"A un mur près d'une autre galaxie" de remi valet

Les livres des amis, les coups de coeur

"A un mur près d'une autre galaxie" de remi valet

Messagepar djchitus » Ven Déc 14, 2007 8:24 pm

voici un extrait de mon receuil, publié aux éditions mille poètes

J’avalerais le monde entier, pour être sûr de t’avoir.

Je n’ai plus de place où écrire. J’attends que ma tête tombe et vienne rouler à mes pieds. Elle sera mieux entre les crocs d’un chien.

Le goût de ta bouche s’affadit un peu moins vite que celui de la bonne chère. La viande que tu me proposes me tient au corps. Tu es comme un cheval qui échappe aux bouchers, mais j’aime tellement te charcuter que je m’en mets plein les doigts. Ton insatisfaction est aussi infinie que ta tristesse, mais je ne peux pas m’occuper de tout. Fais-toi aider d’accessoires. Le corps est une chose importante. Tu peux juger utile de t’en dispenser. Mais j’ai besoin de me raccrocher à quelque chose.

J’avais envie de te dire les choses les plus simples. J’avais envie de trouver les mots les plus justes. J’avais envie de trouver un accès plus direct à ton cœur. Mais le ciel m’énerve à ne pas être au courant de ta beauté exceptionnelle. La vie ne te mérite pas. Je ne te mérite pas. Je suis violent, je suis brutal, je suis sale. J’espère me laver à l’ombre de ce que tu veux bien m’offrir. Je veux rester un enfant, ton enfant. Je suis en procès avec le monde. Je vomis de tout mon être, la chance que j’ai eue de moins souffrir qu’un loup battu, endurci par le froid brutal des injustices. Je n’ai pas ton courage, toi qui as su rester belle quand plus rien n’est rose, quand plus rien n’est doux. Je ne suis là que pour témoigner de l’extrême pureté de tes gestes, de tes mots. Toi qui vis dans la misère et qui pleurent parce que les hommes cherchent la force dans un monde sans noblesse, un monde qui ne fait pas d’efforts pour disparaître.
J’avais envie de te dire les choses les plus simples, j’avais envie de trouver les mots les plus justes, mais je n’ai pas su prendre suffisamment de hauteur. Je n’ai jamais eu d’ailes. Tu pourras toujours t’envoler, je resterai là à me lamenter la tête en bas. Tu danseras au milieu des anges pendant que je chercherai encore la pépite qui faisait briller l’or de tes yeux.

Je t’aurais voulu avec moi, mais y’a des choses que même le désir ne crée pas. Depuis, j’ai la voix un peu étranglée, la timidité jusque dans la ponctuation. Le désir de vivre est ce que je connais de plus incongru. C’est très déplacé, indécent, je trouve. Et puis, nos larmes se seraient-elles rencontrées sur les mêmes partitions, nos yeux auraient-ils été familiers des mêmes fantômes ?

Je suis né timide. C’est une grande chance pour le monde, car sans cela, j’aurais pu commettre de vastes crimes. Mais pas de ces crimes dont on puisse se dire que ce sont des crimes. Je parle de crimes à l’intérieur de la tête.

J’ai planté des fleurs, mais elles n’attendent que toi pour pousser. Si tu n’es plus de ce monde, ce monde n’a plus de raisons d’être. Aujourd’hui, le froid seul m’habille. Et je ne sais plus si l’amour me fait du bien ou du mal, tellement j’avance à grands pas vers la pauvreté. Laisse-moi regarder comme tu te portes bien, comme la maladie semble t’avoir épargnée. Dans une autre vie, on aurait pu aller la santé, tous les deux, on aurait joué le jeu des amants qui vont au bord de la mer pour s’aérer les cheveux. On n’aurait pas dû aller loin pour ça. Sans compter les efforts que j’ai fait pour toi, pour changer de corps et me trouver beau ; l’amour est un bon alibi pour ceux qui ont décidé d’assassiner leur vie. Les lettres de ton nom dessinent le voyage que je n’ai jamais entrepris, le pays que j’aurais aimé conquérir pour y naître et y mourir. J’aurais pu aimer m’y retrouver seul. Je t’y aurais cherchée jusque dans une eau qui serait restée aussi intacte que ma peau l’est de la tienne.

Je me regarde évoluer vers la beauté dans un sentiment de dégoût infini.

Tu n’es qu’une fille de plus en cicatrice sur mes bras. Moi qui t’aimais comme un débile qui roule à tombeau ouvert, comme un pauvre imbécile, même pas heureux. J’attaque au whisky, pour oublier cet amour qui me condamne à la douleur. Et pourtant, Dieu sait que je déteste l’alcool et la douleur. Pourquoi mon cœur est-il à ce point l’ennemi du repos et du sommeil ? Et qui pourrait me le dire, qui aurait pu échapper à ces manières de rafales qui emportent tout sur leur passage ? L’amour nuit gravement à la santé et je ne t’ai pas assez souvent frappée.

Ecrire, c’est ne jamais viser personne, c’est comme tirer dans la foule.

Elle jouait la malmenée qui veut qu’on la cogne pour la décoller des parois.

Ne préjuger de la puissance d’un amour qu’en termes de balistique.

J’ai appris à ne plus faire confiance à mes mots. Je sais qu’ils vont me laisser tomber. Les mots sont comme les filles, il faut les coucher, les évanouir, les empêcher de parler. Les mots, c’est comme les enfants, faudrait pas que ça grandisse, que ça devienne adulte. C’est foutu de dire le contraire de ce que ça pense.

Je t’engrosse vite fait, pour voir ce que ça donne. Je te jette dans l’eau du bain. Tu me laisses sur le bord de la route et viens reprendre ce que les animaux ont laissé. Je vais saccager ta bouche et pleurer dans tes ruines. Tu fais voler ta robe en éclats et pars te disséminer dans chaque pièce de la maison, pour finir ensevelie sous de vieux vestons, dans un recoin inaccessible du grenier. On est à mi-chemin entre l’amour et l’envie de tout lâcher, à tenter de rester dignes, quand tes parents viendront m’engueuler pour me jeter du haut de ma chaise.

Le dimanche, les bancs sont pris d’assaut par les familles. Moi, je trimballe mon célibat et mes divorces, pendant qu’un infirme tente d’attraper ce qu’il peut de cet été qui ne se donne qu’aux meilleurs. Les enfants chantent le marabout comme si c’était la dernière fois, comme si le monde n’allait pas pouvoir supporter tant de chaleur d’un seul coup. Je regarde la canicule droit dans les yeux, je monte des escaliers qui ne mènent à rien d’autre que deux amoureux qui bronchent évidemment de me voir arriver. Et puis, il y a cette blonde à l’arrêt de bus, avec une jambe en enfer, qui me fait un signe de la main. J’aurais voulu lui demander l’heure. J’aurais voulu lui prendre la main et la poser sur mon cœur. Mais je ne lui ai rien dit, j’ai juste regarder passer sa main, tandis que les transports publics me ramenaient chez moi.

Il voudrait bien savoir ce qui se passe dans la tête de quelqu’un quand il se met à perdre la tête.

Il faut absolument que la fin de ce livre soit la mort de quelque chose.

Prends un crayon et refais-moi la tête à ton image. N’oublie pas qu’on est tous les ratures de Dieu, qu’il s’en faut de peu pour qu’on accède au sublime. Alors ne lésine pas sur l’amour pour colmater les brèches. En amour, on ne prévoit jamais assez de ciment.

Sans corps, c’est moins difficile d’exister, c’est une partie de plaisir. La vie s’arrête au seuil de la porte, cet obstacle que tu n’as pas voulu franchir, par peur, sans doute, des conséquences qu’il y avait à ne pas changer de trottoir, quand on sait que mes voisins se sont enfuis dès qu’ils ont vu à quoi je ressemblais. Ils avaient pris l’habitude d’un peu trop s’immiscer entre moi et la nuit. Maintenant que la place est nette, j’ai tout loisir d’écouter la musique des sanglots de ma chambre. J’apparais dans le miroir à l’heure la plus froide de la nuit, ça suffit pour m’effaroucher. Je suis un fantôme qui ne plaît qu’aux filles étranges.

Je ne réponds plus de mes actes, j’ai le cœur barbouillé par un gamin qui fait des grumeaux avec la peinture. Il étale ça comme si c’était du beurre. Si je pouvais t’aimer assez fort pour que ça t’empêche de mourir. Si je pouvais au moins servir à ça. Je suis comme un arbre enfoncé dans la terre, j’arrive plus à retirer mes yeux.

J’ai dit à Dieu que j’avais trouvé son orage très amusant. Beaucoup de lumière entre les deux yeux.

Les miroirs pourraient exploser. S’accroupir, se couper les genoux à vouloir se les rendre moins infidèles.
Baisser le rideau du ciel jusqu’en bas pour que Dieu ait sa culotte sur les chaussures et pouvoir lui renverser du liquide sur le corps.

Le verre qui nous a empoisonné n’a toujours pas été nettoyé. Il attend d’en saouler d’autres. Ici, les gens s’attendent à ce que je crache le morceau. Ils n’arrêtent pas de me regarder. À l’autopsie, ils verront rien. J’aurai tout emporté.

Je t’aimais trop, à m’en désosser les yeux.

Si l’on pouvait éviter de se passer sur le corps. À quoi bon réveiller nos corps mourants, si c’est juste histoire de s’accompagner d’une chaleur en plus ?

L’amour est un contrat à durée déterminée.

Etablir le compte-rendu minutieux de mes ivresses. Écrire au goulot. Les nouvelles de mon front, depuis que j’ai déclaré la guerre à mon cerveau. À l’intérieur, la bataille fait rage et le sang s’écoule en encre. Lire, c’est regarder quelqu’un mourir. C’est de la non-assistance à personne en danger. Mais la victime est consentante, et c’est pas les instruments de torture qui manquent.

Je travaille dur à te préférer à Dieu.
A chaque émotion, trouver un équivalent musical. Ne plus réagir qu’en musique.

J’étais aussi près de toi que si j’avais brûlé dans le même incendie.

Plus rien à mettre à jour. En enlevant ta culotte, tu as tout dévoilé.
L’amour, c’est un ange qui jette une pierre, c’est un dieu qui cherche à s’évader.

Un corps sur un autre corps, et c’est le charnier qui commence.

Un vent à vous décoller l’amour du cœur.

Les bibliothèques sont les casiers judiciaires de l’âme.

Comment venir à bout de cette journée ? Comment lui faire dire ce qu’elle n’a pas dit ? Je suis si loin en moi, je n’ai plus d’âge, mon esprit n’a plus où habiter. Les crevasses sont trop étroites. Mon esprit et le monde font chambre à part. Mon esprit ne rentre que tard le soir, quand les enfants sont couchés. Mon esprit court les rues, dort dans les champs, n’a plus de moyens pour vivre. Il ne veut plus rien entendre, il vit la belle vie, il habite dans le feu que personne ne peut toucher. Il se consume à lui-même, met le feu à l’univers et se tue ensuite. Cette âme qui apparaît petit à petit, au fur et à mesure que les dents s’élargissent, c’est le soleil qui en perd un peu plus chaque année et qui se tâche d’en finir avant de laisser Dieu filer vers sa conclusion logique.

L’amour, c’est l’impossibilité de tout écarter complètement, d’ouvrir un corps plus large que le ciel. C’est jeter un petit caillou par dépit de ne pouvoir blesser Dieu à la tête.

Mon désespoir n’a rien d’original. Il n’est même pas pourvu de cette forme d’héroïsme-là. Mon profil ne correspond à aucune des vertus proposées. Ma tristesse n’est qu’un aveu d’échec face au monde. Ce n’est pas une victoire contre l’idéalisme. C’est une honte. Le rire, c’est une façon disgracieuse de manifester notre présence. Si le travail fournit un but à l’existence, alors je réclame le titre de chômeur le plus convaincu du monde. J’attends que Dieu m’embauche à cette vaste entreprise qu’est la vie. Mais je ne promets aucun résultat. Les mots sont des pièces de puzzle qui m’arrivent de je ne sais où et je n’ai pas le cœur à jouer. Ils m’aident à édifier cette œuvre que je ne construirai jamais, cette maison qui s’effondre à mesure que j’échafaude. Avoir mal à la tête m’aide à me souvenir que j’en ai une.

Est-ce que tu m’écoutes encore, lorsque je ne dis plus rien ? Ta beauté m’épuise, me fatigue. Devant toi, je suis comme un rêve, j’ai l’impression que d’un instant à l’autre, je vais m’évanouir, que tu vas m’oublier. Ton attention va de nouveau s’éteindre, tes sentiments vont se rendormir. T’aimer m’apprend à mourir.

M’as-tu entendu crier dans la nuit, m’as-tu vu dans une publicité vantant les mérites de l’amour ?

La vie, ça n’est jamais que du sang qui se souvient.

Tu n’imagines pas le mal que tu peux me faire. L’amour est un camp d’extermination. Je vais y laisser ma peau. Tu deviens ce que j’ai de plus cher au monde. Je renonce à t’aimer, j’en ai plein les pattes.

Quand on est seul, on ne peut s’en prendre qu’à soi-même. On voudrait vivre dans un désert, pour être sûr que nos crimes restent impunis et n’avoir plus personne à énerver. Avoir sur ses épaules, le destin d’un monde et refuser d’en créer un autre. Jouir de voir tout finir avec soi. Avoir l’insigne privilège d’être le dernier à éteindre la lumière.

Il faut laisser le feu s’étendre et rester de bois.

A trop pleurer mon enfance, j’en oublie de te regarder, de rester chaud, les pieds aux tisons de ton cœur. Ce sera surprenant, moi dans toi enfoncé, à te serrer aussi fort que le peuvent supporter nos côtes, tant que l’amour tient le coup, tant que la ballon du ciel évite de crever. Je veux t’aimer jusqu'à m’en ulcérer le corps entier. T’aimer jusqu’au bout, quitte à ne plus connaître désormais que la survie du déchiré.

La tentation du gai, comme une façon de mentir à son corps.

Le noir est le pays de ceux qui n’ont pas peur de tomber. Puisque la lumière a tout détruit. Le jour, il n’y a plus rien à débusquer, tout est à la portée du corps. La nuit, le rêve se cache, la musique ne vient plus de nulle part. On peut pleurer des larmes que les autres ne verront pas.

L’amour est aveugle, mais le cœur de cette femme était sourd.

Sa beauté n’avait plus de sens, le plaisir la faisait loucher.

Perclus de timidité.

Réfléchir, c’est donner des ordres à son cerveau.

Je veux l’amour, et la maladie qui va avec.

Elle se laisse tomber, pour pouvoir tout éparpiller d’elle.

Dans un rêve, je t’ai vue plus belle que tu n’es et j’ai eu envie de te rejoindre dans ce plein air où mon amour respirait. J’avais perdu le désir de te posséder. Nos sentiments avaient enfin droit à la parole. Nos conflits intérieurs étaient enfin réglés. Tu étais comme un tableau de maître qui se fout de la gueule de l’art. Tu étais comme un chat qui se fout bien de savoir qu’on le regarde. Tu étais comme une fille qui se fout bien de savoir qu’on l’aime. Rebelle à l’emprise de mes mains, tu préférais la compagnie du vent. Toi qui connaissais le langage qui fait sourire les animaux, tu rirais bien de me voir ainsi écrire une poésie sur le vent. Tu sais bien que l’amour est bien au-dessus de tout ça, que j’ai toujours été à côté de tout, incapable de courir à ton rythme. Toi qui te battais comme un gosse et moi qui pleure comme une fille. Me souvenir de tout ce que j’ai fait aujourd’hui à la lueur d’une faible bougie, pour que l’obscurité teinte d’une façon particulière mes pauvres sentiments. Se souvenir du drame que fut aujourd’hui. Ne pas supporter l’échec plus longtemps. Demain, il faudra l’éblouir, lui mettre des projecteurs, des néons, des explosions d’étoiles sous la dent. Je n’ai que faire de ses détours d’une rue à l’autre, de ses embuscades dans les magasins de cotillons, un fantôme à ses trousses. Je la veux chez moi, à mon domicile. Je veux qu’elle y vienne de son plein gré. Je lui confisquerai ses chaussures, trouverai des stratégies pour qu’elle ait toujours des raisons de revenir. Je lui ferai des enfants, des chiens, des chats, des livres, même, avec des jardins dedans pour qu’elle puisse s’endormir sans avoir peur d’être réveillée par les fleurs. Puisqu’il leur faut tout ça, puisque nous tout seul, ça suffit pas.

A force de tourner en rond, les planètes m’évanouissent pour me traîner dans la boue et me voler mes papiers. Mais je n’ai pas le droit de me plaindre, on ne reproche pas à un orchestre de jouer trop fort.

L’amour m’est interdit plus formellement que le meurtre.

Tu te souviens de cet été où j’allais vomir dans les fossés ma sentimentalité d’immature, tout le vin que j’avais dans la tête, parce que penser à toi me faisait trop mal ? Je revenais un peu mieux habillé, les larmes mouchées, le serment fait d’une soif étanchée de tous ces débordements que tu m’as refusés, ces tentatives de toucher ce qui n’est même pas sacré et que tu conserves égoïstement, sous ta jupe. Si la chose te dégoûtait, tu aurais pu simplement fermer les yeux et penser à autre chose. Je ne t’aurais pas réveillée, trop occupé à t’aimer dans mon coin, comme un autiste qui se branle, comme un cœur qui ne se sent plus pisser. Il ne tenait qu’à toi de venir me déverrouiller, en m’apportant des fleurs, ou en décidant de venir tout dévaster chez moi. L’amour, c’est une affaire de forcené, c’est un compte à régler avec le temps qu’il nous reste, une poussière qui vaut mieux que l’univers, le seul fascisme à défendre, qui ramène les choses à leur juste valeur.

J’essaie de voir ce que ta mue pourrait donner.

Mon cœur habite à la perpendiculaire d’un couteau. Donnez-lui un stylo, il vous parlera de ça mieux que moi, mes doigts n’ont vraiment rien d’honnêtes. C’est pas la vérité qui leur écorche la gueule.

Tu m’énerves à ne pas vouloir tromper ton mari pour venir dégénérer avec moi.

Le soleil me fait froid dans le dos.

Pour t’aimer, il faut avoir la santé. Tu attends que je tombe essoufflé, la tête la première, tandis que je renifle à tenter de tenir la distance. Tu me laisses mourir en paix, tu ne fais pas un geste pour m’empêcher de m’ouvrir le cœur, purement et simplement. Laisse-moi étouffer d’amour. Laisse-moi entrer tout nu chez toi. Laisse-moi te dormir dessus. Laisse-moi attraper la crève à vouloir vivre trop près de toi. Laisse-moi écrire à bout de forces, à bout de moi. Laisse-moi battre l’amour sur son propre terrain.

Quelle civière dessert cet arrêt ?

J’arrive chancelant jusqu'à la porte de chez moi, il n’y a plus personne pour m’ouvrir ou me dire de partir. J’attends que la nuit me refroidisse, que mon enfance soit effacée. Je m’occasionne de formidables blessures qui me laissent interdit devant tant de violence. Il ne me vient pas à l’idée de préparer l’enterrement. J’attends que la pluie disperse les morceaux de corps qui traînent ça et là, puis je retourne me coucher avec, dans les yeux, les lueurs du spectacle récent. À chaque fois que l’occasion se présente, je recommence, je me tue autant de fois qu’il est possible. Ce loisir occupe le plus clair de mon temps. Mais ça se passe à l’autre bout du monde, à un mur près d’une autre galaxie.
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Messagepar becdanlo » Sam Déc 15, 2007 5:40 am

Bienvenue djchitus,

J'ai lu ton long extrait, qui ne manque pas d'énergie, de violence et de désespoir. L'amour fou, lorsqu'il n'est pas partagé, donne des pages sublimes ou des cuites du petit matin (rire). Je t'avouerai que je suis partagé entre la fascination et le rejet. J'aime bien, ce qui pourrait une ode à celle que l'on aime, mais je suis aussi parfois choqué par la violence de certaines images comme:

"Les mots sont comme les filles, il faut les coucher, les évanouir, les empêcher de parler"

Ce qui ressemble fort à un viol... poétique? Mais je sais que l'amour est aussi violence quand la passion "s'emmèle"...
Je ne peux te donner que mon sentiment... il est probable que je suis peut-étre resté trop en retrait tant les premières images sont dures, crues...

Sinon, l'écriture me plaît... j'y sens parfois le rythme d' une "danse sauvage" (sourire)

à relire, sans doute, d'une manière plus apaisée.
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Messagepar Ishtar » Sam Déc 15, 2007 11:45 am

Il n'y a pas à dire djchitus, vous êtes une personne ardente et passionnée.
Vos écrits ont une force et une violence incroyables et par moment, je peux y lire aussi beaucoup de tendresse et de chaleur humaine.

Il me semble que tout le monde se croit à l'abri de la passion et puis soudain cela nous tombe dessus, sans crier "gare".
Ce qui est fou, c'est que généralement tout nous oppose. L'un aspire à l'Absolu et l'autre aux instants et aux désirs éphémères.
A la lecture de tes écrits djchitus, je constate qu'une chose : "l'Amour apporte l'intranquilité de l'âme"

Sachez une chose, un chagrin d'amour à cela de bon; il permet de remplir des pages et des pages où l'on peut deviner, les tremblements, le silence, la colère, l'angoisse, la tristesse, l'attente d'une parole, d'un geste, les crampes à l'estomac, la nausée au bord des lèvres... une vie qui se détruit...
Vos écrits sont incroyablement enfiévrés.... j'aimerai lire la suite
Dernière édition par Ishtar le Sam Déc 15, 2007 2:02 pm, édité 1 fois.
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Messagepar djchitus » Sam Déc 15, 2007 12:24 pm

merci pour vos réponses becdanlo et ishtar. je suis très heureux que vous ayez accepté de lire mes textes sans a priori ni arbitraire.
le coté provocateur et agressif de ces textes est évident mais n'a pas d'autre but que d'interpeller, de réveiller. pour moi l'amour n'est pas un long chemin tranquille. la violence de mes images n'est que la traduction de la douleur que l'amour malheureux crée en chacun de nous.
je ne suis absolument pas quelqu'un de violent ou de sadique ! les passages violents de mes textes ne sont vraiment que des métaphores, et le viol est pour moi l'une des choses les plus abominables au monde, au sens réel ou symbolique.
mais pour moi, l'amour est toujours plus ou moins la recherche d'une violence, d'une agression. la douleur vient pour moi de la distance qu'il peut y avoir entre la pureté de nos sentiments et la violence, la crudité, la cruauté, l'insatiable appétit de la chair et du désir.
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une suite

Messagepar djchitus » Sam Déc 15, 2007 12:27 pm

J’enfonce mes doigts dans une certaine idée que je me fais de tes cheveux.

N’être heureux que par esprit de contradiction et goût pervers du paradoxe.

Impossible de s’imaginer à quel point la vie s’amuse à vouloir tabasser mes rêves.

Je ne réponds plus de mes actes, j’ai le c?ur barbouillé par un gamin qui fait des grumeaux avec la peinture. Il étale ça comme si c’était du beurre. Si je pouvais t’aimer assez fort pour que ça t’empêche de mourir. Si je pouvais au moins servir à ça. Je suis comme un arbre enfoncé dans la terre, j’arrive plus à retirer mes yeux.

J’ai dit à Dieu que j’avais trouvé son orage très amusant. Beaucoup de lumière entre les deux yeux.

Les miroirs pourraient exploser. S’accroupir, se couper les genoux à vouloir se les rendre moins infidèles.
Baisser le rideau du ciel jusqu’en bas pour que Dieu ait sa culotte sur les chaussures et pouvoir lui renverser du liquide sur le corps.

Le verre qui nous a empoisonné n’a toujours pas été nettoyé. Il attend d’en saouler d’autres. Ici, les gens s’attendent à ce que je crache le morceau. Ils n’arrêtent pas de me regarder. タ l’autopsie, ils verront rien. J’aurai tout emporté.

Je t’aimais trop, à m’en désosser les yeux.

Si l’on pouvait éviter de se passer sur le corps. タ quoi bon réveiller nos corps mourants, si c’est juste histoire de s’accompagner d’une chaleur en plus ?

Ecrire devrait figurer en première place parmi les motifs justifiant l’internement.

Remplir une feuille d’écriture jusqu'à ce qu’elle vomisse tous ses mots.

L’amour est un contrat à durée déterminée.

Etablir le compte-rendu minutieux de mes ivresses. ノcrire au goulot. Les nouvelles de mon front, depuis que j’ai déclaré la guerre à mon cerveau. タ l’intérieur, la bataille fait rage et le sang s’écoule en encre. Lire, c’est regarder quelqu’un mourir. C’est de la non-assistance à personne en danger. Mais la victime est consentante, et c’est pas les instruments de torture qui manquent.

Je travaille dur à te préférer à Dieu.
A chaque émotion, trouver un équivalent musical. Ne plus réagir qu’en musique.

J’étais aussi près de toi que si j’avais brûlé dans le même incendie.

Plus rien à mettre à jour. En enlevant ta culotte, tu as tout dévoilé.
L’amour, c’est un ange qui jette une pierre, c’est un dieu qui cherche à s’évader.

Ecrire, pour oublier le sang que la blessure fait couler, pour ranger quelque part ton beau sourire.

Un corps sur un autre corps, et c’est le charnier qui commence.
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Messagepar djchitus » Sam Déc 15, 2007 12:29 pm

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Messagepar djchitus » Sam Déc 15, 2007 12:29 pm

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je sais que je n'ai pas trop le droit de faire de pub, mais bon, quand je sais le peu que je gagne avec les ventes de ce bouquin, je me dis que je ne suis pas encore un grand capitaliste de ma littérature !
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Messagepar Ishtar » Sam Déc 15, 2007 2:21 pm

djchitus à écrit :
Citation:
pour moi l'amour n'est pas un long chemin tranquille. la violence de mes images n'est que la traduction de la douleur que l'amour malheureux crée en chacun de nous

Il n'y a pas d'Amour heureux et je pense que c'est probablement de notre faute Rémi...
C'est peut-être parce que nous attendons de l'Amour un absolu que l'autre ne peut nous procurer...
C'est peut-être parce que nous attendons de l'autre, de combler nos famines affectives, de consoler nos insuffisances humaines.
Ne croyez-vous pas ?

J'aime bien le résumé de votre 4ème de couverture...
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Messagepar aminelicia » Sam Déc 15, 2007 7:57 pm

Quoi qu'en dise, ce court texte résume à lui seul beaucoup de choses.
Il est profondément humain et rempli d'amour. Il est aussi plein de vibrations "sonores" pour celui qui sait les écouter. A le lire, on se sent comme propulsé dans un monde de souffrance et aussi d'espérance. Les mots et les phrases explosent et donnent naissance à un véritable feu d'artifice de sensations et de désir de "crever" l'écran. Je dirai que j'ai été très sensible à tant d'émotions exprimées, dans un florilège d'illusions, d'angoisses, de douleurs révélées et réveillées, de l'absurdité de la condition humaine. C'est comme une conscience endormie qui constate l'impossibilité à vivre dans un monde trop renfermé sur lui-même.
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Messagepar djchitus » Dim Déc 16, 2007 2:22 pm

très bien vu aminelecia ! ton regard est très précis et percutant. ton regard sur mes textes me plait beaucoup. jen n'aurais pas dit mieux. et pour te le prouver, voici un autre extrait, un texte en miroir, qui rejoint la fin de ton commentaire ("un monde refermé sur lui-même"). comme quoi, tu es très clairvoyant !

Le problème, c’est qu’on n’arrive jamais à perdre complètement la tête. Les systèmes défensifs de la raison sont beaucoup plus solides que ceux du rêve ou du délire. On s’imagine qu’en vivant toujours en état de grande acuité émotionnelle, les portes d’un monde moins réel vont s’ouvrir. Mais quelque chose, dont le retour routinier nous effraie, l’emporte toujours en ridiculisant fatalement nos excès. On choisit un support, on le qualifie "d’artistique", et on le charge de nous aider à continuer la lutte. Ce travail peut nous amener à perdre beaucoup de temps, d’argent et de sérieux ; des choses utiles à notre existence concrète, mais qu’on imagine moins utile sur un autre plan de considération. On abandonne peu à peu les critères de réussite ou d’échec, en s’imaginant qu’on navigue en permanence sur le fleuve de notre vérité intime, qui dispense de se juger en fonction de ces catégories, comme celles du beau et du laid, de l’intelligent et du bête, de l’essentiel et du dérisoire, etc. On se souvient du temps passé à ne rien faire, consciemment, ou à satisfaire cette envie maniaque de ressentir, de chercher ou de s’émouvoir. On se souvient du sentiment que l’on éprouvait alors d’accomplir un acte profondément antisocial, libre et indépendant. On se souvient de la bibliothèque comme de la première brèche ouverte à notre soif de subversion. On se souvient des inévitables retours à la normale, de ces concessions faites à contrec?ur aux réalités les moins facultatives. On évite alors de se relire, on cherche le prochain mot en négligeant de se soucier du précédent, on s’en tient au suivi d’une ligne hypothétique qui guiderait notre stylo. On n’évite pas forcément de penser, mais on essaie autant que faire se peut d’empêcher l’émergence d’une réflexion trop rigoureuse. On tient à ce que notre écriture conserve l’image de la construction progressive anarchique des pensées sans qu’elle n’en subisse toutefois le despotisme aveugle et inconséquent. Se réserver le droit d’interrompre un raisonnement en cours ou de briser le rythme d’une phrase si un brusque sentiment de fatigue m’intime l’ordre de passer à autre chose, comme le sommeil doit naturellement succéder à l’état de veille. Comme si le retour quotidien des jours symbolisait notre incapacité fonctionnelle à imposer un ordre différent des choses, et notre condamnation à vivre toujours plus ou moins enchaîné et prisonnier. Comme si le retour quotidien des jours symbolisait notre incapacité fonctionnelle à imposer un ordre différent des choses, et notre condamnation à vivre toujours plus ou moins enchaîné et prisonnier. Se réserver le droit d’interrompre un raisonnement en cours ou de briser le rythme d’une phrase si un brusque sentiment de fatigue m’intime l’ordre de passer à autre chose, comme le sommeil doit naturellement succéder à l’état de veille. On tient à ce que notre écriture conserve l’image de la construction progressive anarchique des pensées sans qu’elle n’en subisse toutefois le despotisme aveugle et inconséquent. On n’évite pas forcément de penser, mais on essaie autant que faire se peut d’empêcher l’émergence d’une réflexion trop rigoureuse. On évite alors de se relire, on cherche le prochain mot en négligeant de se soucier du précédent, on s’en tient au suivi d’une ligne hypothétique qui guiderait notre stylo. On se souvient des inévitables retours à la normale, de ces concessions faites à contrec?ur aux réalités les moins facultatives. On se souvient de la bibliothèque comme de la première brèche ouverte à notre soif de subversion. On se souvient du sentiment que l’on éprouvait alors d’accomplir un acte profondément antisocial, libre et indépendant. On se souvient du temps passé à ne rien faire, consciemment, ou à satisfaire cette envie maniaque de ressentir, de chercher ou de s’émouvoir. On abandonne peu à peu les critères de réussite ou d’échec, en s’imaginant qu’on navigue en permanence sur le fleuve de notre vérité intime, qui dispense de se juger en fonction de ces catégories, comme celles du beau et du laid, de l’intelligent et du bête, de l’essentiel et du dérisoire, etc. Ce travail peut nous amener à perdre beaucoup de temps, d’argent et de sérieux ; des choses utiles à notre existence concrète, mais qu’on imagine moins utile sur un autre plan de considération. On choisit un support, on le qualifie "d’artistique", et on le charge de nous aider à continuer la lutte. Mais quelque chose, dont le retour routinier nous effraie, l’emporte toujours en ridiculisant fatalement nos excès. On s’imagine qu’en vivant toujours en état de grande acuité émotionnelle, les portes d’un monde moins réel vont s’ouvrir. Les systèmes défensifs de la raison sont beaucoup plus solides que ceux du rêve ou du délire. Le problème, c’est qu’on n’arrive jamais à perdre complètement la tête.
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Messagepar Romane » Dim Déc 16, 2007 3:22 pm

"un monde refermé sur lui-même"

Je crois que j'ai envie de te lire.
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Messagepar Ishtar » Dim Déc 16, 2007 9:10 pm

djchitus à écrit :
Citation:
On évite alors de se relire, on cherche le prochain mot en négligeant de se soucier du précédent, on s’en tient au suivi d’une ligne hypothétique qui guiderait notre stylo. On n’évite pas forcément de penser, mais on essaie autant que faire se peut d’empêcher l’émergence d’une réflexion trop rigoureuse. On tient à ce que notre écriture conserve l’image de la construction progressive anarchique des pensées sans qu’elle n’en subisse toutefois le despotisme aveugle et inconséquent

Il me semblait qu'une personne en phase de rigidité mentale s'en remettait à des formes de pensées préétablies et qu'elle était contre toute activité créatrice.
Il me semblait qu'une personne ayant un esprit rigide et une pensée étroite était incapable de toute créativité.

djchitus à écrit :
Citation:
Le problème, c’est qu’on n’arrive jamais à perdre complètement la tête.

Que faites-vous de l'autodestruction ?
De la procrastination au suicide ?
En principe, nous avons en nous un fondamental instinct de survie et pourtant il y a certaines personnes qui se comportent de façon totalement opposée à cet instinct. Elles se font du tort.
Freud n'avait-il pas dit que l'être humain possédait un mécanisme inné qui le pousse vers la destruction, le mal et la mort ?
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Messagepar djchitus » Dim Déc 16, 2007 11:00 pm

votre message m'a un peu surpris. je ne suis pas sur d'avoir tout compris ! mais c'est bien, j'aime observer l'interprétation que les gens font de mes textes. ce texte n'a aucune prétention psy ou psychanal. c'est juste un petit exercice de style sur le thème de l'enfermement. sur els prisons mentales auxquels nous sommes forcément confrontés, sur la création, la difficulté de la création. sur la recherche difficile de l'illumination et de la création.
c'est surtout un texte sur l'impossibilité du reve dans notre monde réel. "perdre la tete", pour moi, ce n'est pas dans un sens négatif, c'est oublier la réalité, à travers l'art, l'amour, l'absolu, je ne sais quoi. mais la raison, les normes nous entravent dans cette quete. je ne sais pas si c bien ou pas. mais au fur et à mesure que j'écrivais ce texte, l'idée m'est venu que je pouvais aussi bien l'écrire à l'envers, puisque je n'utilisais pas de termes de laisons (donc, par conséquent, enfin, alors, etc. ) j'ai donc construit ce texte comme un cheminement logique absurde, vers le néant, la forme (texte en miroir, qui se mord la queue) illustrant le fond, (l'obsession de l'enfermement, l'impossible évasion hors du réel et du corps). c'est tout.
merci de m'avoir lu en tout cas
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Messagepar Ishtar » Jeu Déc 20, 2007 10:24 am

djchitus à écrit :
Citation:
"perdre la tete", pour moi, ce n'est pas dans un sens négatif, c'est oublier la réalité, à travers l'art, l'amour, l'absolu

Cela me fait songer à un ami peintre qui prétend être hypnotisé par sa toile, que c'est dans un étant de transe qu'il peint et qu'il est toujours étonné du résultat.
Il prétend que lorsqu'il peint, il est animé par l'ire sacrée des créateurs.
Je suppose que dans l'écriture, cela doit être la même chose.
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Messagepar aminelicia » Jeu Déc 20, 2007 2:40 pm

Mais Ishtar, parfois c'est l'écriture qui nous choisit, à un moment crucial de notre vie où nous avons absolument besoin d'extérioriser nos idées, nos théories, nos pratiques, notre vision du monde, notre description d'un paysage ou nos sentiments. Il peut parfois s'agir de la citation d'exploits, de l'histoire tout court où l'écrivain a surtout besoin de consulter une documentation nombreuse, des faits précis, de décrire des événements intervenus réellement.
Mais il est vrai que le travail de romancier est autre chose. Il est nécessaire pour lui de posséder une inspiration profonde, un génie propre, un don inné de l'écriture romanesque, une recherche choisie des mots et des phrases. Et une puissance particulière dans l'art d'inventer des histoires. C'est ce que vous appelez "l'état de transe" de l'esprit. Qui est propre aux vrais savants. Comme quoi, en littérature comme en science, il existe pas mal de ressemblances, avec bien entendu, un domaine différent pour chacun.
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