Les valeurs du temps, par ushisama

Le coin à Ushisama

Les valeurs du temps, par ushisama

Messagepar ushisama » Dim Déc 07, 2008 1:49 pm

Youp là, ça fait un ptit moment que jsuis pas venue. Mais maintenant que je suis en 1ère L, j’ai plein de truc à faire, de projets d’arts à rendre, je n’ai plus vraiment le temps pour écrire. Ca c’est un texte que j’ai écrit y a déjà quelques mois. Je pense qu’il reste des fautes, mais je n’étais pas sûre de la correction, donc voilou. Bisou à tous !
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-Je ne peux pas.

Le jeune homme se leva sans un regard pour la créature dans son lit. Il remit son pantalon et sa chemise froissée dans la plus grande indifférence pour les questions de cette femme qu’un autre qualifierait de désirable. Elle était grande, jeune, belle. Mince, des cheveux noirs et lisses coulant sur son dos, de grands yeux bleus qui vous fixent de toute leur pureté. Mais malgré toute cette classe dégagée, lui ne voyait en elle qu’une compagnie pratique lors de dîner d’affaires ou une alternative à la femme-payante et à la main vagabonde. Elle gâchait son temps, son intelligence et sa beauté auprès de cet homme égoïste et froid, lui disait-on. Mais elle préférait sourire et faire semblant, se mentir à elle-même quand au pourquoi de sa vie. Parce-que malgré cette indifférence, ce terne dans les jours qui passaient, elle avait un repère, elle n’était pas complètement seule. Elle vivait une solitude accompagnée. Rythmée par les galas de charité et les pulsions animales de celui qu’elle osait encore désigner d’amoureux.

Lui s’en va, la laissant avec sa frustration. Lui n’a pas bandé, alors il ne lui fera rien. Tant pis pour elle, elle n’aura qu’à utiliser un de ces gadgets que seul le vingt-et-unième siècle peut autoriser sans honte ni tabou.

Jamais homme de ne devrait renier femme, et jamais femme ne devrait dépendre d’homme. Mais si le Tout Puissant inventa Eve pour Adam, n’était-ce pour qu’ils s’entendent et ne se séparent ? À moins l’existence d’une question pratique, pour qu’Eve donne de jeunes adonis à son destiné et à son créateur pour assouvir leurs désirs primaires. Eve se retrouvait être alors le premier mac’, et non plus la première soumise, première pécheresse. Et si Caïn avait tué Abel parce que, plus frêle par son occupation de berger et non de laboureur, il lui était préféré ?

Il claqua la porte après avoir revêtit un manteau tout aussi classe, percevant à peine les gémissements honteux de sa compagne. Dans les escaliers, toujours les mêmes visages. Vieilles bourgeoises râlant après tout, immigré nettoyant sans relâche les marches, cadres supérieurs rentrant pour permettre à la nourrice de partir et de coucher leurs enfants. Lui, dandy des temps modernes, les frôlait à peine, leurs vies coulant sur ses plumes dorées.

Que la vie est ennuyeuse quand on est riche. Aller dans un bar où même un verre d’eau coûterait un mois de salaire à un petit employé de bureau, commander un cognac, sentir sa douche chaleur glisser dans sa gorge. Regarder de jeunes filles à papa ou d’entreprenants et culotés nouveaux riches s’amuser et claquer des milles et des cents dans du champagne. Ah, indolente jeunesse qui seule ose s’exhiber de la sorte.

Mais après tout, ça avait été sa vie aussi. Mais la trentaine approchante, on devient vite blasé. On a déjà tout eu, yacht, loft, conquêtes, voyages. Alors que peut-on faire à part boire seul et passer sa frustration sur les femmes, malmenant leurs corps fragiles encore et toujours, partir sans les regarder et recommencer, jour après jour.

Lui ne voulait pas finir comme ça, ennuyé de tout, vieillard rabougri et ronchon. Une idée mûrissait dans sa tête. Une idée malsaine, horrible venu d’il ne sait quel méandre de son esprit pourri d’homme du monde. Peut-être de sa tendre enfance, lorsqu’il était encore chez des pauvres, d’étranges bonhommes venaient et sortaient, tous pour son parents. Il entendait les gémissements de frustration de sa mère et les rires sauvages de son père et de ses amants. Puis, il avait été adopté par de très riches personnes, peut-être bien vendu. Et tout avait été effacé.

Maintenant que l’ennui était là, ces fantasmes glauques remontaient. Quand il croisait de jeunes éphèbes, il ne pouvait s’empêcher de les imaginer nus, riant d’un son léger tout en le caressant vicieusement. Il aimait tout contrôler, tout savoir, et puis manipuler les gens. Marionnettiste ou dieu, voilà les deux professions qu’il aurait pu exercer. Beaucoup de personnes le craignaient. Beaucoup d’autres l’admiraient. Il n’y avait jamais d’entre deux. Mais dans tous les cas, ils attiraient. Pas qu’il soit charismatique, mais il y avait quelque chose en lui, une sorte de beauté froide, fascinante. Joli petit pantin tombe dans le piège. A trop s’approcher du soleil, on s’en brûle les ailes.

Il finit d’un trait sa boisson dorée et pris une résolution, si l’on peut nommer cela ainsi. On ne vit qu’une fois, alors autant en profiter. Il se leva et sortit du bar, quittant les beaux quartiers pour s’enfoncer dans la noirceur des gourbis sales des pauvres. Seul là-bas il trouvera des gens disposés à faire ce qu’il voudra. Leur bassesse ne le fera que plus bander.

Dans les ruelles s’entassaient ivrognes, chiens errants, dealers et délinquants en tous genres, et enfin ce qui l’intéressait le plus, prostitués. Hommes, femmes, trans’, fillettes et garçonnets, il y en avait pour tous les goûts. Il s’approcha d’un garçon qui devrait avoir à peine plus de dix-huit ans et sortit son porte-monnaie, comme s’il avait besoin de lui pour montrer qu’il avait de l’argent plein les poches. De riches hommes comme lui, ce n’est pas ce qu’il manquait dans le coin, tous venant pour assouvir leurs fantasmes honteux avec des gueux. Le fantasme du S.D.F.

Il l’entraîna dans un hôtel sordide à deux rues de là, prenant une chambre miteuse. L’autre ne semblait pas apeuré pour un sous. Peut-être était-il dans le métier depuis tout petit, comme ces gosses qui attendaient dans le froid que quelqu’un vienne les prendre pour les culbuter et abimer leurs petits corps d’enfant.

Il se déshabilla sous le regard envieux et gourmand de son client, qui allait goûter pour la première fois à la chair d’un homme. D’ailleurs, quel goût ça a un corps d’homme ? Est-ce que c’est aussi fruité que celui d’une femme ? Et puis, comment on lui fait le sexe ? Faut-il y aller brusquement ou en douceur ? Doit-on passer par ces préliminaires si ennuyeux dont les femmes raffolent ?

Et puis tant pis, il ferait comme d’habitude, à la seule différence que là, il n’aura pas besoin de temps pour enfin arriver à la consécration ultime. Le lit aux draps jaunis grinça sous leur poids, puis gémis en même temps qu’eux, partageant ce moment de débauche et de plaisir intense.

Une cigarette fut allumée, puis une deuxième. Il le paya, puis lui promis beaucoup plus de billets s’il acceptait de venir le lendemain à une adresse précise.

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Dans la grande chambre de leur appartement, un couple attendait impatiemment. La femme attendait la raison de leur attente sur ce lit si connu, l’homme attendait un invité. Il la fit s’allonger et lui banda les yeux, avant d’aller ouvrir au petit souillon. Celui-ci sourit, il savait que ce soir il allait gagner gros. Ils entrèrent dans la chambre et s’amusèrent à exciter ce jouet féminin.

La caméra tournait, la femme fut menottée et son bandeau tomba. Elle était prise au piège. Elle ne voulait pas d’eux, elle ne voulait plus subir ces assauts bestiaux. Elle essaya de se défaire de leur emprise, mais ce fut impossible. Alors elle endura à nouveau, jouet entre les mains d’enfants trop joueurs, exhibée honteusement à la face du monde.

Elle ne pouvait que gémir et supplier, consciente du fait que cela ne les arrêtera pas. Son corps fut lapidé, son cœur piétiné et son âme labourée, mais cela ne leur fit rien. Ils continuèrent sans relâche, jusqu’à ce que le Maître congédia le prostitué, jusqu’à ce qu’il détache son jouet pour se reposer un peu.

Alors devenue hystérique, elle se rua dessus pour le condamner à l’enfer. Peut-être fus-ce avec un vase, peut-être avec une lampe en bronze cogné de toutes ses forces contre son crâne, ou bien elle l’étouffa dans un oreiller. Peut-être bien qu’un couteau de cuisine perça son torse de part en part. Quoiqu’il en soit, elle fut la responsable de son dernier souffle, et cela acheva de la faire sombrer dans la folie. C’était l’homme qu’elle aimait, et elle l’avait tué, comme il lui avait arraché le cœur et l’avait mangé.

Les yeux exorbités, un filet de sang coulant de ses lèvres encore entrouvertes, le dandy tira sa révérence.
Dehors, d’autres dandies font les beaux.
Mais bientôt, leur sang coulera aussi.
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Messagepar becdanlo » Lun Déc 08, 2008 10:12 pm

Pour les corrections, il y a sûrement des choses à faire... pour la ponctuation aussi.

commander un cognac, sentir sa douche (douce ?) chaleur glisser dans sa gorge



pour les corrections voir: TNN CIe
http://tnncie.aceboard.fr/
S'inscrire et demander l'accès aux ateliers.

Sinon, tu es toujours dans le même registre que tes textes précédents... à quand un roman ? Histoire de voir jusqu'où tu peux aller ?

Enfin, quand je dis: "jusqu'où tu peux aller" ce n'est pas pour nous... mais pour toi même bien sûr.

:wink:
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Messagepar ushisama » Ven Déc 12, 2008 5:16 pm

oula, en effet, j'ai peut-être posté la mauvaise version. Jvais essayer de rectifier cela.

Le livre, quand j'aurai l'idée, le temps et la motivation !
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