Diego Ortiz

Les nouveaux, n'hésitez pas à vous présenter !

Messagepar Ishtar » Mer Jan 09, 2008 10:00 am

Diego Ortiz a écrit :
Citation:
Je viens de décider de sonner le glas de mon blogue. Il y a quelques raisons précises à cela, dont je serais enchanté de débattre dans l'Huître, ces prochains temps. Cette fin était programmée, mais pour un peu plus tard. Bon, je voulais l'annoncer ici avant même de couper le robinet du blogue, que je laisserai si possible comme prévu survivre, afin d'accueillir encore quelques commentaires, pendant deux semaines. ll aura alors atteint l'âge respectable de trois mois, le 21 janvier.

Vous avez endossé le dur rôle de Cassandre pour tirer la sonnette d'alarme, pour écrire ce que vous avez vu.
Vous ne vous exposez pas "au ridicule" parce que vous dévoilez une conviction intime surtout lorsque celle-ci s'appuie sur votre sensibilité propre.
Vous ne vous condamnez pas à rester perpétuellement prisonnier d'un carcan de préjugés.
Vous avez osé commencer par écrire votre dégoût en constatant le chaos social du monde dans lequel nous vivons.
Vous n'êtes pas un homme à tirer les volets, ni à refuser de voir ce qui se passe hors de chez vous.
Vous ne vous recroquevillez pas dans votre carapace car vous avez pris conscience que la survie des populations du Tiers-Monde ou des migrants passe par des solutions à l'échelle planétaire et où la fraternité doit devenir une valeur nécessaire.
Très peu de personnes s'ouvrent à une conscience mondiale. Vous, vous l'avez fait Diego alors pourquoi arrêtez-vous d'écrire dans votre blog ?
Ce matin, j'ai du mal à en comprendre la raison....
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Messagepar Diego Ortiz » Mer Jan 09, 2008 10:29 am

Je file je n'aurai pas le temps d'entrer dans le détail avant le week-end voire lundi. Cela ne s'arrête pas mais se poursuit sur une autre forme, bien entendu, dont je vous entretiendrai ici. Et d'ailleurs la fermeture n'annonce-t-elle pas une réouverture au printemps ? Entre-temps je travaille pour le printemps, sans renoncer à rien.

Amicalement et à dès que possible

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Messagepar becdanlo » Mer Jan 09, 2008 2:51 pm

Diego Ortiz a écrit:

Citation:
Quant aux bonnes feuilles, aux liens, à l'enracinement ici, aux perles, tout cela reste.


La perle est sans valeur dans sa propre coquille.
[Proverbe indien]

à bientôt Diego!

:wink:
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L'Appel de la Forêt

Messagepar Diego Ortiz » Lun Jan 14, 2008 4:34 am

L'avez-vous remarqué ? Les changements, dans nos existences, interviennent souvent par séries, suivant la fameuse loi des dominos. Je ne vais pas ici me livrer à un journal intime, non, car je n'ai jamais été capable de le faire sérieusement, et me suis toujours diverti à écrire, bien avant que cela ne devienne la mode, des sortes de fictions exploratoires. Mais j'ai promis de donner quelques explications claires à propos de l'arrêt de mon blogue des Chiens de Choglamsar. Je le ferai en autoethnographe, bien entendu.

Je suis en ce moment très en colère, et la colère est la Bérézina de la pensée, je le sais bien. Cela ne manque jamais. Koutouzov vous laisse le champ libre, vous donnez dans le panneau, et vous finissez par devoir tenter de réchauffer vos mains gelées dans le ventre ouvert de vos propres chevaux, toute retraite coupée. L'inclination que j'ai pour le discours métaphorique provient de ma répugnance pour les cris, les hurlements.

L'horreur est pourtant toute simple. Mon éducation feutrée ne m'autorise pas facilement à lancer des assauts sanglants contre les troupes du cynisme, de la cupidité, de la lâcheté, pas davantage littéralement que littérairement. Je me trouve trop timoré. J'admire ceux qui vont sans ciller jusqu'au bout de leurs idées. Je réprouve la violence physique, a fortiori l'assassinat comme moyen de parvenir à ses fins. Néanmoins, comme vous le constatez, les fantasmes n'en manquent pas. L'horreur qui s'incarne sous nos yeux, et dont je donnais quelques nouvelles dans mon blogue, est constante, révoltante, et de surcroit le produit des inclinations les plus basses de notre nature humaine. Je ne crois pas que nous naissions naturellement bons, et comme Max Ernst, j'imagine sans difficulté que la Vierge Marie a dû administrer au Petit Jésus des fessées innombrables afin qu'il se forge une idée du chemin à suivre pour accomplir ce qui était attendu de lui.

Dans ce drame, pour qu'il fonctionne, il fallait à la fois Ponce-Pilate, Judas, la colère des Juifs. Chaque acteur devait jouer son rôle au millimètre pour que la Chrétienté se fonde sur un Messie. Je suis en train d'apprendre qu'il existe aussi, maintenant, des Juifs Messianiques, et vais tenter de m'informer à leur sujet. Parce que dès lors que Jésus aurait dû, selon certaines versions, supplier Judas de le trahir, et que d'un autre côté le Vatican-longtemps-disant peuple déicide était appelé à demander sa tête à l'insu de son propre gré, ce qui permit à nos ancêtres de sortir du duel avec Yahvé, il faut déduire que les grands Desseins sont impénétrables.

J'exagère avec mes digressions. Vous n'aurez pas la patience d'aller jusqu'au bout. Je vais avoir du mal à rendre compte de ce qui me fait dérailler. Mais j'ose tenter tout de même l'explication ici, dans cet espace, sommé que j'en suis par certaines d'interventions de la part de plusieurs d'entre vous : Ishtar, Gramophone, mais aussi Philipum arraché à ses gluons, et encore plus récemment Mahaut, dont j'ai été enchanté d'entendre tailler sa plume pour se joindre à nos conversations.

Voilà. Je ne me contemple pas souvent dans les miroirs, et sous des dehors parfois maladroits, m'adonne volontiers à des enthousiasmes et des optimismes qui finissent par confiner à la naïveté. Etant grand, myope, cool, ne savant que faire de mes jambes, j'ai hérité de mon père une sorte de civilité de fond. Je le trouvais faible, parfois, de ne pas sortir de sa réserve. J'étais adolescent et l'âge m'a rendu comme lui, la voix en moins - il en avait une profonde mais la mienne ne porte guère. Et pourtant, il ne s'agit pas de résignation.

Je reviens à mes moutons. Je croyais que la société civile, dans notre pays fromager, montagnard et horloger, allait rapidement prendre des dispositions pour barrer la route aux cauchemars construits en pleine lumière, et avec la connivence du petit peuple comme de celui qui le regarde de haut, par notre parti néofasciste. Mais non. Il semble bien que la seule chose essentielle soit que la machine continue à ronronner. Oui, je vous assure que j'y croyais.

La routine a étendu sur tout son grand manteau blanc, stratus en plaine, neige éclatante en montagne. Bon, Paris ne s'est pas faite en un jour. Mais, intrigué par le silence qui persiste, de la part des autorités et de nos médias, à entourer les conditions d'application d'une loi terriblement discriminatoire en matière d'asile et d'étrangers, il y a tout juste dix jours, et en profitant des jours de congé de la fin de l'année, j'ai écouté la Toile, la radio, et mon propre instinct.

Je m'adresse ici à des amis. Nous ne nous connaissons que par nos échanges épistolaires, à quelques exceptions près. Il y a déjà un tendre stock d'ouvrages écrits, tout prêts à être téléchargés. Pas des masses. L'Huître perlière vient tout juste de démarrer. Il ne s'agit pas d'un parti politique et la francophonie, l'amour de notre langue commune, ainsi que de la littérature, nous y réunit. L'Algérie est présente. L'Amérique. Le Liban. La Polynésie. L'Olympe. Un coin de nuage. Dois-je citer nommément la Colombie ? Non, ce n'est pas nécessaire. On ne peut la manquer.

Quelle descriptions donneriez-vous, au XXIème siècle, d'un "honnête homme" ? L'expression est devenue la victime de son succès, sursaturée de significations parfois contradictoires : on sent qu'à tout moment elle risque de précipiter au fond du bocal, comme un vulgaire sel sur une étagère encombrée d'autres fioles brunes, à perte de vue. Mais dans tout laboratoire de chimie il y a ce qu'on appelle la paillasse, ce lieu protégé et ventilé dans lequel on effectue les réactions chimiques qui font pschitt ou qui font boum, et encore d'une façon prévisible dans des conditions normales de température et de pression, comme on dit. Cela n'empêche pas que quelquefois rien ne se passe, ou qu'une explosion raye de la carte du monde le laboratoire et tous ses occupants de l'instant.

Non seulement j'ai décidé de lâcher les Chiens, mais aussi, devant l'indifférence générale de mon entourage professionnel et associatif en ce moment explosif de notre parcours national, ce moment de tous les dangers, et surtout devant la volonté active de presque tous de garder le silence et l'invisibilité comme règles en attendant la suite, de cesser de participer à l'hypocrisie générale et de démissionner, c'est maintenant de plus en plus probable, de l'association à vocation humanitaire dans laquelle je travaille depuis huit ans.

Vous connaissez sans doute autant que moi de la vie et de la mort des groupes. La France, si je me souviens, serait le pays qui possèderait la plus forte concentration d'associations dans le monde entier. Notre garagiste, parvenu à la retraite après avoir survécu à deux ou trois cancers, s'est par exemple immédiatement investi dans les Restos du Coeur, tout en votant, d'ailleurs, pour le Président actuel. Il a le feu sacré - le garagiste - et on voit que rien ni personne ne l'arrêteront dans sa volonté de travailler jusqu'au dernier souffle contre l'intolérable.

L'intolérable n'est pas la mort, ni même la maladie, mais toutes ces catastrophes au ralenti qui proviennent de l'Homme et sapent et le moral et le physique de l'Homme.

Au sein de nos troupeaux le meilleur voisine le pire, et il est bien souvent difficile de s'y retrouver. Je ne sais pas vous, mais quand les repères jouent les filles de l'air, que c'est dans l'air du temps et se traduit dans notre quotidien tangible, avant même de devoir affronter la première vague des souffrances inutiles, et en général construites par l'Homme - de l'ajustement structurel jusqu'à l'abattage des veaux malades - je tente diverses opérations de recentrage et de décentrage, tel un photographe en mal de satisfaction visuelle.

Tout à l'heure je regardais ma petite filleule, d'un peu plus de cinq ans, et sa soeur jumelle. "Et quand je serai grande, toi tu seras vieux", affirmait-elle de l'air de celle qui teste une hypothèse. Je ne l'ai pas détrompée, et comme prévu elle s'est un peu renfrognée : c'est le métier d'homme qui rentre, n'est-ce pas ? J'aurai cent-cinq ans quand elle aura mon âge. Faut-il douter et mettre cela au conditionnel ?

Je me présente à vous comme déprimé ? Mais oui, un peu, ce soir, comme il arrive à chacun. Le blues. Et en rentrant, dans la voiture, une chanson très belle, de Morisette Alanis, dont je n'ai pas compris un traître mot, mais cela ne fait rien, le plaisir était intact. A l'arrivée à la maison, l'aboiement du chien qui n'est destiné qu'à moi. Cela fait bien deux ou six semaines que cela mijotait, mais soudain, alors même que j'ouvrais la porte de la Citroën, je sus que ma décision était prise : il fallait à nouveau se mettre en route, s'ouvrir, à l'écoute de la moindre brise.

C'est un peu indirect, certains diront abscons, mais c'est au fond la réponse suffisante aux questions qu'Ishtar avait posées au moment où j'annonçais ici la fin de mon petit blogue de trois mois. J'avais été un militant sans aucune base. Je croyais que les esprits se dégourdiraient, dans mon canton, et que ma voix grêle ne serait qu'une fleur sur la tapisserie, un de ces motifs minuscules dans les tapis de Perses qu'on ne découvre jamais que par hasard, mais dont la présence contribue à l'équilibre de l'ensemble. Il n'en a rien été. Ceux que je voyais comme mes plus proches compagnons de lutte, bien entendu, sont pareils à eux-mêmes, et ils ne se résigneront jamais, tout comme moi, à demeurer les témoins muets des massacres concrets ou symboliques qu'on nous promet. Ce sont des amis. Nous sommes libres de parole et nous disputons souvent, mais parvenons toujours à garder une certaine ligne.

Il va donc y avoir du flottement avant la prochaine période de remise en ordre. Je risque de disposer de temps libre - provisoirement - bien plus vite que prévu, lorsque je partirai. C'est drôle, mais j'ai même commencé une démarche pour exercer mon métier auprès des Maoris de Nouvelle-Zélande. Le truc m'est passé devant les yeux tout à fait par hasard, mais j'ai pris contact, et après quelques phrases très encourageantes, on me conseille d'envoyer assez vite mon curriculum en anglais. Cela pourrait me permettre de financer une formation en thérapie narrative tout en gagnant ma vie. Mais est-ce bien raisonnable ?

Cette question a suscité en moi le désir de faire la proposition à l'Huître d'ouvrir un nouveau forum en ligne, avec précisément ce titre : "Est-ce bien raisonnable ?" Qu'en pensez-vous ? Le fil à respecter serait de s'en tenir à soi, et non de commenter, mettons, quoique l'exemple soit mauvais et puisse indisposer certains membres honorables de cette assemblée, les choix maritaux de tel président, de telle chanteuse. Non, tout le contraire : de nous offrir à titre collectif un témoignage. Je vis ceci et cela, dont je viens de parler, et la crise n'a rien de littéraire en apparence, mais dans les faits elle l'est, profondément. A chacun des changements qui émaillent notre vie, presque toujours subis dans un premier temps, mais dont nous reprenons ensuite la paternité et l'autorat, c'est chaque cellule de notre corps qui se met vibrer au diapason d'un climat, et aussi d'un courant de pensée.

Voilà. Toujours trop long. Veut toujours faire trop de choses à la fois. Mais la proposition est celle-ci : tournons ensemble autour de la question du changement radical, sous le titre "L'Appel de la Forêt". Pourquoi un titre aussi métaphorique ? Parce que dans sa polysémie, il n'impose rien d'autre que le cœur du sujet. Parce qu'il peut déboucher sur n'importe quelle aventure, la fin du roman n'étant pas écrite encore. Que vous en semble-t-il ? Intéressés ? Je proposerais une œuvre écrite à douze mains, ou vingt-quatre, dont chaque pièce serait insérée au bon vouloir du contributeur, sans autre vouloir que respecter le thème. Oui ? Non ? Allez, cela n'engage à rien de commencer, en tout cas.
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Messagepar becdanlo » Lun Jan 14, 2008 10:42 am

Citation:
Je me présente à vous comme déprimé ? Mais oui, un peu, ce soir, comme il arrive à chacun. Le blues.


Bienvenue au club, Diego, becdanlo fait aussi part de son blues dans la rubrique « Brouillon » :lol: :D :lol:

Citation:
C'est drôle, mais j'ai même commencé une démarche pour exercer mon métier auprès des Maoris de Nouvelle-Zélande.


Exercer votre métier auprès des Maoris... ca veut dire faire de l'ethno thérapie auprès d'eux?

Mais comment est-ce possible d'exercer ce métier, face à une culture aussi différente? Je comprends que vous-vous occupiez des immigrés dans une culture occidentale... que vous connaissez... mais comment exercer dans une culture totalement différente de la vôtre?


Citation:
Cela pourrait me permettre de financer une formation en thérapie narrative tout en gagnant ma vie.


On peut en savoir un peu plus sur la thérapie narrative?
Est-ce que ça consite uniquement à s'exprimer... ou bien ça sous-entend qu'il y a un travail d'analyste ensuite.
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Messagepar Ishtar » Lun Jan 14, 2008 11:04 am

becdanlo a écrit :
Citation:
Exercer votre métier auprès des Maoris... ca veut dire faire de l'ethno thérapie auprès d'eux?
Mais comment est-ce possible d'exercer ce métier, face à une culture aussi différente? Je comprends que vous-vous occupiez des immigrés dans une culture occidentale... que vous connaissez... mais comment exercer dans une culture totalement différente qui n'est pas la vôtre?

C'est là mon problème avec les ethnopsychiatres qui travaillent pour la Coopération.
Comment peuvent-ils aller sur le terrain avec leur fameuse grille psychanalytique pour interpréter un mode de vie exotique, en sachant qu'ils ne tiennent pour ainsi dire par compte des pouvoirs des guérisseurs traditionnels ainsi que de leurs vertus des rites thérapeutiques ?
Comment peuvent-ils interpréter le caractère "normal" des crises de possession, lorsqu'ils ont tendance à voir dans les possédés des cas de psychopathologies ?
Je sais parfaitement bien Diego que vous m'avez conseillé de choisir d'autres ethnopsychiatres, qui eux acceptent l'idée qu'un possédé peut-être un être antisocial mais qu'il est socialement approuvé par les autres...

Vous parlez de changement d'existence.
Par moment, cela s'avère nécessaire afin de pouvoir aller de l'avant et ce, malgré le déchirement de devoir quitter ses proches, ses amis, son pays, etc,...
Je ne peux que vous dire Diego : "Bon Vent et tenez bien ferme la barre :wink:
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Messagepar Ishtar » Lun Jan 14, 2008 12:16 pm

Diego Ortiz a écrit :
Citation:
J'avais été un militant sans aucune base. Je croyais que les esprits se dégourdiraient, dans mon canton, et que ma voix grêle ne serait qu'une fleur sur la tapisserie, un de ces motifs minuscules dans les tapis de Perses qu'on ne découvre jamais que par hasard, mais dont la présence contribue à l'équilibre de l'ensemble. Il n'en a rien été. Ceux que je voyais comme mes plus proches compagnons de lutte, bien entendu, sont pareils à eux-mêmes, et ils ne se résigneront jamais, tout comme moi, à demeurer les témoins muets des massacres concrets ou symboliques qu'on nous promet. Ce sont des amis. Nous sommes libres de parole et nous disputons souvent, mais parvenons toujours à garder une certaine ligne.

Je reste persuadée Diego, que vos compagnons de lutte (comme vous les appelez) adhèrent à vos idées mais peut-être n'osent-ils pas les émettre aussi ouvertement que vous.
Je reste optimiste qu'en à l'avenir de notre monde. Actuellement, je constate que les personnes deviennent de plus en plus perceptibles et attentifs à l'évolution du monde, à ces subtils changements... tout simplement parce que des personnes comme vous Diego, comme Monsieur Gram, Yugcib/Guy, etc,... osent braver les interdits et crient leur rage devant les inégalités du monde.
J'estime que les errements, les impasses, le désert mental et moral sont parfois nécessaires afin de se remettre sur pied et continuer de l'avant.
C'est dans les moments de désoeuvrement que l'on sent descendre les énergies qui remettent en selle.
L'essentiel, c'est de comprendre qu'il suffit d'un acte de volonté pour sortir de l'ornière et que les années de tâtonnements sont nécessaires pour se rendre compte que plus on avance, plus les vérités apparaissent.
Ne baissez pas les bras Diego... vous ne commettiez pas d'erreur, en criant votre colère sur votre blog... Cette colère est salvatrice pour vous, pour nous tous...
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Messagepar becdanlo » Mar Jan 15, 2008 3:43 pm

C'est bien embêtant mais il faut bien le dire: notre ami Diego n'arrive plus à se connecter sur le forum! :cry:

Espérons qu'il pourra bientôt nous donner de ses nouvelles par un moyen ou un autre.

:wink:
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Ortiz, le retour

Messagepar Diego Ortiz » Mar Jan 15, 2008 4:22 pm

Quelqu'un vient de trouver le moyen de déchiffonner la toile, et j'ai le plaisir de me retrouver parmi vous. Merci becdanlo, et autres, pour le coup de fer. Je n'ai pas le temps de bavarder mais m'en vais de ce pas aiguiser mon crayon.
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Messagepar Philipum » Mar Jan 15, 2008 4:28 pm

Génial, voilà Diego ! Nous voilà bien soulagés :D
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Messagepar Diego Ortiz » Mar Jan 15, 2008 9:03 pm

Mais ne vous croyez pas quittes pour autant, débatteurs conchyloïdes : pendant que le serveur si mal nommé m'imposait le bâillon, j'ai trépigné devant vos échanges, où se mêlaient avec une fureur de Bacchantes des idées que je passe ma vie à patiemment trier. Tel l'indiscret dans la tragédie, je crus à plusieurs reprises qu'elles allaient soudain me débusquer et se retourner contre moi, me poursuivre jusqu'au sommet du seul sapin qui agrémente ce paysage, et me faire subir le triste sort que vous devinez.

Merci, tout d'abord, pour vos encouragements. Ma détermination est cervantesque, ou plutôt quichottique. Je n'ai jamais prétendu, ici ou ailleurs, qu'il fallait analyser les moulins. Pas du tout. L'approche narrative c'est juste le contraire de l'analyse : c'est tout synthèse, pourrait-on même dire. Je me range du côté de la perle et non du vinaigre, quand j'évoque l'idée d'un voyage chez les Maoris : c'est pour qu'ils m'apprennent, eux, et leurs étudiants néo-zélandais, comment on se retisse une existence. Et il ne s'agit pas de la mienne, d'existence, mais de celle de femmes et d'hommes dont les aléas fondamentaux l'ont détricotée. Jules César en passe de se noyer dans le Rubicond, si vous voyez le tableau.

J'ai rencontré l'an dernier, grâce à un ami qui le connaît depuis des décennies, un ethnojésuite. Il s'appelle Eric de Rosny et il a écrit "Les Yeux de ma Chèvre", puis "La Nuit les Yeux Ouverts", l'histoire de son initiation et de sa pratique de guérisseur africain. Terre Humaine, et en français je vous prie. Voilà comment on va au devant des Maoris. J'avais aussi eu la chance de rencontrer par chez vous deux gnomes sympathiques, autrefois, nommés Schuiten et Peeters - et zut pour l'orthographe, vous savez très bien qui ils sont, Ishtar. Ils se fichaient complètement des ethnopsychiatres, eux, mais ils m'avaient raconté que lorsqu'on se faisait traiter d'architecte, à Bruxelles, il y avait de quoi se sentir offensé.

Ceci dit, j'ai adoré vous lire par la fenêtre, tandis qu'à l'intérieur les accessoiristes faisaient de leur mieux pour réparer les escaliers dont l'effondrement m'empêchait de vous rejoindre. Savez-vous que vous ne manquez pas de vivacité ? Vraiment pas des architectes, vous. J'ignore au fond ce qui fait insulte dans le mot qui désigne leur métier, mais plus je vais plus ils me lassent, les architectes - sauf ceux que je connais et qui sont mes amis, bien entendu.
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Messagepar Christian Domec » Mar Jan 15, 2008 9:51 pm

Bonsoir,
Diego Ortiz a écrit:
La Nuit les Yeux Ouverts

Le bouc est l'émissaire et la chèvre est sacrifiée pour que les yeux de l'homme s'ouvrent.
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Messagepar Ishtar » Mar Jan 15, 2008 10:54 pm

Diego Ortiz a écrit :
Citation:
J'ai rencontré l'an dernier, grâce à un ami qui le connaît depuis des décennies, un ethnojésuite. Il s'appelle Eric de Rosny et il a écrit "Les Yeux de ma Chèvre", puis "La Nuit les Yeux Ouverts", l'histoire de son initiation et de sa pratique de guérisseur africain

J'ai fait la connaissance en novembre dernier, d'un spécialiste en art tribal. Cette personne m'a permit de découvrir tout un univers de pensées et d'aspirations profondément humaines à travers l'art primitif africain. J'ai rarement vu un européen aller aussi loin dans la connaissance de la vie intime africaine à travers "le Bumi". Tout dans son langage trahit et révèle la marque profonde qu'à laissé sur lui sa conversion en terre africaine. C'est vraiment étonnant et même terriblement captivant à l'écouter parler.
Moi, qui suis amoureuse de cette Afrique, je croyais sincèrement avoir senti palpiter la vie authentique en ayant passé ma jeunesse là-bas et en ayant travaillé en brousse loin de tout. Aujourd'hui, je m'aperçois que j'étais loin de m'être adaptée et de m'être mise à l'unisson de l'africain. Je suppose que je n'avais pas fait l'effort de compréhension et de pénétration nécessaire à cela. Je suis loin d'être une "Banzi" (sourire)
Bref, je me suis largement inspirée des connaissances de cette personne pour la partie des rituels intiatiques de mon prochain ouvrage "Mundélé".
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Messagepar Diego Ortiz » Mar Jan 15, 2008 11:19 pm

Je n'ai pas prétendu que c'était facile. Et en plus il faut garder les yeux ouverts. L'intéressé a raconté que cela faisait un mal de chien et qu'il a failli devenir aveugle. Votre commentaire sans épilogue pose la question dite du "contre-transfert culturel". Il y a des pratiques et des valeurs, chez les autres, qu'on ne kiffe pas, et grave. Le sang. L'excision. La lapidation. Le patriarcat radical. Le matriarcat. La polyandrie. L'oeil cru du cheval offert à l'invité de marque. Ou non seulement le sang coagulé, mais les intestins du canard. Nos escargots de Bourgogne. Nos cuisses de grenouille. Notre foie gras. Autant d'insultes faites à l'humanité des bêtes, et vice-versa. Mais vous le soulignez bien : plus rien n'est simple quand on entrouvre la boîte de Pandore. Mais j'ai lu récemment certain proverbe à propos de l'huître et de sa perle - à propos que disait-il au juste ? je crains de tout inverser pour servir mon propos du moment. Je crois qu'il disait que la perle acquiert sa valeur une fois sortie de la coquille de l'huître, ce qui suppose ouverture et renoncement. Oui, je crois que c'était cela. Parfois je suis trop inattentif et ne me rends compte qu'après-coup que je ne prêtais pas suffisamment l'oreille au moment où l'autre me faisait don d'une pensée profonde. Et même souvent. Trop. C'est ordinairement comme cela. Et en plus j'aime le foie gras.

Pas trop cavalier, j'espère, et en tout cas, en toute amitié
D.O.

P.S. Vous avez vu ? je viens tout juste de réussir à insérer un petit avatar. Je lui trouve un côté perlier et néanmoins dialectique. J'espère qu'il ne jurera pas avec le joli bleu tout autour d'ici. Oui ?
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Messagepar Diego Ortiz » Mar Jan 15, 2008 11:24 pm

Bonsoir Ishtar. Je découvre votre message juste après avoir posté le mien. Je crois que nous sommes d'accord. On peut y penser et en parler tout le temps mais au fond il n'y a pas assez d'une vie. L'altérité radicale.
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