l'objet dans ce papier marron...

Exercices et trésors d'imagination sur consigne

Messagepar Romane » Ven Fév 15, 2008 1:36 am

voyelle a écrit:
Romane : extrait du texte :
Citation:
sortaient, ou plus exactement ils débordaient, ruisselaient, jaillissaient, se répandaient d’entre mes doigts, recouvraient le sol et remontaient le long des murs jusqu’au toit et bien au-delà ; ils envahissaient mes oreilles, exorbitaient mes yeux en me laissant muette, otage de leur essence.

Les mots.


Pour commnencer à débatrte un peu au sujet de ces textes, je m'autorise à choisir une tranche du texte de Romane. Une tranche, vous avez bien lu. Une tranche veut dire que l'on coupe. C'est déjà, peut-être une douleur que de couper.Peut-être pour être un peu plus précise. Excusez moi, Romane.
j'ai été étonnée par cette manière d'écrire et surtout saisie par le choix fait. (je proposais en effet, souvenez-vous un objet emballé ) Cet objet devient une boule de mots, tordus, en souffrance l'on dirait. Lorsque je vois cette écriture, je vois aussi un peintre qui jetterait ses couleurs sur la toile avec violence. Par jet, comme des pierres balancées. A la limite de la douleur. Sans reprendre son souffle. Voilà ce que je perçois en parallèle.
Comment écrivez-vous Romane ? D'un seul jet ? Avec de la musique ?
Avec colère ? J'aimerais bien comprendre ces si grandes différences d'écriiture. Ces différences me fascinent, même si je sais bien( évidemment allez-vous me répondre' d'un ton las :) que cela tombe sous le sens la notion de différence.


L'idée ne s'explique pas, elle vient comme ça, et je pense que vouloir l'expliquer ôterait la magie à l'écriture. Je répondrais donc, pourquoi pas des mots à la place d'un objet précis ? L'imaginaire est infini.

J'ai écrit ce texte d'un jet et sans correction, autrement dit, il n'a pas été travaillé. Je ne me souviens plus si j'avais mis ou non de la musique, honnêtement. J'écris très souvent en musique, quand c'est de la prose poétique notamment. Mais pas forcément. Tout dépend de l'instant.
Je ne l'ai pas écrit avec colère, mais sans doute dans un état particulier dont je ne me souviens pas non plus. Depuis, j'ai écrit d'autres textes, donc je passe d'un état à l'autre, sans attacher d'importance après coup, à l'état dans lequel j'étais en écrivant tel ou tel texte.
La seule chose dont je me souviens, est que la corde est arrivée à la fin, parce que le suicide d'un jeune homme faisant partie de mon cercle théâtre, il y a trois ans, me revient régulièrement en mémoire. Et ça, je ne peux pas oublier, forcément.

C'est tout.
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Messagepar voyelle » Sam Fév 16, 2008 12:30 am

Je viens d'aller voir un film d'animation : "La peur du noir" différents artistes ont dessiné plusieurs animations. C'est très acide, sans complaisance, de plus, un texte est dit par Nicole Garcias avec une ironie intelligente. Dessins en noirs et blancs. Et, bien, de texte me fait un peu penser à ces dessins là. (Ce n'est pas une critique) c'est simplement un ressenti. Un regard. Une réflexion.
Les dessins pouvaient eux aussi ruisselaient dans un univers sombre et cruel. Ma question est : si je puis me permettre, cela reste toujours un échange. (Je ne voudrais pas que mes paroles soient interprétées autrement.) Romane, pouvez-vous écrire sans cette fureur ???
J'attends bien que cette fureur est constructive.
Attention, ce n'est qu'une question, vin diou ! :)
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Messagepar Romane » Sam Fév 16, 2008 1:11 am

Je ne l'appelle pas fureur, mais torture, ou rage, ou désespérance ou tout un tas de nuances dans cet esprit là.

En tout cas c'est toujours très fort, bien sûr. Puisque ça sort du fin fond et d'un jet.

On m'a dit pour "Les petits mots" que mes mots étaient noirs. Que dirait-on de ceux qui sont nés après...............
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Cathartique

Messagepar Diego Ortiz » Sam Fév 16, 2008 4:58 am

Longtemps je me suis reproché de faire un usage essentiellement cathartique de l'écriture : le résultat était piètre mais une forme de soulagement était au rendez-vous, et assez fiable, prévisible. Toute une lignée d'écrivains (j'ai mentionné ici Duras, Blanchot, Leiris, mais on pourrait en ajouter des dizaines d'autres, et qui n'étaient pas forcément alcooliques ni cocaïnomanes ni morphinomanes - je n'ai pas encore trouvé le moment de participer à cet autre fil, dont le sujet est riche et évocateur - dont Kafka, bien des grands russes, etc.)

Je me dis maintenant qu'il y a beaucoup à apprendre de ce genre d'écrits, qui atteignent souvent un rôle de virtuosité inégalé pour évoquer les enjeux fondamentaux de la vie. Il n'est pas question de juger pour ou contre d'un point de vue moral, mais ils posent les problèmes existentiels d'une manière qui parle à toute personne dont la sensibilité demeure ouverte.

L'écriture cathartique n'est pas forcément artistique ni salvatrice. On retrouve bien des testaments de suicidaires qui ne sont que des règlements de compte et ressortissent de la revanche du cadavre. Je ne défendrai donc pas cette option (peut-on parler de genre ?) jusqu'à son extrémité. D'autres écrivent de mauvais romans à compte d'auteur afin de tenter de régler leurs comptes avec leurs familles. Par héritage, j'en possède un ou deux dans ma bibliothèque, qui sont tout simplement illisibles, une fois tous les protagonistes morts, y compris les auteurs.

Mais le débat personnel que nous avons chacun face aux défis de la vie, dont tant sont pour ainsi dire vicieux, vaut la peine de ne pas être tu, et d'être écouté. Romane mentionne le suicide d'un jeune homme qui l'a marquée. L'opinion du commun peut rejeter la faute entière sur le suicidé lui-même, le traiter de lâche, et l'enterrer en terre non consacrée, attitude classique de rejet et de mise en garde des âmes en périls qui devraient s'en remettre uniquement à Dieu, et ainsi de suite. La révolte contre le non-sens et l'aliénation n'est par définition pas encouragée par les institutions, qu'elles soient religieuses ou sociales. Il existe toute une logique là derrière qui n'a pas lieu d'être explorée ici, mais vaudrait la peine de l'être dans un autre lieu de notre site.

J'ai fait l'erreur de ne pas me présenter ici en tant que mécanicien dentiste, ce qui fait que parfois des intentions thérapeutiques me sont prêtées, bien à tort, sur le plan psychologique. Mes débats existentiels sont les mêmes que ceux des autres participants, tout au moins ceux qui prennent le risque de les affronter, et je ne possède aucune réponse, seulement le fait et la souffrance - oui, la souffrance - d'être plus souvent confronté personnellement à la déroute existentielle que la moyenne des gens, en raison de ceux qui me consultent. Nous sommes tous égaux devant l'absurdité apparente des défis existentiels qui nous sont posés, et du sens de notre vie.

Cela surgit sans demander la permission, à la fois la question, et aussi, pour ceux qui en ont la chance, la formalisation artistique, créative, dans la littérature ou dans la vie. Souvent dans les deux à la fois. J'admire dans l'écriture de Romane (et elle me rétorquera de ne pas trop en jeter à la première occasion, raison pour laquelle j'écris ceci au cœur de la nuit afin de me dérober à sa parole contestataire, du moins provisoirement) le fait que malgré cet aspect qui vous déroute, et qui m'a moi-même inquiété et encore plus que cela il y a seulement quelques jours, la constance et la consistance de l'art, et une ironie qui n'est pas uniquement amère, mais humour et politesse du désespoir. Je ne voudrais pas me faire ici l'ambassadeur de ses tendances les plus noires et les plus mortifères. Nous aimerions sans doute, et c'est mon cas aussi, avoir l'occasion de la lire sur le bonheur de vivre. Mais la vie n'est pas comme cela. Nous nous sommes amusés à délirer, et cela semble en avoir choqué certains - quoique je n'en sois pas sûr - sur un fil virtuel la semaine dernière, "Hello". Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Il y a des périodes où toutes les fleurs sont noires, sauf une ou deux qui sont bleues. J'entends presque tous les jours parler du désir de mort. On n'en prend jamais l'habitude. Chaque fois le cri prend son origine dans un être et son histoire qui sont différents.

Les Petits Mots de Romane et ceux dont elle nous fait le don ici ont quelque chose d'authentique et à la fois de gênants, car ils nous renvoient au profond de nous-mêmes. Personnellement, j'apprécie. Il s'agit d'un exercice et d'une réflexion et d'un exercice que les êtres sensibles ont l'occasion d'approfondir, mais c'est malheureusement dans les larmes et la sueur. Ils nous renvoient à quelque chose de profond et d'essentiel que nous pourrions faire le choix d'ignorer, certes, mais qui est consubstantiel à notre existence à tous. Il est des questions que nous savons à l'avance que nous ne les résoudrons pas, mais cela n'exclut pas le courage de se les poser, et cela au risque de se griller les doigts, et plus encore.

Pas de conclusion à un tel propos, bien entendu, mais une amicale salutation à toutes celles et tous ceux qui sont en train de rêver, tendrement et heureusement je l'espère.

D.O.
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Messagepar Romane » Sam Fév 16, 2008 2:46 pm

Je vous suis avec beaucoup d'attention, et tout cela me fait réfléchir aussi. A la manière dont on écrit, pourquoi on écrit, pourquoi ces mots plutôt que d'autres.

Tout ce que tu dis sur mes petits mots est juste, Diego. Quelqu'un m'a dit je ne sais plus où ; quand je vois que tu as posté un nouveau texte, j'ai peur de cliquer, j'ai peur de te lire, parce que tu dis d'une manière très crue l'indicible de ce que l'on ne veut souvent pas voir tout en le ressentant très fort. Et pourtant je clique, et pourtant je lis, et pourtant ça fait mal mais c'est trop vrai pour s'empêcher de le lire.

Comment dire... si l'imaginaire prend une grande place dans ce que je suis, la réalité aussi. Mais pas n'importe laquelle. Pas la réalité surface. La vraie, la profonde réalité. Secouer les paravents et plonger au fond, et se déchirer les yeux en regardant ce qu'il y a en dedans tout ça, ne pas se leurrer, ne pas se leurrer, ne pas.

Il m'est très difficile de venir dire ce que j'ai ressenti en écrivant tel texte, parce qu'il s'agit d'un instant et que tout bouge tout le temps. Il n'y a jamais une mais des émotions. Il n'y a jamais une idée, mais plein de choses qui viennent s'y greffer ; du passé, de l'instant, de l'existentiel, le point de réflexions intérieures, etc. Tout se mêle, s'enchevêtre, jamais rien n'est fait que d'une chose mais de plusieurs.

Dans l'ensemble, oui, il m'est plus facile d'expliquer. Mais pas ponctuellement ou très rarement. Dans l'ensemble, j'écris tourmentée, en totale noyade dans tout ce que je viens de décrire et qui se traduit à la fois visuellement et émotionnellement en moi. S'ajoute à cela la recherche éperdue des mots qui ne vont pas trahir, car trahir cela serait un ratage qui me ferait intensément souffrir. Cette quête de la sincérité, qui ne me quitte jamais...

Et puis oui, dans le cru de ce regard, l'obsession d'aller au bout, quitte à ce que ce soit très noir. Beaucoup de métaphores, de codages, une sorte de langage qui est le mien et que j'offre, comprenne qui pourra et beaucoup comprennent, comme si, même s'ils n'emploient pas le même langage pour dire les choses, ils reconnaissent dans le mien celui qu'ils portent en eux, secrètement, pudiquement.

J'écris souvent en musique, mais ce que je n'ai pas dit c'est que j'écris souvent dans des vagues de larmes qui me submergent, parce que tout ça à la fois, et sans doute parce que je ne suis faite que de tout ce qui touche la sensibilité et non point le calcul.

Je suis du genre à aller au front, quitte à me prendre un obus en pleine poire. Du moment que je vais à la sincérité. Et pourtant, je suis comme n'importe qui. J'ai peur, j'ai mal, je redoute, je doute, je tâtonne, je me casse la figure, je me sens plus faible ou en perte d'énergie, en perte de repères, je cherche désespérément, tout ça. On est tous comme ça.

Je crois que dans la volonté d'ouvrir la conscience, il y a aussi l'ouverture à la souffrance. Parfois, elle est vertigineuse. Vraiment.

Ici, pour ce texte : grenier, objet.

Grenier. Le lieu des hier ramassés là, oubliés sans état d'âme ou remisés par confort ? J'ai fait la relation avec ce qu'on remise en nous parce que ça dérange ou que ça a blessé, voire tué quelque chose en nous. En tout cas, le grenier est toute la part secrète de notre être.

Objet. Pourquoi un objet ? J'ai préféré les mots, parce que j'associe le grenier à notre mémoire, notre secret-moi. Alors les mots qu'on a entendus (ou qu'on aurait voulu entendre). Qu'on a voulu recouvrir (ou recouvert inconsciemment). Et qu'on lâche tout d'un coup, sans concession. Dans ce texte, à la fois c'est un peu moi et un peu de l'imaginaire. Une atmosphère, y plonger, piocher dans ce que l'on porte profondément et dans le potentiel imaginaire, et faire UN de tous ces bouts. Se mêle la liberté de l'écriture ; un objet ? alors à ma manière. Parce que nous avons tous le droit de nous démarquer, l'écriture est création et permet cela, et c'est jouissif que de faire quelque chose qui ne ressemble pas à ce qui s'écrit partout. Alors l'objet est devenu mots.

La corde est venue soudain, sans préméditation, parce que pendant que j'écris tout se passe à la fois au ralenti et en accéléré, dans une direction précise et dans plein de directions à la fois. C'est tellement pas facile d'expliquer ce phénomène que vous ferez avec ça, je ne vois pas comment vous l'expliquer autrement.

Tout ce dont je me souviens, c'est que j'ai visualisé si intensément ce grenier que j'en ai vu les poutres, la couleur passée du bois, la poussière, et que la poutre a appelé la corde de Mathieu. Toujours, toujours je repasse en boucle ce qu'il a vécu en quelques instants de son ultime bout de vie, alors que le monde entier l'ignorait. Il faut savoir que cette nuit là est étrange pour moi. Je ne trouvais pas le sommeil et j'ai écrit un texte décousu dans un état quasi second, en pressentant qu'il se passait quelque chose mais sans savoir quoi. Je n'ai compris que le lendemain, quand j'ai appris. Alors les mots se sont mis en place et un deuxième texte a suivi, dans une douleur nommée, cette fois. (Diego, tu l'as dans les petits mots, deux poésies qui se suivent, dédiées à Mathieu).

De cela me restent quatre éléments qui me hantent régulièrement : la corde, le tabouret (très violent), l'incroyable couleur de ses yeux (je n'avais jamais vu d'yeux comme les siens, et quelques jours avant, j'avais osé lui dire, durant la préparation du spectacle dont il était régisseur : tes yeux sont d'or et de miel comme je n'ai jamais vu, il faut que je te le dise, ils sont somptueux. Pas d'arrière pensée, il aurait pu être mon fils). Et la mocheté des nantis, parce que son suicide est du à cela.
Ces quatre points me remontent souvent à la gorge, me donnent la nausée pour leur violence, leur indifférence et le gâchis.

Nul besoin que ces images reviennent longuement en tête, ce sont des flashes d'une puissance ravageuse au coeur, c'est facile, facile de dire d'un seul jet tout ça, quand ça vous prend, facile, si tant.

Comme quoi, un texte est rarement (chez moi, du moins) fait d'une chose mais de plein, venant de mille manières différentes, provoquant une multitude d'émotions violentes.

Mais j'écris aussi parfois dans le rire et l'insouciance... D'autres fois...

Je ne sais si tout cela va vous éclairer, en tout cas aucune question, aucune remarque ne me gêne. Vous savez bien ; regard à cru.

A vous tous, belle journée.
Ro
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Messagepar Romane » Sam Fév 16, 2008 2:56 pm

P.S : juste ceci ; je crois que je me serais ennuyée, si j'avais suivi la consigne à la lettre, surtout dans la deuxième partie. Je me sens "plus complète" si à partir d'un tout petit détail je peux laisser liberté totale à la plume.

Lors d'interventions scolaires pour des ateliers d'écriture, j'ai soumis un thème qui a ahuri les instits et enchantés les enfants ; j'ai pris une craie rouge et posé un point rouge sur le tableau noir. "Voilà, c'est le thème".

Ils m'ont sorti des merveilles.

Mon but : emporter vers la liberté, leur permettre d'ouvrir les portes et de se délivrer, par le biais de l'art quel qu'il soit, de tous les poids que la société nous impose. Une soupape en quelque sorte.
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Re: Cathartique

Messagepar Christian Domec » Sam Fév 16, 2008 3:22 pm

Bonjour,

Je m'interroge, en ce moment, sur le succès de L'Elégance du hérisson ; ce passage, Diego, m'en livre peut-être la clef.
Diego Ortiz a écrit:
Il y a des périodes où toutes les fleurs sont noires, sauf une ou deux qui sont bleues.

Le livre se finit - sur fond de tristesse - par le surgissement de quelques notes de piano. La narratrice, jeune adolescente, en se le rappelant le soir, écrit alors : "En pensant à ça, ce soir, le coeur et l'estomac en marmelade, je me dis que finalement, c'est peut-être ça la vie : beaucoup de désespoir mais aussi quelques moments de beauté où le temps n'est plus le même. C'est comme si les notes de musique faisaient un genre de parenthèses dans le temps, de suspension, une ailleurs ici, un toujours dans le jamais.
Oui, c'est ça, un toujours dans le jamais.

N'ayez crainte, Renée, je ne me suiciderai pas et je ne brûlerai rien du tout.
Car, pour vous, je traquerai désormais les toujours dans le jamais.
La beauté dans ce monde."

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Messagepar Christian Domec » Sam Fév 16, 2008 3:23 pm

Bonjour,
Romane a écrit:
j'ai pris une craie rouge et posé un point rouge sur le tableau noir. "Voilà, c'est le thème".

Ils m'ont sorti des merveilles.


Oui !!!

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Messagepar aminelicia » Sam Fév 16, 2008 3:36 pm

Tout ce que je lis en ce moment est d'une haute densité littéraire. Vous êtes des magiciens des mots et du verbe, et vous savez si bien inventer ce qui touche le plus, l'âme et le coeur humain. Il y a dans les images que vous insérez dans de vos textes, la preuve d'une imagination débordante, le souffle inépuisable d'une poésie en prose, et même souvent un mélange réussie de romantisme et de surréalisme. On a l'impression de se diriger vers des horizons inconnus mais au delà desquels nous découvrirons pour notre plus grand plaisir, énormément de belles choses pleines de charme et d'humanité.

Ainsi grâce à la magie d'Internet, je peux apprécier sans attendre les écrits de Romane, Philipum, Becdanlo, Voyelle et Carine. Contrairement à naguère où il fallait attendre des jours pour recevoir et lire une lettre envoyée d'ailleurs. Ou que le livre soit imprimé, distribué et disponible en librairie pour pouvoir l'acheter. Avec toutes les contraintes qui en découlent. Mais il ne faut pas en déduire pour autant que je ne suis pas un amoureux des ouvrages en papier. Je veux simplement dire que la rapidité des contacts par le web est un un progrès enrichissant.
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Re: Cathartique

Messagepar Romane » Sam Fév 16, 2008 6:57 pm

Christian Domec a écrit:
Bonjour,

Je m'interroge, en ce moment, sur le succès de L'Elégance du hérisson ; ce passage, Diego, m'en livre peut-être la clef.
Diego Ortiz a écrit:
Il y a des périodes où toutes les fleurs sont noires, sauf une ou deux qui sont bleues.

Le livre se finit - sur fond de tristesse - par le surgissement de quelques notes de piano. La narratrice, jeune adolescente, en se le rappelant le soir, écrit alors : "En pensant à ça, ce soir, le coeur et l'estomac en marmelade, je me dis que finalement, c'est peut-être ça la vie : beaucoup de désespoir mais aussi quelques moments de beauté où le temps n'est plus le même. C'est comme si les notes de musique faisaient un genre de parenthèses dans le temps, de suspension, une ailleurs ici, un toujours dans le jamais.
Oui, c'est ça, un toujours dans le jamais.

N'ayez crainte, Renée, je ne me suiciderai pas et je ne brûlerai rien du tout.
Car, pour vous, je traquerai désormais les toujours dans le jamais.
La beauté dans ce monde."

Christian.


Je lis ce livre en ce moment, et n'en suis qu'au milieu. Je me garde donc bien de lire ton commentaire, cessant la lecture dès le début pour ne point déflorer et orienter mon impression, que je donnerai une fois achevé le livre.
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Messagepar voyelle » Sam Fév 16, 2008 7:57 pm

Je vous remercie beaucoup tous pour toutes ces réflexions, c'est toujours passionnant de creuser un peu.C'est vrai qu'il y peu avoir ne sorte de nudité dans l'écriture.Merci encore Romane.

Il m'arrive un "truc" un peu étrange, j'ai rédigé voici quelques temps, le quotidien d'une personne sdf, sur plusieurs mois, et voici quelques jours, j'ai relu mon texte. j'avais la sensation étrange que ce n'était pas moi qui l'avait écrit, mais qu'll m'avait été dicté. Mon écriture était différente, hachée, grave, brutale quelquefois.

Quand à vous Diégo Ortiz, ne vous em.... pas avec le fait que vous vous soyez présenté comme "mécanicien dentiste". Vous êtes Vous avant tout. Et, si au départ, je reconnais que j'ai été un peu surprise de la présentation de votre statut, aujourd'hui, mon regard a changé. (Du reste,cela m'intéresserait de connaître un peu plus cette profession.)

En ce qui concerne la cathartie, pour vous, elle n'est donc pas forcément salvatrice ??? Pourquoi donc puisqu'elle est libératrice ? Mais peut-être, que finalement, il n'est pas constructif (ou salvateur) de se libérer de "tout". C'est cela que vous signifiez ??? Ortiz Diégo?
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Re: Cathartique

Messagepar Christian Domec » Sam Fév 16, 2008 9:58 pm

Bonsoir,

Romane a écrit:
Je lis ce livre en ce moment, et n'en suis qu'au milieu. Je me garde donc bien de lire ton commentaire, cessant la lecture dès le début pour ne point déflorer et orienter mon impression, que je donnerai une fois achevé le livre.


Oui, désolé.

J'ai, toutefois, veillé à ce que cet extrait - final ! - ne déflore en rien le contenu de ce roman ; et, à le relire, à part un point de détail qui est prévisible dès ses prémices, nulle intrigue n'est dévoilée.

Bonne lecture,

Christian.
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Messagepar Christian Domec » Sam Fév 16, 2008 10:03 pm

Bonsoir,

En aparté,

La catharsis sauve peut-être, en tout cas elle évacue et soulage. Est-elle plaisante à partager ? Je n'en suis pas sûr.

Christian.
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Messagepar Christian Domec » Sam Fév 16, 2008 10:10 pm

Bonsoir,

En aparté toujours : je me reprends.
Le proverbe ne dit-il pas que les plus belles fleurs poussent sur le fumier ? L'action de lire n'est-il pas de les cueillir ? Alors oui, la catharsis que l'on a laissé reposer et macérer doit être matière à cette éclosion. A nous de la saisir.

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Messagepar Romane » Sam Fév 16, 2008 11:55 pm

Je précise qu'il n'est rien en moi de refoulé. Oppressant sans aucun doute, mais rien de refoulé, au contraire, j'y vais consciente et volontaire pour le regarder, le réfléchir et le dire.

Qu'en est-il chez les autres ? Je l'ignore, au fond. Qu'en pensez-vous ?
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