EXERCICE 5 - LE PRESTIGITATEUR

Exercices et trésors d'imagination sur consigne

EXERCICE 5 - LE PRESTIGITATEUR

Messagepar Ishtar » Ven Mar 14, 2008 11:13 am

Avec la série des petites phrases ci-après, construisez un texte : "Je suis prestigitateur. Je bluffe. Il est magicien. Il manipule.
Seule contrainte textuelle, il faut respecter l'ordre des phrases.

A vos plumes... :wink:
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Messagepar Ishtar » Ven Mar 14, 2008 2:01 pm

Bon ! Je me lance :wink:

Je m'appelle Mime, je suis prestigitateur... souvent, l'on pointe le doigt sur moi car l'on prétend que dans mes tours de passe-passe, je bluffe. J'estime que ces accusation sont complètement loufoques. Je prétends que la peur de l'inconnu, l'inquiétude obstruent l'esprit de certaines personnes au point d'avoir torturés et exécutés beaucoup de magiciens.
Mais laissez-moi vous raconter la véridique histoire de mon ami Merlin.
Merlin habite Salem. Il est reconnu jusqu'à ce jour comme le plus grand guérisseur. Il est magicien et connaît très bien la vertu de certaines plantes et il a le don de clairvoyance. Dès que surgit un ouragan, une maladie mortelle, un cataclysme naturel ou une mauvaise récolte, il prévient la population de se mettre à l'abri et de faire attention.
Malheureusement, au fil du temps, il a pris de plus en plus d'importance, au détriment des gens de l'église. Au point, que le curé du village de Salem dit de lui : "Il manipule mes ouailles. Il faut absolument arrêter ses agissements".
C'est ainsi que Merlin a terminé ses pratiques soi-disant occultes sur un bûcher.
Après cela, Salem a connu une sorte de folie collective, la chasse aux sorcières, aux devins, aux magiciens a donné lieu aux pires atrocités, à des injustices sans nom et à des persécutions inhumaines.
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Messagepar Philipum » Ven Mar 14, 2008 2:26 pm

Ouais !! À bas les arnaques ! La magie n'existe pas ! :twisted:

Au fait, à part ca, on dit "prestidigitateur", même si on a souvent tendance à dire "prestidigididiti...." et à bafouiller à la fin du mot.
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Messagepar Ishtar » Ven Mar 14, 2008 2:43 pm

philipum a écrit :
Citation:
Au fait, à part ca, on dit "prestidigitateur

Euh ! :oops:
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Messagepar Romane » Ven Mar 14, 2008 4:12 pm

:lol: :lol:
Di.

Di !

:lol:

Je n'ai pas bien compris la consigne, c'est normal, je me lève. Je reviens pour la relire d'ici quelques heures.
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Messagepar aminelicia » Ven Mar 14, 2008 7:12 pm

Carine, votre paragraphe relève-t-il d'une fiction ou d'une réalité historique? Car je lis sur Wikipédia grâce à Google que Merlin tomba, selon la légende, éperdument amoureux de la fée Viviane . Merlin endormi fut enfermé pour l'éternité dans sa geôle, au grand regret de la fée Viviane qui ne croyait pas que la chose fût possible.

Tandis-que que le village Salem est réputé (toujours d'après Wikipidia) pour ses procès en sorcellerie 1692, aux Massachussets, en Amérique, avant la création des Etats-Unis.

Vous auriez donc imaginé cette histoire de Merlin brûlé sur un bûcher?
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Messagepar Ishtar » Ven Mar 14, 2008 8:42 pm

Il s'agit d'une fiction Yacine
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Messagepar voyelle » Sam Mar 15, 2008 5:36 pm

— Qu'est-ce que tu fais maintenant comme boulot, tu me disais ?
Prestigitateur.
— Ha ? C'est à dire... Tu fais apparaître des lapins ? Des foulards ? Des femmes coupées en tranches ? Je ne le crois pas !?
— Non ! Je modèle les visages : Je crème, je maquille, je tonds, je camoufle, je modifie, je modèle, je calfeutre, je bouche, j'empile et j'épile, bref, je mets en valeur un visage, ou j'essaie.
— Hé... Cela fonctionne, je veux dire, les gens sont contents ?
— Pas toujours.
— Qu'est-ce que tu fais alors, s'ils sont insatisfaits ?
— Ben... Je bluffe
— Genre ?
— Genre, s'il s'agit d'une nana, je la regarde comme si je la découvrais pour la première fois. Comme si en quelque sorte, elle me plaisait, qu'elle était sublime.
— Oui, mais après, si elle le croit, et... Qu'elle t'invite, ou qu'elle te fait des avances ?
— Je me débrouille toujours pour esquiver, l'essentiel c'est que la cruche (vide) pense qu'elle est belle, avec sa tonne de fond de teint et surtout sa tonne de bêtises.L'essentiel, c'est le fric que cela me rapporte, le reste, j'en ai rien à battre. Toutes des radasses, des bourgeoises, des poupées Barby vieillissantes qui se rattachent à leur image d'il y a
trente ans.
— Et les mecs, tu modèles aussi ?
— Mon pauvre vieux, je prends du fric où il y en a.
Alors, oui, je fais de même avec les mecs, avec des clins d'oeil de connivence - ou je leurs fais croire après qu'ils soient passé entre mes mains - que j'aimerai leurs ressembler. Eux aussi, certains ont vraiment rien dans la tronche. Ils reviennent quelquefois pour me parler de leur plan drague. Pour te dire la grosseur de leur cerveau...
— Tu m'impressionnes. Vraiment... Tu es devenu quelqu'un. Bravo.
— Merci. Et, Sylvain, tu sais ce qu'il est devenu lui ?
— Oui, pas grand chose, je crois qu'il est intermittant du spectacle.
— Acteur ? Il passe à la télé ?
— Non ! Tu penses ! Il n'a pas ton profll le pauvre mec, non, il est magicien. Il manipule.
Non, il n'a pas réussi comme toi...A mon avis, il fait semblant d'être heureux. Oui.
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Axiome

Messagepar Diego Ortiz » Dim Mar 16, 2008 6:19 pm

Preste agitateur ? Marionnettiste aux doigts de fée ? Faiseuse d'anges ? Axiome baladeur ? Il guettait sa silhouette dans reflet du battant d'une horloge venue de nulle part. Mon temps m'est imparti. Sa plume suspendue au-dessus de la feuille sitôt les premières lignes tracées, et dans la sueur, la pointe cuivrée avait sans doute déjà séché. Un rai de lumière tombait obliquement, de droite à gauche, réduit à une fente aveuglante par l'arrangement des rideaux de laine. Tout d'abord sur le tapis aux ornements rouges, noirs, blancs. Ensuite cela remontait le long de sa jambe droite jusqu'au genou, il pouvait en sentir la chaleur à travers la flanelle du pantalon. Et illuminait le bois de la table sur laquelle il écrivait, elles avaient écrit, depuis des générations jusqu'à la nuit des temps. Rebondissait sur l'encrier de verre. Allait se perdre dans la pénombre ouatée, puis profondément noire, là-bas vers la gauche, où s'ouvrait un corridor. Plus loin il y avait une chambre, un salon, une cuisine, des femmes qui chuchotaient. L'aiguille avançait sur le cadran. Bientôt l'heure du thé.

Coupez, cria le réalisateur. Tu ne te rappelles plus la consigne ? A ce point, tu dois murmurer : "Je suis prestigitateur".

- Oui, autrefois j'ai pu savoir le sens de ce terme, et j'ai beau me forcer, rien ne me vient. Tais-toi donc.

Le Réalisateur se tut. Un vague souvenir devait encore flotter dans l'ombre, là, du côté du corridor. Mais cela ne va pas. Autrefois je savais user de cet instrument, la plume. Je ne séchais jamais. Ne posais pas mon regard sur cette pendule. Oubliais l'heure du thé. Ne me laissais jamais entraîner, non plus, par la danse des nuages, des arbres, des grains de poussière lorsqu'ils traversent le bloc invisible, là, d'un rai de lumière, avant de disparaître, après une pirouette, à nouveau dans le néant.

Personne n'est dupe. Quand je dis que demain le scénario sera prêt à tourner, je bluffe, naturellement. Autrefois ce n'était pas mon genre. La plume courait d'elle-même sur la partition. Je n'ai pas eu la vie que j'avais rêvée. Ni ne suis devenu la personne que je suis sans trahir toutes celles que j'aurais voulu être. Après un plongeon et quelques brasses dans le bassin d'irrigation, sous la houlette du berger descendu du mont Ararat, de ses neiges éternelles. Après m'être laissé sécher sous le soleil, avoir contemplé les métamorphoses des nuages, et entre deux passages le ciel presque noir, je sautais dans l'autocar qui revient ici, encore maintenant, toujours à la même heure.

Alors ma plume courait, courait, toute phrase coulant des instants méditatifs, à nager dans le bassin, marcher en espadrilles entre les mottes et les touffes d'un pâturage, furtivement, au point que les vaches et les moutons, les chiens, ne percevaient pas ma présence. Les aboiements, bêlements et meuglements, à force de ne jamais m'être adressés, me faisaient soupçonner que je n'étais encore ni là, dans ce corps, et encore moins dans ce lieu improbable, le plateau, Erevan.

Stalinski veillait alors sur notre destinée. Et ensuite Krouchtchevski, Brejnevski. Ils ont tous slalomé jusque tout en bas de la pente, sans rémission. Lorsque Gorbie voyait passer l'un de leurs fantômes, il détournait la tête et s'adressait à nous tous : "Il est magicien", déclarait-il avec une certaine tension dans la voix. "Il manipule". Nous avons tous été sur le point de croire que la transparence qu'il nous promettait effacerait à jamais la dictature des Soviets, qui nous avait jetés hors de nous-mêmes à force de s'infiltrer jusqu'au fond de nos vies, de nos cuisines, nous retournant comme des gants, inspectant nos viscères comme autrefois les haruspices. Mais la maison de verre a éclaté en une myriade de morceaux coupants, dangereux. Cela fait déjà longtemps que le bassin n'irrigue plus rien, et que les bûcherons ont fait des trouées irrémédiables dans les forêts du mont Ararat. La démocratie se prostitue toutes les nuits dans les rues de notre mafiocratie. Ils disent qu'elles ont le choix et qu'elles sont libres de leur corps. Nous les laissons dire. Nous savons qu'ils bluffent. Nous connaissons parfaitement cette idéologie de la liberté et du libre choix. Ils tentent de nous manipuler, mais ils ne sont ni magiciens, ni même prestidigitatacteurs, je voulais dire, prestidictateurs, prédicateurs...

Ah non, voilà que cela me revient. Il fallait parler des prestigitateurs. Prestigitateurs. Cela me rappelle une drôle d'histoire :

"J'appelle fiction la violence faite à la vérité, en vue de satisfaire à une hypothèse." Aristote, la Métaphysique.

- Là, tu dérailles, tu écornifles le sujet, râle le Réalisateur.
- Que non, que non...

Il sort alors d'un tiroir de son bureau, celui du bas, une boîte en bakélite noir. Il avait cherché de la cordite, pour faire pièce définitivement à l'engeance des Réalisateurs, mais n'avait finalement pu trouver que ça, de la bakélite. Il se retourne lentement sur son siège. Il trouve son homme, dans la pénombre, qui le toise avec mépris.

- Tu lis ce qui est écrit sur la tranche, et tu appuies sur le bouton. Et le voilà, ton scénario, nom d'une pipe à plumes.

http://www.archive.org/details/Axiome
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Messagepar Ishtar » Dim Mar 16, 2008 10:14 pm

Diégo Ortiz a écrit :
Citation:
Preste agitateur ? Marionnettiste aux doigts de fée ? Faiseuse d'anges ? Axiome baladeur

C'est fou les différentes appelations que l'on peut donner aux différents thaumaturges de tous calibres : pythonisse de fête foraine, magicien de l'abracadabra, prestidigitateur perlimpimpinesque,... :wink:
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Abracadabrantesque

Messagepar Diego Ortiz » Dim Mar 16, 2008 11:01 pm

Ah, vraiment, vous auriez dû vous donner la peine de regarder, les yeux grand ouverts, la cible du lien qui se trouvait inscrite, d'une main certes malhabile, sur la boîte de bakélite de notre sujet.

La question n'est pas le départ entre "réalité" et le reste.

J'ai déjà signifié ailleurs que la Charlotte à Marat, cordite plus que bakélite, représentait, si l'on voulait bien éviter de sanctifier son acte, une sorte de modèle, et pas seulement de militantisme féministe.

Et regardez aussi, dans les informations de ces jours, la dignité inflexible des Tibétaines. Et la persistance de celle d'Aug San Suu Kyi. Je ne prétendrais pas à tout prix que la femme soit l'avenir de l'homme. L'ère des antagonismes est révolue, bien qu'une injustice soit faite et se perpétue à l'égard des femmes dans pratiquement toutes les sociétés de la planète.

Je vous prie d'ouvrir votre œil divin sur le fait que le débat évoqué dans le petit film que je vous propose (qui en réalité est un grand film) transcende absolument la notion de femme, d'homme ou d'enfant pour s'adresser à des thèmes bien plus universels.

Maintenant, il faudra que vous finissiez par préciser si vous avez fait délibérément ou non cette erreur de qualifier les prestidigitateurs de prestidigitateurs. Le lapsus me paraît créatif, et ouvrir la voie à des associations inattendues. Il serait fort déplacé d'excommunier les questions avant de les avoir soupesées en toute connaissance de cause. Etes-vous sérieuse, ou non, quand vous recourez à ce néologisme ?

Si vous l'êtes, alors je vous conjure, par la Pythie de Delphes et ses Lauriers Sacrés, de cesser de stigmatiser un déviationnisme théologique créé de toutes pièces. Regardez ce film. Il y en a d'autres. Perlimpimpin exige de vous, en toute connaissance de cause, des prises de position qui transcendent la question du perlimpimpincynisme. Réfléchissez donc en déesse, sans vous soumettre à qui que ce soit, et surtout pas à moi.

L'allergie, "horror autotoxicus", en vérité je vous le dis, est le sommet du blues. Oui, je pense que beaucoup de bateleurs perlimpimpinesques, et de pythonisses de fête foraine abracadanavrantes, font constamment du tort à la cause des nuances du jugement. Regardez le film. Ecoutez attentivement la bande-son. Fâchez-vous contre moi si vous le voulez. Réalisez peu à peu à quel point, sous des formes certes différentes, il y a communauté de discours, ou "continuité des jardins" selon Jorge Luis Borges. Cela n'a rien à voir avec l'excommunication de quiconque. Aucun bûcher, pas de victime du normativisme ambiant. Bref, Ishtar sacrée et hors d'atteinte des mortels tels que moi, je trouve que vous faites ici un procès d'intention qui insulte votre propre intelligence. Au lieu d'une réaction épidermique, pourquoi ne nous feriez-vous pas part d'une sorte de vision du monde, de projet ?
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Messagepar Ishtar » Lun Mar 17, 2008 12:55 pm

Je ne fais nullement un procès d'intention à tous les faux prophètes qui exploitent avec plus ou moins de cynisme l'inquiétude de l'homme, que ni la médecine, ni la psychiatrie ne peuvent guérir.
Personnellement, je ne peux "blairer" que des gourous professant la pauvreté comme voie d'accès à la sagesse roulent en rolls-royce et parcourent le monde dans des suites royales.
Je ne peux admettre que pour un ordre spirituel ou affectif, leurs manipulations entraînent les plus faibles jusqu'aux confins de la folie ou jusqu'à la mort.
Je ne veux nullement jeter la pierre à ceux qui se laissent bercer par le chant de ces sirènes maléfiques mais je suppose que ces personnes vulnérables ou désorientées se laissent tenter, c'est qu'elles tentent de chercher une vie plus belle, plus équitable ailleurs.

Sachez que le récit de la boîte de bakélite m'a particulièrement touché, certaines phrases aussi : "les plus belles vies sont celles que nous aurons jamais, "il faut sucer pour survivre; c'est tellement vrai tout cela : "l'homme n'existe plus : il est qu'usager et consommateur". Ce récit trace les cinq vies d'Axiome, c'est le témoignage de la folie des grandeurs de mégalomanes, c'est devenu le symbole du panurgisme planétaire. Que faire ? La plupart d'entre-nous renonceront, se résigneront, se désespéreront alors que c'est contre cela qu'il faut s'efforcer de lutter. L'apathie n'apporte rien, le renoncement, c'est abdiquer sa liberté. L'on ne peut se transformer en un gigantesque troupeau de bétail qui se laisse mener à l'abattoir. Insouciance, catalepsie, capitulation, désespoir, renoncement, apathie, abdication... toutes ces attitudes négligent un fait essentiel : nous ne sommes pas les simples témoins mais nous sommes des acteurs sur la Terre.
J'aime Diégo lorsque vous vous posez en cavalier de l'Apocalypse, en tentant d'affiner nos capacités d'attention et nos facultés intuitives sans nous faire perdre de vue que l'important est ailleurs.

Sachez Diégo, que je suis pas hors d'atteinte des mortels... touchez-moi et vous verrez que je suis perceptible à la souffrance humaine.
Tout cela pour dire, que l'on ne doit pas s'étonner de voir se mêler sur ce forum mes visions personnelles car le but du jeu est de débroussailler le sens des choses qui sont derrière les choses, avec tous les outils qui sont à ma disposition.
Dernière édition par Ishtar le Lun Mar 17, 2008 1:46 pm, édité 1 fois.
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Axiomes

Messagepar Diego Ortiz » Lun Mar 17, 2008 1:28 pm

Oui, chère Ishtar, et merci pour ce recentrage.

J'ai regardé ce qu'il y avait dans la boîte en bakélite plusieurs fois avant de proposer ce lien. La première ne m'avait pas permis de saisir le fil conducteur, ou du moins, celui que je lui prête maintenant, sans présumer de ce qu'il y a encore derrière les portes et au bout de corridors inexplorés, de lumineux ou d'obscur. Je crois que dans toute son ambiguïté ce petit chef-d'œuvre expérimental nous pousse vers la davantage de lumière. Il ne propose rien de concret, n'ouvre la voie à aucun culte, ne formule aucune prophétie. Par contre il offre des points de repère, sur un mode poétique et métaphorique, pour réfléchir à quelques débats existentiels. Le miroir qu'il nous tend ne nous gratifie guère, mais il se donne toutes les libertés pour imaginer ce qui pourrait encore se trouver derrière, au-delà du cynisme et de la forfaiture. L'invite à une sorte de méditation au fil de la prise de conscience.

C'est ici que je dois peut-être tempérer, ou plutôt préciser les propos du dernier paragraphe de mon précédent message. Ici, où j'ai pris l'habitude, par moments, de taquiner une certaine Ishtar, qui me le rend d'ailleurs à son tour, une Ishtar qui ne se trouve dans aucun livre ou peut-être dans un peu, capricieuse et intraitable. Cette Ishtar qui flotte au-dessus de nos têtes tombe telle la foudre sur certains fils, et comme elle le dit elle-même, dans une image qui m'est soufflée par la fée électricité, tiens encore une autre, ne vaut-il pas mieux résister que finir par péter un plomb ?

C'est à cet être virtuel que s'adressent certains de mes propos un peu verts, et le vert n'est pas ma couleur préférée dans les relations humaines. Ces propos ne visent jamais, jamais, l'être humain et sensible qui se trouve au-delà. Peut-être n'était-il pas vraiment utile de le préciser, mais je le fais à tout hasard.

Très amicalement
D.O.
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Messagepar Philipum » Lun Mar 17, 2008 2:00 pm

J'étais assis sur un banc, juste devant la fac. Mon ami Fabien, à côté de moi, était plongé dans ses pensées, le front creusé en son milieu par une ride verticale.

-Tu es encore en train de réfléchir à un mystère de l'univers ?
-T'as tout faux.
-Mais tu penses à quoi ?
-Je ne pense pas.
-Ah bon.

Après un long silence, durant lequel Fabien semblait toujours réfléchir furieusement, je conclus qu'il se payait ma tête.

-Tu te payes ma tête ?
-Ce serait bien trop bon marché.
-C'est encore une de tes expériences ?
-Ce n'est pas une non-expérience.

Je compris qu'il voulait m'entraîner dans un jeu, ou quelque autre manigance de l'esprit dont il avait l'habitude. Dans ces cas-là, me dis-je, il s'agissait de lui poser plein des questions ; il semblait prêt à y répondre, même si ce n'était que par des énigmes.

-Qui es-tu ?
-Je suis prestigitateur.
-Quelle illusion essaies-tu de créer ?
-Celle de la réalité.
-Quel est ton but ?
-Passer inapercu.
-Tu me fais un numéro ?
-Oui, nous en avons tous besoin.
-Alors ?
-Je bluffe.

Pas évident. Je revins sur ma première impression : il se payait ma tête. Je désignai un vieux professeur à la retraite qui marchait lentement en s'appuyant sur sa canne.

-Peux-tu faire apparaître un lapin dans son chapeau ?
-Il n'y a pas de chapeau.
-Celui du vieux monsieur, là.
-Il n'y a pas de vieux monsieur.
-Si, c'est M. Boudet, l'ancien prof de philo.
-Il est magicien.
-Ca m'étonnerait, il enseignait Descartes.
-Il manipule.
-Et moi, je suis plombier, dis-je avec une pointe d'exaspération.
-Oui, me répondit-il en souriant.
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Messagepar Ishtar » Lun Mar 17, 2008 2:10 pm

Il y a plusieurs fils conducteurs à exploiter dans le récit d'Axiome.

Le 1er fil pourrait être sur : "H20, la molécule de la vie".
J'ai bien aimé la métaphore sur l'eau : "elle est source de vie mais aussi source de conflits"... sans elle, rien ne vit et rien ne pousse.
Terres asséchées, hommes assoiffés, mégalopoles fragilisées,... il y a plein de choses à dire sur l'Or Bleu...
Il suffit de voir les différents conflits engendrés par l'exploitation de l'eau du Nil entre les pays qui la convoitent : Ouganda, Tanzanie, Kenya, Congo, Burundi, Rwanda, Ethiopie, Erythrée, Egypte...
Idem en ce qui concerne le Tigre et l'Euphrate et les pays : la Syrie, la Turquie, l'Irak,...
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