Chapitre 8

Le coin à Shoun

Chapitre 8

Messagepar Shoun » Lun Mar 03, 2008 2:37 pm

« Elle est là. Toute proche. Je la sens. C’est impossible de ne pas ressentir sa présence. Je touche au but… »
Les formes étaient floues, et il était impossible de voir correctement à plus d’un mètre de distance. Le courant de l’océan dans lequel elle nageait était trop puissant, et elle peinait grandement à se frayer un chemin parmi le flux sous marin. Ses tentatives d’approche de la lande de terre se voyaient repoussées en permanence par un puissant tourbillon des profondeurs, et quand elle remontait à la surface pour respirer, ne distinguant qu’un ciel noir parfaitement opaque, elle se sentait de nouveau attirée vers le fond par ces eaux sombres et menaçantes. Puis, sans qu’elle y puisse quelque chose, elle se vit sombrer sous la surface de l’océan, totalement impuissante face à cette entité aquatique. Elle eut beau se débattre, elle ne parvint pas à regagner le dessus du niveau de la mer et emplir ses poumons d’air. Elle ne pouvait plus respirer. Et, bientôt, elle s’était tellement enfoncée qu’elle ne distinguait plus rien, seulement du noir, du noir à perte de vue ; et ce manque d’oxygène qui la tuait, petit à petit. C’était fini, elle allait mourir, ensevelie sous cet océan de tristesse et de solitude.
Mais, alors qu’elle avait perdue tout espoir, elle sentit deux mains puissantes l’attraper par la taille, et la remonter vivement. Oui, elle arrivait encore tout juste à voir, même si ses poumons menaçaient d’exploser d’une seconde à l’autre. Elle aperçut la surface, elle serait bientôt de nouveau à l’air libre. Puis, soudain, elle replongea, encore plus en profondeur dans cette immensité inconnue. Et elle fut à nouveau tirée vers le haut. On la secouait ! Ces deux mains qui l’avaient saisies n’avaient pas l’intention de la sauver, mais de la faire souffrir encore plus, de la faire incurgiter de force cette eau salée qu’elle détestait tant. Elle se débattait du mieux qu’elle le pouvait, mais cela faisait déjà plus d’une minute qu’elle n’avait pas respiré, et elle sentait déjà son cerveau et ses muscles défaillir. Elle ne pouvait rien faire, elle était condamnée à se laisser mourir, prisonnière de cette masse aquatique, et de cette poigne qui la retenait si fermement. C’était ici que tout se finirait…

Alors que l’ombre de tout espoir s’était évanoui, elle crut entendre une voix très lointaine, mais elle n’avait plus assez de force pour comprendre les mots, qui étaient sans doute trop éloignés pour la retrouver, dans l’immensité dans laquelle elle était perdue.
Puis, la voix sembla se rapprocher, et bientôt, ce fut comme si on lui murmurait à l’oreille. Les deux mains lâchèrent prise pour venir se poser plus haut, dans une attitude protectrice, l’une sous sa nuque, qui lui soulevait doucement la tête, l’autre, d’une agréable chaleur, sur son front. Elle n’était plus prisonnière de l’océan, elle ne ressentait plus cette présence. Elle parvint même à percevoir la dureté du sol sur lequel elle était étendue.
« Miss, réveillez-vous, je vous en prie. Faites un effort, réveillez-vous !
Elle peina grandement avant de parvenir enfin à ouvrir ses yeux, de la même façon que s’ils étaient restés clos pendant plusieurs années. Les formes demeuraient vagues pour le moment, comme si on épais brouillard la séparait du monde réel.
Finalement, les contours se précisèrent, devinrent plus distincts, et les couleurs refirent également leur apparition, comme si elle retrouvait petit à petit la vue.
A présent, elle voyait nettement. Elle distinguait sans peine les différents éléments du paysage qui l’entouraient. D’ailleurs, elle remarqua qu’elle se trouvait sous l’Aratronk, et qu’elle n’y avait sans doute pas bougé durant la nuit. Du moins, son corps n’avait pas quitté ce lieu.
Perdénon, penché sur elle, la regardait avec inquiétude. Son regard était traversé par une vague de confusion, qui donnaient un air de tristesse au plus profond du bleu de ses yeux.
Cet océan bleuté ne ressemblait en rien à celui qu’elle venait d’affronter. Celui-là, il avait quelque chose, une petite étincelle qui brillait au fond, quelque chose qui faisait que l’on ne pouvait rester indifférent lorsqu’il vous regardait. Ce bleu, d’une intensité et d’une profondeur comme l’on n’en trouvait nulle part ailleurs ; un bleu si limpide, si apaisant ; et cette couleur, qui n’était pas unie, non, elle était constituée de plusieurs teintes, si bien que l’on pouvait y voir la froidure du glacier, aussi bien que la beauté du ciel, le dynamisme comme la plénitude de l’eau, ou tout simplement un bleu unique et magique, le mystère et le rêve.
Shoun avait du mal à se remettre de ce choc émotionnel, du au mariage du réel et de l’irréel précédemment enduré.
- Vous vous sentez mieux, Miss ?
La jeune fille avait encore une partie de son esprit qui était restée en arrière, et elle prit un certain temps avant de le ramener dans la réalité, si bien qu’elle ne remarqua pas que le Conseiller l’avait redressé en position assise, et la maintenant par le dos et les épaules.
Elle éprouvait beaucoup de difficultés à retrouver son souffle. Sa respiration, bruyante et saccadée, semblait préoccuper Perdénon, qui se faisait un sang d’encre pour son état de santé.
Voyant qu’elle ne répondait pas, il l’enveloppa de ses grands bras et la serra tendrement contre lui.
- Vous m’avez fait peur, vous savez.
Shoun se laissa faire docilement. D’ailleurs, son cerveau était encore embué, et elle avait du mal à interpréter ce qui s’était passé. Faire peur ? Mais, n’avait-elle pas juste rêvé ? Avait-elle pu se noyer également dans la réalité ? C’était impossible : elle ne sentait aucune trace d’humidité sur elle, et la rivière se trouvait encore fort loin !
Cependant, l’attitude tendre et protectrice de Perdénon lui prouvait qu’il avait dû se passer quelque chose. Mais le Conseiller prit le soin de répondre à ses interrogations avant même qu’elle n’ait le temps de les formuler, comme si, une fois de plus, il avait su lire dans ses pensées comme dans un livre ouvert.
- Vous êtes sans doute plus apte à faire le lien que moi. De quoi avez-vous rêvez, Miss ? Je vous ai entendu vous agiter, parler aussi, mais c’était totalement inaudible. Je me suis approché pour m’assurer que tout allait bien, mais j’ai constaté que vous dormiez. Puis, vous avez été prise d’une sorte de crise d’angoisse. Vous ne parliez plus, non, vous étouffiez ! Il est malheureusement quasiment impossible d’aider quelqu’un qui s’étouffe en rêve, ce qui vous est certainement arrivé, j’ai donc fait tout mon possible pour vous arracher à votre sommeil. Je dois avouer que la panique a pris le dessus sur moi. Je ne vous ai pas fait mal, j’espère, lorsque je vous ai secoué ?
C’était donc cela. Cette chose, ou cette personne qui la secouait. Ce n’était rien que Perdénon qui tentait en réalité de la réveiller. Elle s’était donc étouffée. Mais le vrai problème restait à résoudre : Avait-elle était victime d’une crise en réalité, et que cela aurait été répercuté dans son rêve ; ou, au contraire, sa noyade imaginaire s’était-elle transformée en suffocation dans le monde réel ?
A présent parfaitement consciente, elle s’acharnait à trouver la réponse.
- Ne vous torturez pas comme ça, Miss. Toutes les choses de ce monde ne s’expliquent pas forcément. Pensez-vous que nous pouvons trouver un raisonnement et une explication logique à chaque évènement ? Le surnaturel ne s’explique pas. C’est ce qui fait la beauté de la magie, Shoun.
A ces mots, elle leva les yeux vers lui. L’avait-elle bien entendu l’appeler par son prénom ? C’était bien la première fois que le Conseiller la nommait ainsi. Habituée au « Miss », elle avait de suite réagi lorsqu’il avait prononcé ce dernier mot.
Un léger sourire se dessina sur les lèvres de Perdénon.
- Mais vous êtes sauve, et c’est tout ce qui importe. Peut-être que, un jour, vous comprendrez. Mais ne cherchez pas la raison. Laissez-la venir à vous. En faisant preuve de patience, vous obtiendrez ce que vous voudrez.
- Vous savez, répondit Shoun dans un rire, même si j’étais la personne la plus patiente au monde, ce n’est pas pour autant que je saurais lancer un sort de magie blanche !
- Comment pouvez-vous le savoir ? Moi, je suis persuadé qu’un jour, vous y parviendrez, coûte que coûte. Vous verrez avec le temps. Et vous repenserez à moi ce jour-là. J’ai votre parole ?
Une promesse ? Cela ne lui coûtait rien, mais il risquait d’être déçu. Elle savait pertinemment qu’elle n’y arriverait jamais. Et elle avait ses raisons de le croire.
- Faites-moi confiance, Shoun, ajouta-t-il simplement.
- C’est d’accord. Si j’y parvins un jour, vous serez le premier à le savoir. Mais je pense que vous avez le temps de faire beaucoup de choses avant que cela n’arrive !
- Oh, je n’en suis pas si sûr, vous savez.
Shoun tendit le cou pour passer sa tête au dessus de l’épaule de Perdénon, cherchant Yuna des yeux. Mais elle ne vit pas ses affaires, et son cheval n’était pas là non plus.
- Elle était en train de partir quand je me suis éveillé. Je n’ai pas eu le temps de la questionner. Elle ne tardera sans doute pas à revenir. Peut-être tenait-elle à voir le Soleil se lever avec un meilleur angle de vue, ou bien juste faire une petite balade matinale. Et puis, c’est à ce moment que vous avez commencé à vous agiter.
Cela n’inquiétait pas vraiment Shoun. Yuna aimait se retrouver seule de temps en temps. Par contre, quelque chose la titillait beaucoup plus. La question lui brûlait tellement la langue qu’elle ne put plus la garder pour elle seule.
- Perdénon ? se força-t-elle à dire, sachant qu’il n’aurait pas accepté le « Sir », et encore moins le « Monsieur ».
- Qu’y a-t-il, Miss ?
C’était trop beau pour durer. Enfin, ce n’était pas le plus important.
- Perdénon, je me demandais… Les rêves peuvent-ils avoir une influence sur la réalité ?
L’expert en oniromancie réfléchit quelques instants. Il s’était déjà posé la question lui-même, mais avait eu beaucoup de peine à formuler une réponse qui tienne la route.
- Les rêves, Miss, sont l’une des choses les plus complexes et les plus mystérieuses de ce monde. Les interpréter et les étudier est loin d’être une chose facile. La plupart des personnes n’admettent pas que l’imaginaire puisse se mélanger avec la réalité. Mais, personnellement, je pense que cette chose est possible.
- Vraiment ? Mais, comment l’expliquez-vous ?
- Ah, soupira le Conseiller, je ne saurai vous en donner la raison, je suis navré. Je ne l’affirme pas, je le pense. Mais, pour cela…
Il semblait peser les mots qu’il s’apprêtait à dire. Shoun attendait patiemment qu’il continue. Les rêves l’avaient toujours intrigués, elle les trouvait si étrange, mais en même temps si intéressants. Et si, comme le prétendait Perdénon, ils étaient liés à la réalité, alors…
- Pour cela, poursuivit Perdénon, il faudrait être doté d’un pouvoir magique inimaginable, dépassant bien des limites, et franchissant des frontières de la magie jusque là non explorées.
Shoun voulut ouvrir la bouche pour répondre, mais elle n’arrivait pas à trouver les mots. Ce n’était pas possible, il devait y avoir une autre raison.
- Vous pensez que c’est impossible, n’est-ce pas. Mais au fond de vous-même, vous savez que j’ai raison. C’est peut-être encore inconscient. Mais je suis sûr que vous êtes capable de pratiquer la magie, Miss. Absolument certain.
Il tentait de dénicher dans ce mystérieux regard violet un signe, prouvant qu’elle était consciente de ce don que la Nature lui avait fait. Mais non, son expression de stupeur ne disparaissait pas. Peut-être, après tout, qu’il s’emballait… Mais il avait la preuve, il y avait quelque chose en elle.
- Le jour où vous vous en rendrez compte, vous verrez que j’avais raison.
- Ca sera le même jour que celui au cours duquel je suis censée réussir à lancer un sortilège de magie blanche ?
Le Conseiller eut un petit sourire.
- C’est fort probable.
- Je tiens à vous dire que j’ai hâte de voir cela.
Puis, comme elle amorça un mouvement pour se redresser, il lui demanda.
- Mais, au fait, de quoi avez-vous rêvé, cette nuit, Miss ?
- Je…
Elle n’aimait pas raconter ses rêves. Les sensations qu’elle éprouvait au cours de son sommeil, les paysages qu’elle y découvrait, les dangers qu’elle rencontrait, elle ne savait comment les décrire.
- J’ai rêvé que je m’étais noyée. J’étais aspirée par le fond de l’océan. Et puis, je vous ai senti, mais je ne savais pas que c’était vous. Vous m’avez secoué dans l’eau, j’avais encore plus de mal à économiser de l’air !
- Je suis désolé, Miss, sincèrement. Je ne savais pas quoi faire, vous aviez de plus en plus de mal à respirer, j’ai paniqué, j’ai perdu mon sang-froid, je l’avoue… Je ne vous ai vraiment pas aidé ?
- Ah non, vous n’avez fait qu’empirer la situation !
Puis, après un silence, le Conseiller jugea, en voyant que Yuna ne réapparaissait pas, qu’il était temps de partir à sa recherche. Ils remballèrent donc rapidement leurs affaires, détachèrent les chevaux et partirent au trot vers l’immense plaine qui s’offrait toute à eux.
- Comment on va la retrouver ? C’est tellement grand ! On ne va quand même pas faire le tour de toute la Plaine Verdoyante, dites ?
- On finira bien par l’apercevoir, répondit-il simplement.
- Vous ne pourriez pas l’appeler ? Enfin, je veux dire, s’empressa-t-elle d’ajouter lorsqu’elle vit que Perdénon lui lançait un regard interrogateur, comme ce qu’elle avait fait au Zenitium, après l’attaque des mages noirs à Kaïsha.
- Non, Shoun. Ce n’est pas aussi simple que cela. Nous ne pouvons pas le faire juste parce que nous en avons envie. Cette capacité d’appeler, comme vous dites, quelqu’un d’autre à l’aide, quelqu’un dont on est proche, ne peut être exécutée qu’en cas d’urgence, ou de danger. On ne peut tout de même pas se servir de ce don à n’importe quel moment.
- Je vois. Et, vous pensez que si elle avait eu besoin d’aide, elle vous aurait prévenu ?
- Certainement. Oh, là, elle est là ! Regardez !
Shoun tourna la tête dans la direction que lui indiquait le Conseiller. Effectivement, elle se trouvait là, accroupie, près de la rivière, le regard perdue dans l’eau claire qui coulait sans cesse.
Comme son amie l’avait prévu, elle avait voulu s’isoler, pour se retrouver avec elle-même, et penser à elle, à son devoir, à son but final. Ceci l’effrayait énormément, mais elle ne voulait plus le montrer à personne, elle voulait rassurer le Peuple, rassurer le Zenitium.
La Mage blanche observait son reflet dans la rivière. C’était donc à elle de le faire, oui, elle l’avait accepté. Elle seule était capable de vaincre le Mal. Les habitants de Spira comptaient sur elle. Elle ne pouvait pas les décevoir.
Et elle observait son visage, comme si elle le découvrait pour la première fois. Un visage si innocent, si pur, était-il capable de tuer ? Tant de questions se bousculaient dans sa tête, tant d’inquiétudes la hantaient. Elle appréhendait ce moment, lorsqu’elle serait face à face avec Elle, et que le destin du Monde se retrouveraient entre leurs mains. L’issue de l’affrontement serait déterminante, et elle en avait conscience. Elle n'avait pas le droit à l'erreur, car elle ne bénéficierait pas d'une seconde chance.
Les bruits de pas de Shoun et Perdénon dans l’herbe couverte de rosée la firent retourner. Elle se força à sourire le plus naturellement possible.
- J’arrive, dit-elle simplement. Nous pouvons continuer. »
Puis, sans qu’aucune parole ne soit échangée entre les trois voyageurs, ils remontèrent sur leurs chevaux, en silence, et poursuivirent leur route vers le Nord.
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Chapitre 8 : Suite et Fin

Messagepar Shoun » Lun Mar 03, 2008 2:38 pm

Ce fut seulement après une matinée complète de marche, encadrée par un beau Soleil, même si la chaleur ne cheminait, et après s’être rapidement rassasiés, qu’ils arrivèrent à la lisière d’une immense forêt. Elle était plutôt effrayante, avec ces grands arbres sombres qui défiaient le ciel, et qui semblaient remuer légèrement, comme s’ils attendaient qu’une proie soit à leur merci pour l’emprisonner entre leurs branches.
Perdénon confirma cette idée, en expliquant qu’une vieille légende venant de lointaines contrées prétendait que les arbres de la Forêt de Licha étaient vivants ; et que, il arrivait fréquemment que des aventuriers y pénètrent et n’en ressortent jamais. Selon l’histoire, il se seraient fait dévorés par les arbres, ou enterrés vivants dans les entrailles de la Terre, peut-être dévorés par les nombreux insectes qui grouillaient sous nos pieds…
Totalement dégoûtée, Shoun espéra de tout son cœur qu’ils ne tomberaient pas sur ce genre d’arbres, ou que ce soit l’heure de leur sieste. Ils franchirent donc le seuil de la Forêt, Yuna en tête, Shoun la talonnant de près, Perdénon fermant la marche.
La fraîcheur ne tarda pas à se faire ressentir, et les arbres étaient si hauts et si touffus qu’aucun rayon de Soleil ne parvenait à se faufiler jusqu’à eux. La Forêt de Licha nageait, plongée dans une pénombre glaciale et animée en permanence par d’inquiétants craquements ou bruissements de feuilles, de branches, de brindilles… Que la légende s’avère exacte ou non, les rumeurs étaient fondées : la Forêt avait réellement l’air de vivre !
Shoun tenta de repousser les pensées effrayantes qui encombraient son esprit, décidée à ne pas se laisser dépasser par son imagination débordante. Ne pouvait-elle pas être la raison de ce rêve emmêlé avec la réalité, de ce qu’elle avait vécu au cours de la nuit ?
Rayon semblait nerveux, lui aussi. Il s’agitait et claquait violemment ses sabots au sol, marchant d’un rythme irrégulier.
« Du calme, Rey’. On ne va pas tarder à sortir, la Forêt n’est pas très grande. Perdénon ? l’appela-t-elle. Qu’est-ce qu’il y a après la Forêt de Licha ?
- La Lande Morte. Une région entièrement couverte de terre, fissurée par endroits, avec pour seule végétation quelques vieux troncs d’arbres, et quelques racines aussi. Ne vous attendez pas à voir une seule touffe d’herbe verte. Nous en apercevrons peut-être de la grise, si nous sommes chanceux.
- Rassurant. Et moi qui croyais que l’on traverserait de superbes paysages, riches en couleurs et en beauté.
- Pas sur ce chemin-ci. Enfin, pas au début du moins.
Yuna se retourna et ajouta.
- Il y a des Montagnes dans les Terres du Nord, et avant aussi. Si tu veux voir du beau pays, tu ne seras sans doute pas déçue quand on y arrivera. Mais il y a encore un bout de chemin à faire avant.
- Je ferai preuve de patience, répondit Shoun, en jetant un regard en coin à Perdénon. »
Ils s’apprêtaient à poursuivre leur conversation lorsqu’un étrange sifflement retentit. D’un même mouvement, les trois chevaux s’arrêtèrent. La Forêt était devenue silencieuse, plus aucun bruit ne venait troubler ce calme inquiétant. Shoun frissonnait en dressant un tableau imaginaire de la créature qui avait pu émettre ce son. Yuna, elle, portait son regard vers les arbres, comme si elle craignait une attaque aérienne, alors que Perdénon guettait les arbustes, dans l’hypothèse où un monstre y serait dissimulé, tapis dans l’ombre.
Une interminable attente débuta alors, où aucun des trois n’osait prononcer un mot, par peur de trahir leur présence. Ils ne possédaient aucun élément qui aurait pu leur indiquer où se trouvait la bête sifflante. Puis, à nouveau, le bruit se fit entendre, beaucoup plus proche cette fois, et d’autant plus semblable à un cri. C’était trop effrayant pour être un cri d’animal. Ce monstre devait être tout près d’eux, peut-être les avait-ils même déjà repérés ?
Puis, brusquement, une ombre immense surgit du sommet des arbres et fondit sur eux, tête la première, dans une attaque en piqué.

Yuna, qui s’était préparée à une éventuelle offensive, ne fut pas victime de l’effet de surprise et riposta. Elle n’eut aucun mal à repousser la créature, qui s’écrasa de plein fouet contre la barrière de protection qu’elle venait de dresser, avant d’être projeté contre l’arbre le plus proche.
Cependant, ce coup puissant avait juste un peu assommé le monstre, qui se releva sans trop de peine, se dressant sur ses pattes de toute la hauteur dont il était capable, seulement à quelques mètres d’eux.
Un Zug. Shoun avait déjà lu des choses sur cette créature, mais n’avait jamais su à quoi cela ressemblait. Et à vrai dire, à présent, elle regrettait de le savoir.
Le Zug ressemblait vaguement à un oiseau, avec d’immense ailes noires recouvertes de fins dessins rouges semblables à des éclairs. Il devait aisément atteindre les cinq mètres d’envergure. Une langue de serpent s’agitait nerveusement dans son bec, si gros qu’il aurait été capable de couper une tête d’un simple pincement. Et ses pattes, énormes, ressemblaient davantage à des racines, de part leur forme tordue et crochue, et se terminaient par de monstrueuses griffes aussi larges que des épées. Ses petit yeux rouges fixaient le trio, dans un regard qui regorgeait de haine et de soif de sang, de cette envie irrésistible de tuer.
Puis, tout à coup, rejetant sa tête dans un abominable cri, il reprit son envol et se mit à tourner autour de leur tête, tel un vautour. Il n’avait pas l’air patient, et ne tarda pas à se lancer à nouveau à toute vitesse sur Yuna. Il s’écrasa à nouveau contre la barrière protectrice, et, de rage, asséna un puissant coup de griffe sur le voile protecteur de la Mage Blanche, qui se déchira instantanément.
« Yuna ! lui cria Perdénon, resté en arrière avec Shoun. Ses griffes, évite-les !
En effet, les serres du monstre luisaient de façon surprenante.
- Il peut abattre tes sortilèges de défense avec ! Attaque-le !
Des griffes qui réduisaient à néant la défense adverse ? Cela pouvait bien être de la magie noire. Quelques rares monstres étaient capables de maîtriser cette facette obscure de la magie, et de l’utiliser à bon escient.
Yuna était descendu de son cheval. Elle ferma les yeux et tendit les bras devant elle. La Mage Blanche demeura parfaitement immobile, figée dans cette position, pendant plusieurs secondes.
- Mais qu’est-ce qu’elle fait ? pensa Shoun. Pourquoi s’entête-t-elle à utiliser ses sorts protecteurs ? Perdénon lui a bien dit que… »
Mais, alors que le Zug se ruait sur elle, ailes déployées, bec ouvert, une énorme sphère blanche apparut de nulle part et enveloppa la créature, la retenant ainsi prisonnière de cette matière inconnue.
Le monstre ne se débattait pas. Il était complètement ébloui par la lumière qui se dégageait de la boule qui l’emprisonnait, et se recroquevilla sur lui-même, en poussant des cris plaintifs. D’ailleurs, il semblait rapetisser, se tasser encore plus. Il était en train de fondre ! Sa peau déjà cuisante était dévorée par la chaleur qui régnait dans la sphère, sans qu’il ne puisse rien y faire. Peu à peu, la clarté l’engloutissait, pour finalement le faire disparaître entièrement. Pas une plume ne s’était échappée du piège de Yuna.
« Incroyable… pensa Shoun, éblouie. Cette puissance… Je ne savais pas que la magie blanche pouvait être aussi dangereuse ! »
Elle aurait voulu trouver une réponse auprès de Perdénon, mais ce dernier se contenta de lui sourire. Les deux mages blancs se remirent en selle, le plus naturellement du monde, comme si rien ne s’était passé, laissant la jeune alchimiste plongée dans ses pensées admiratives. Elle n’avait jamais douté de sa puissance, mais ne l’imaginait pas capable d’une attaque si dévastatrice ! Et, quelque chose, au fond d’elle-même, lui chuchotait que Yuna pouvait se montrer davantage surprenante. Pour la première fois de sa vie, elle songea sérieusement que son amie possédait toutes les capacités pour accomplir sa mission. Cette pensée la fit inconsciemment frissonner.
Le calme et la tension retombèrent, et aucun détail ne permettait de savoir qu’une bataille s’était déroulée ici même quelques secondes à peine auparavant. Shoun prit quelques instants avant de sortir de ces réflexions, remonta sur Rayon, et fit un signe de tête pour indiquer aux deux autres qu’elle était prête à reprendre la route, en espérant qu’aucun ne monstre ne pointerait son nez jusqu’à temps qu’ils soient sortis de la Forêt
– même si Yuna ne prendrait pas longtemps pour l’anéantir - .

Les chevaux, qui galopaient depuis un long moment, commençaient à fatiguer. Shoun flatta l’encolure de Rayon pour l’encourager à continuer.
- C’est plus long que je ne le pensais, avoua-t-elle.
- Je le reconnais, répondit Yuna. Nous n’avons peut-être pas pris le chemin le plus court, nous avons dû nous en écarter sans y prêter attention
- Tu es en train de dire que nous sommes perdus, c’est ça ?
- Je n’en suis pas si sûre.
Elle ralentit le mouvement, puis s’arrêta.
- Attendez… ordonna-t-elle.
Les deux autres ne bronchèrent pas. Ils attendirent patiemment que la Mage Blanche reprenne la parole.
- Suivez-moi, et vite ! Il y a quelque chose, tout près… Je ne sais pas ce que c’est. Dépêchez-vous !
Elle vira subitement sur la gauche, son cheval sauta par-dessus d’épaisses broussailles, et ils disparurent tous deux derrière. Perdénon incita Shoun à le suivre, puis il fit prendre à son destrier la même direction, s’engouffra à son tour dans le passage d’un noir opaque qui séparait la cime des arbres du buisson.
- Rey’, dépêche-toi, suis-les, on va les perdre ! »
Rayon se lança à toute allure et, dans un formidable bond, franchit les buissons et passa au travers du trou noir. Elle ferma les yeux, n’ayant jamais apprécié les sauts, et s’agrippa au cou du cheval. Mais il n’avait eu aucun mal à retomber sur ses pattes, et poursuivit sa course au galop.
Les yeux ouverts de nouveau, Shoun ne put retenir un cri de surprise lorsqu’elle découvrit le nouvel environnement dans lequel ils évoluaient. Les arbres, de part et d’autre de l’étroit chemin terreux, se courbaient tellement qu’ils formaient un tunnel au dessus de sa tête, se mêlant dans une masse si compacte qu’on ne pouvait les distinguer. Le manque de clarté rendait cette scène encore plus angoissante, et elle était persuadée que le plafond naturel s’approchait de plus en plus d’elle, comme s’il voulait l’écraser au sol.
Elle aperçut Yuna et Perdénon qui chevauchaient côte à côte, quelques mètres devant elle. Ils ne semblaient pas se rendre compte que, au dessus de leurs têtes, la Forêt s’éveillait. Soudain, dans un râle rauque, les feuillages se mirent à trembler violemment, libérant des lianes qui se balancèrent dans le vide, tentant d’agripper la jeune fille au passage, ou de fouetter les pattes de l’animal. Ce fut à ce moment même, quand tout prenait vie autour d’elle, que la jeune fille sut qu’elle était perdue. Un sentiment d’impuissance la submergea , elle prit conscience qu’elle ne pourrait rien contre une Forêt toute entière. Si les forces de la Nature se déchaînaient sur elle, elle n’avait aucune chance de s’en sortir.
Mais Perdénon venait de faire demi-tour et se plaça près de Shoun, l’incitant à accélérer.
- Dépêchez-vous, Miss ! Je reste derrière vous, foncez !
Malgré les arbres qui se rapprochaient d’eux à vue d’œil, et les lianes qui s’agitaient dangereusement, dans cet étroit tunnel de verdure et d’angoisse, elle trouva le courage de ne pas abandonner, et se coucha davantage sur le dos de Rayon, l’incitant à accélérer. Le cheval parvenait miraculeusement à éviter les nombreux pièges qui se dressaient devant lui, et bientôt, un petit point de lumière éclatante parut devant eux, devenant plus gros à chacun des pas de l’animal. Yuna venait de disparaître à l’intérieur, elle-même touchait presque au but. Mais, alors qu’il ne restait plus que quelques mètres à parcourir pour être enfin libérée de ce cauchemar, une épaisse branche tomba en plein milieu du chemin. Rayon la heurta des genoux, et fut projeté vers l’avant, tête la première, à travers le voile lumineux.
La monture et sa cavalière s’écrasèrent toutes deux au sol. Rayon, les pattes fléchies, se laissa lourdement tomber sur le flanc, tandis que Shoun fut éjectée à plusieurs mètres devant lui. Perdénon parvint de juste à éviter la branche et à ne pas retomber sur la jeune fille. Elle parvint à peine à voir le visage de Yuna se déformer lorsqu’elle s’effondra à terre. Elle n’eut pas le temps d’amorcer un seul geste pour tenter de se relever. Elle gisait au sol, à ses pieds, inconsciente.

Aucun bruit n’osait perturber le calme qui régnait en ce lieu. Seules les raies de lumières agréablement tièdes parcouraient silencieusement la pièce. Elles vinrent caresser les paupières de la jeune fille, qui s’éveilla à ce doux contact. Les yeux entrouverts, elle balaya la pièce du regard. Elle se trouvait dans une chambre simple, composée d’un bureau en bois, d’une petite chaise qui l’accompagnait, et d’un petit lit recouvert d’une couverture bleue.
C’est en tournant la tête de l’autre côté qu’elle aperçut Yuna, accoudée à la fenêtre, le regard perdu dans le paysage qu’elle contemplait. Shoun regarda à son tour à travers la lucarne et découvrit une petite clairière bordée d’arbres. En se redressant, elle reconnut même le voile lumineux dont elle était sortie auparavant, en bordure de la Forêt.
A en juger par la position du Soleil dans le Ciel, la journée devait déjà être bien avancée. Combien de temps était-elle restée inconsciente ? Une légère douleur réveilla ses membres engourdis, mais elle avait échappé au pire. Elle posa prudemment ses pieds au sol, et sentant qu’ils avaient l’air de supporter son poids, rejoignit son amie près de la fenêtre.
Celle-ci sursauta lorsqu’elle la vit arriver auprès d’elle.
« Je ne t’ai pas entendue te lever, avoua-t-elle. Tu vas mieux ?
- Beaucoup mieux, oui. Enfin, je n’ai pas vraiment eu le temps de souffrir tout à l’heure.
- Tout à l’heure ? Tu dors depuis hier !
- Depuis plus d’une journée, vraiment ?
- Oui ! Quand tu es tombée, hier, et que tu t’es évanouie, on t’a immédiatement amenée à l’auberge de ce petit village.
- Je ne savais pas qu’il y avait un village ici.
- A vrai dire, comme je l’avais énoncé hier, nous nous sommes détournés du chemin que nous suivions. Car sinon, nous serions arrivés directement dans la Lande. Mais au fond, c’est mieux ainsi. Nous avons pu reprendre des forces, et nous seront prêts à repartir dès demain matin.
- Et Rayon ? s’inquiéta Shoun. Il va bien ? Il n’a rien de cassé ?
- Non, rassure-toi, il va très bien. Il ne lui a fallu qu’une nuit de repos, et ce matin, il gambadait dans la clairière avec les deux autres.
- Tant mieux. Après une chute pareille, c’est presque miraculeux qu’il n’ait aucune séquelle.
- Et toi donc ! Tu es bien sûre que tu te sens bien ? Tu n’as pas mal ? lui demanda-t-elle en l’enlaçant
- Mais non, j’ai les membres qui tirent un peu, mais ça va, je me sens bien, ne t’en fais pas pour moi. On pourra repartir demain matin.
Yuna sourit timidement, puis, après s’être assurée que la jeune fille ne disait pas simplement cela pour lui faire plaisir, elle la lâcha et porta à nouveau son regard vers l’extérieur.
- Et Perdénon ? s’inquiéta Shoun. Comment va-t-il ?
- Il va très bien. Il a réussi à éviter la branche, mais il n’a rien pu faire quand tu es tombée. Là, il est à la boutique, il fait des réserves. Ca m’étonnerait que l’on trouve une quelconque habitation dans la zone désertique que nous allons traverser.
- Combien de temps ça va nous prendre, de traverser cette région ?
- Environ deux jours, si tout se passe bien.
A ce moment, le Conseiller entra dans la pièce avec un sac sur son épaule. En voyant que Shoun était réveillée, il laissa tomber son sac à terre et se précipita vers elle.
- Shoun, dit-il en la serrant à son tour dans ses bras. Je m’en veux tellement, j’aurais dû passer devant toi.
« Toi ? Il m’a tutoyé ? Je ne dois pas encore être bien réveillée. »
- Et toi qui disait que tu étais accompagnée d’un protecteur d’élite, avant de partir. Regarde où ça t’a amené ! Tu aurais pu te briser la nuque, ou pire…
Cette fois, elle n’avait pas rêvé. Perdénon la tutoyait bel et bien. Décidément, il était vraiment incroyable !
- Ce n’est pas vrai, rétorqua Shoun. Sans vous, je… comment j’aurais fait, la nuit où je n’arrivais pas à me réveiller ?
Yuna fronça les sourcils, mais Shoun ne tenait pas à entrer dans les détails.
- Rien de grave, expliqua-t-elle avant que le Conseiller ne prenne la parole. Juste un cauchemar.
Perdénon garda le silence. Il lâcha la jeune fille et se tourna à présent vers la Mage Blanche.
- Au fait, Yuna. C’est bon, j’ai tout acheté. Nos provisions dans le sac, et celles des chevaux, ici.
Il sortit une bourse en peau tannée de sa poche, pas plus grande que son poing. Shoun s’approcha avec curiosité du sac minuscule. Mais elle ne prononça aucun mot, elle se contenta simplement d’observer cet objet banal.
Yuna ne semblait pas surprise que la nourriture des chevaux puisse tenir dans quelque chose d’aussi petit. Mais Shoun n’avait pu retenir sa langue plus longtemps.
- Je m’excuse, mais la leçon de patience est reportée. Expliquez-moi, Perdénon, lui demande-t-elle simplement.
Le Conseiller lui sourit gentiment et plaça la bourse dans sa main.
- Mon Dieu, ce n’est vraiment pas lourd, s’étonna la jeune fille. Vous comptez leur faire manger de l’air ?
- Ouvre-le, lui conseilla Perdénon avec un rire discret, au lieu de t’imaginer des choses parfaitement invraisemblables.
- Parce que vous trouvez cela vraisemblable, vous ? lui demande-t-elle en agitant le sac sous son nez.
Elle libéra le contenu de la bourse sur son lit. Neuf petites sphères d’herbe, parfaitement rondes, tombèrent sans bruit. Les yeux de Shoun s’agrandirent lorsqu’elle découvrit ces petites boules de brins d’herbe tressés.
- Ils vont manger… ça ?
- Ce sont des herbes magiques, Miss. Une seule de ces petites boules, et te voilà repue pour une journée. J’en ai prévues quelques unes en plus. Après tout, on ne sait jamais ce qui peut nous arriver.
Magie ou pas, la jeune fille avait toujours du mal à croire que son cheval serait rassasié en avalant ceci.
- Si tu y tiens, je peux t’en acheter une pour ton dîner. Comme ça, tu en auras le cœur net.
Shoun leva les yeux au plafond en secouant la tête d’un air désespéré.

Elle passa la fin de l’après-midi sur le dos de Rayon, à le faire trotter tranquillement dans la clairière. De temps en temps, la jeune fille le poussait à accélérer pour vérifier qu’il ne flanchait pas lorsqu’il galopait. Mais ses appuis étaient solides, comme s’il n’avait pas chuté la veille, et il se déplaçait avec son éternelle élégance, avec des mouvements gracieux et puissants.
A présent rassurée, elle décida de faire le tour du village, pour voir un peu de vie et d’activité humaine avant de traverser la Lande. Elle s’arrêta un moment devant la boutique où Perdénon avait acheté ses herbes magiques, et repéra toute sorte d’aliments tout aussi particuliers que ces derniers. Après avoir été écoeurée par un drôle de haricot à la couleur fort peu attirante, elle retourna à l’unique auberge du village.
Fort heureusement, on le lui servit pas d’herbes magiques au repas. Elle ne traîna pas longtemps à table, la fatigue reprenait déjà le dessus sur elle. Dehors, il faisait déjà sombre. Le Soleil s’était couché depuis quelques temps, et la seule source de lumière provenait du voile lumineux qui séparait la clairière de la Forêt.
Epuisée, elle se laissa tomber sur son lit et s’abandonna au sommeil, pour aller retrouver le monde mystérieux et imprévisible des rêves, au fin fond d’elle-même.
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Messagepar becdanlo » Ven Mar 07, 2008 1:29 pm

Citation:
Ce bleu, d’une intensité et d’une profondeur comme l’on n’en trouvait nulle part ailleurs ; un bleu si limpide, si apaisant ; et cette couleur, qui n’était pas unie, non, elle était constituée de plusieurs teintes, si bien que l’on pouvait y voir la froidure du glacier, aussi bien que la beauté du ciel, le dynamisme comme la plénitude de l’eau, ou tout simplement un bleu unique et magique, le mystère et le rêve.


Vraiment un superbe passage!

Citation:
Les rêves, Miss, sont l’une des choses les plus complexes et les plus mystérieuses de ce monde. Les interpréter et les étudier est loin d’être une chose facile. La plupart des personnes n’admettent pas que l’imaginaire puisse se mélanger avec la réalité. Mais, personnellement, je pense que cette chose est possible.


Tout ce passage et la suite est vraiment intéressant et m’interpelle beaucoup. Moi, je parle plutôt de la frontière entre rêve et réalité… ici, tu parles d’un mélange…

Sinon, un voyage dans un paysage fantastique : un très beau chapitre !

Petites questions : combien de temps il te faut pour écrire un chapitre comme celui-ci ?

Tu le reprends plusieurs fois ou le premier jet est quasiment le bon ?


:wink:
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Messagepar Shoun » Ven Mar 07, 2008 2:07 pm

Généralement, mes premiers jets sont bons dans le sens où l'idée principale est là.
Sauf pour ce chapitre, j'ai changé complètement un passage (Yuna et Perdénon prenaient le tunnel d'arbres seuls, en laissant Shoun derrière, et ne se retournaient pas pour l'attendre. Mais c'était trop incohérent au final, donc j'ai changé.).
Mais je retravaille tout de même mes chapitres plusieurs fois, parce j'y laisse par mégarde quelques fautes d'orthographe, et les personnes des autres forums m'indiquent des formulations curieuses qui pourraient faire douter le lecteur.
Bref, je dois en quelque sorte mon texte à d'autres personnes que moi-même, qui m'aident beaucoup à le corriger !
Pour la durée, cela dépend. La rédaction d'un chapitre peut me prendre une seule journée (si je passe pas mal de temps dessus, et que l'inspiration est foisonnante :) ), ou plus d'une semaine, si j'ai pas mal de boulot et que l'envie me manque légèrement.

Pour ce qui est des rêves et de la réalité, dans mon oeuvre (j'ai déjà la grosse tête :D ), ils peuvent parfois se mélanger, mais cela, je l'aborderai plus en profondeur plus tard ;)

Et j'ai déjà reçu plusieurs fois des compliments pour la description des yeux de Perdénon. Merci !


J'espère avoir répondu à tes questions !

Et merci encore ! ;)
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