passé quinze jours depuis le début de son sentiment pour Nikolaï, et comme une graine semée dans de la bonne terre, elle croît progressivement et inlassablement ; jour après jour un peu plus et sans relâche. Chaque tentative d’échapper à cette croissance n’a eue pour but que de consolider les racines bien encrées dans le cœur de la malheureuse qui se sent si seule à partager ce sentiment fort et douloureux.

Ses dernières liaisons lui ont laissées un goût amer de l’Amour : Trompée, délaissée et abandonnée, elle s’était promis de ne plus tomber dans ce piège fatal des émotions solitaires… hélas, on ne change pas si facilement ; et les états d’âme comme les élans affectifs sont difficilement contrôlables.
Et puis, il y a aussi les bons cotés : Cette sensation brûlante qui noue les tripes en pensant à l’être cher. Laisser aller son imagination où ce feu l’emporte, jusqu’à la félicité

- Juste lui prendre la main ! Dit-elle encore…seule.


... Carnet de bord de Nikolaï:




Jour 15 juillet de l’an 2008,

Lentement et progressivement, les jours la rapprochent du retour tant attendu du Katarina … et de son beau Capitaine.

Déjà « La » crainte s’installe :

- Seule, je suis seule à m’imaginer cette merveilleuse aventure…Merveilleuse ?

Depuis quelques jours déjà, Joëlle prend conscience que son idylle est probablement loin d’être partagée, voire imaginée…
Pourtant son cœur bat encore et toujours pour son beau marin. Solitaire et sans confidence, elle assume son rêve qui se rapproche doucement vers son dénouement fatal : Rien !

Que d’émotions et de passions l’ont émerveillée pour l’unique ambition de prendre… non, d’être simplement prise par la main de Nikolaï!
Se sentir entraînée et désirée par une simple pression de doigts qui hasardeusement lui caressent la main.
Elle ne veut pas être lâchée. Une douce moiteur tiède les unit… humidité volontaire et progressive, devenue zone érogène.
Un frisson érotique la traverse de bas en haut à l’image de cette étreinte de ses doigts qui ne veulent pas être séparés de ceux de Nikolaï.
Les apparences sont trompeuses car bien que marin, elle se plait à les imaginer fermes et doux, et malgré leur mélange de suée, elle s’accroche et le serre tendrement ; démonstration évidente de ses intentions.
Seule dans sa chambre, elle ne peut empêcher un petit gémissement de s’échapper et venir interrompre le silence ambiant ; elle sourit et s’endort paisiblement.


... Carnet de bord de Nikolaï:



Jour 18 juillet de l’an 2008,

Trois jours de lutte viennent de passer…

Le gémissement de Joëlle et ses pensées langoureuses furent les prémices d’une nuit mouvementée, incontrôlable et intense.
A trois reprises, elle se réveilla cette nuit-là ; trempée et complètement conquise…
A trois reprises, elle replongea dans son idylle érotico sentimentale sans équivoque ; involontaire…

Au fond d’elle, le désir de ce qu’elle a vécu cette nuit fatidique est toujours présent ; et oppressant à la fois. Nikolaï, le beau marin, ce merveilleux Capitaine l’a conquise sans être présent.
Elle est envoûtée, séduite, charmée, subjuguée… fascinée et ravie. Tout en elle n’appelle qu’à la concrétisation de ce merveilleux mirage, utopie ?
Dualité toujours présente qui commémore le paradoxe existant en elle.

- Pourquoi suis-je aller si loin ? S’en veut-elle… Femme facile !

Trois jours de lutte…

Chaque réveil est un examen attentif des souvenirs de la nuit qui s’achève, une crainte de la perte de contrôle de ses sens… tellement en manque.
La journée qui suivit cette nuit agréablement tourmentée, Joëlle fut aux prises de sa conscience et de ses désirs. Chaque minute fut rêve et cauchemar ; tantôt charmée, tantôt tourmentée.

- Pourquoi n’ai-je pas pu résister ? Comment aurais-je pu… l’aurais-je voulu ?

Son rêve est une vérité empreinte de réalité si évidente qu’elle ne peut s’empêcher de se juger.
Bien sur, ses sentiments et ses émotions sont sincères et véritables ; mais comment peut-elle prendre au sérieux ce conte si délicieusement imaginé ?
Sa maturité et son expérience refusent tous ses états d’âme allant dans le sens de l’évasion. Elle a parfaitement conscience que plus elle se laisse aller, céder à son imaginaire et plus dure sera la chute.
Aujourd’hui, maintenant, elle a mal… déjà !

- Ce fut si bon… Ne peut-elle éviter de penser.
- Non, non, et… non ! Pourtant…

Trois jours de lutte…

- Partir, il faut que je parte… loin !

Solution adéquate à cette situation de crise dont elle ne maîtrise plus rien !
Solution radicale et définitive qui mettra un terme à cette angoissante passion incontrôlable !
Solution simple et facilement réalisable…

Solution impossible car son cœur n’y tiendrait pas… et elle ne le veut pas !


... Carnet de bord de Nikolaï:


Jour 29 juillet de l’an 2008,


11 jours et toujours aucune décision réelle ; toujours ce sentiment croissant…

A cela, vient s’ajouter le fait que Joëlle ne sera pas là le jour du retour du Katarina:
Elle sera loin, dans le sud… maudites vacances !
La joie et le bonheur devraient être au rendez-vous et pourtant seule l’amertume la tenaille.
Bien sur, elle pourrait reporter ou tout simplement ne pas partir, mais que penserait sa famille qui a prévue son séjour et qui se fait une joie de la revoir ?

Mais le plus dur est et reste, de devoir garder en soi ce sentiment qu’elle ne peut partager avec quiconque ; pas même Nikolaï …
Elle voudrait hurler sa détresse, clamer son amour, se confier ; mais elle sait quelle serait la réaction de tous face à la création de son rêve. Comme elle regrette son adolescence qui lui aurait permis de se confier à une amie et ainsi pouvoir se vider… un peu. Mais sa maturité ne lui permet pas cette « folie ».
Elle est seule !


... Carnet de bord de Nikolaï:


Jour 30 juillet de l’an 2008,


- Quelle serait la meilleure raison d’annuler mon séjour ? Se demande-t-elle.
- Aucune…
- Et puis, à mon retour, sera-t-il toujours là ? Le verrai-je ? Comment l’approcher, lui dire ?

Que de questions qui restent sans réponses et qui, peut-être seront nulles et non avenues.
Pour la première fois de sa vie, Joëlle hait ses congés qui lui occasionnent tant… Mais peut-être vaut-il mieux qu’il en soit ainsi ? Son séjour parmi les siens lui remettra probablement les pieds sur terre et devra lui faire prendre conscience de son imaginaire réalité sentimentale.

- Je voulais partir, qu’il en soit ainsi !



... Carnet de bord de Nikolaï:



(Suite plus tard)
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Messagepar voyelle » Mer Mar 11, 2009 9:57 pm

Coucou JL !!!!

J'aurais pu peut-être participer à ton projet d'écriture, mais actuellement je n'ai pas trop de temps. Je dois aller acheter deux ou trois tonnes de points, et quelques kilogrammes de virgules. Je dois aussi trouver de gigantesques gommes pour faire disparaître certains maux de mes mots. :D

Voilà, voili, mais c'est bien poursuit tes lignes...
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Messagepar JL PONS » Mar Juin 23, 2009 1:14 pm

voyelle a écrit:
Coucou JL !!!!

J'aurais pu peut-être participer à ton projet d'écriture, mais actuellement je n'ai pas trop de temps. Je dois aller acheter deux ou trois tonnes de points, et quelques kilogrammes de virgules. Je dois aussi trouver de gigantesques gommes pour faire disparaître certains maux de mes mots. :D

Voilà, voili, mais c'est bien poursuit tes lignes...


Merci VOYELLE, c'est gentil de ta part... Finalement, j'ai trouvé quelqu'un/e avec qui on s'amuse follement. J'espère que nous pourrons le poster ici une fois terminé :D
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