Rudeval, de Marc Fenek

Rudeval, de Marc Fenek

Messagepar MarcFenek » Ven Nov 30, 2007 12:41 pm

Rudeval

260 pages, je vous mets deux extraits.

Extrait 1, chapitre X :
— Si tu avais réfléchi, tu ne serais pas là ?
— Je ne sais pas. C’est marrant… Mona m’avait demandé ce que je ferais s’il fallait s’engager, avant. J’avais répondu que je ne savais pas et même maintenant… Si c’était à refaire, je ne sais pas ce qui se passerait. Tu n’as pas hésité, toi ?
— Non. Ils voulaient Maman. Je voulais pas. C’est tout.
— J’aimerais que ça soit si simple pour moi…
— Yoru a raison. Tu réfléchis trop.


Extrait 2, chapitre XXIII:
La culasse claqua à vide, et j’étais à l’entrée de la place, et j’eus peur de ne plus pouvoir me défendre. Je n’avais pas d’abri, nulle part où me cacher pour recharger mon arme, et je me demandai brusquement à quoi cela pouvait bien avoir servi d’avoir porté cinq chargeurs depuis Charvest, puisque je n’aurais pas le temps de recharger, puisque j’allais mourir ici avec un chargeur vide dans mon arme et quatre pleins à ma taille.

Pour lire le reste, c'est ici : http://herisson26.free.fr/?page_id=231
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Messagepar Ishtar » Ven Nov 30, 2007 8:30 pm

Rudeval est une histoire prenante, au rythme très soutenu et à la sensation de lourdeur mortelle tout le long de ses 257 pages.
A la lecture de l'épilogue, je me suis posée la question, si tu étais ce fameux Marc décrit dans cette histoire, si tu étais père de famille et si l'histoire était véridique et la tienne, tellement elle semble réelle.
Je t'imagine parfaitement lutter contre l'extrême-droite et l'instauration de la tolérance zéro ainsi que la réinstauration de la peine de mort.
En ce qui concerne l'histoire, j'ai été sidérée à la lecture de la scène de la boucherie des trois soldats ayant tenté de violer Mona... Quelle violence ! Tu appelles cela, un moment dégarement véçu en pilotage automatique. Un véritable massacre ! Et que dire de ce conflit chaotique où l'on se bat de rue en rue avec pour seul mobile le plaisir de tuer l'autre sans se soucier de savoir qui il est ou quelles sont ses motivations ou ses idéaux... C'est abominable !
Il est certain qu'il faut se garder d'un optimisme trop angélique en cas de guerre... notre civilisation est sans doute allée trop loin dans le négatif et comme tu le dis, la civilisation ça n'existe pas ! C'est une illusion ! C'est un déguisement que les hommes donnent à leur sauvagerie pour tenter de vivre ensemble.
Je réalise en lisant ton ouvrage, qu'il faut toujours un élément déclencheur pour que s'instaure la violence, la haine, la terreur. Dans ce cas, c'est l'assassinat du Président Carion et l'élection de Jean-Pierre Sergen, leader d'un parti d'extrême-droite. Peu après son élection, il instaure la nécessité de moins venir en aide aux citoyens les plus jeunes, le refus de la démocratie, l'inégalité des droits des individus en fonction de leur race et de leur nationalité... cela suffit, pour que certaines personnes prennent le maquis, osent braver et se soulever contre l'ordre établi.
Malgré le sang de la révolte, c'est l'idée des droits de l'homme qui reste le legs essentiel de cette histoire ainsi que le refus d'un régime totalitaire et le refus de la montée de l'intolérance.
Je reste d'accord avec toi Marc que la violence oppressive est barbare dans sa doctrine et sa méthode et qu'il faut absolument lutter contre cela. A la lecture de ton ouvrage, je me rends compte que vivre dans les bois, souffrir du froid, de l'isolement et de la faim incitait souvent au découragement des maquisards et cela malgré les nombreuses complicités pouvant se trouver dans la population.
L'attitude instinctive de refus de l'oppression a permis à ce qu'un climat d'insécurité s'installe peu à peu parmi les hommes de Sergen... des embuscades, des sabotages ont été réalisés, permettant à la longue de mettre la répression en échec.
J'aimerai féliciter les résistants de tous les pays connaissant un régime totalitaire et leur dire tout simplement : "Lo Amout Kih'hia"
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Messagepar Philipum » Mer Déc 05, 2007 3:51 pm

Joli commentaire Carine ! Peut-être juste un point à éclaircir : lorsque tu dis que tu es "d'accord avec Marc que la violence oppressive est barbare dans sa doctrine et sa méthode et qu'il faut absolument lutter contre cela" : ca c'est juste une interprétation possible de ce que veut exprimer Marc avec cet ouvrage ; ce que j'aime et salue, moi, c'est que ce roman est écrit comme un récit, il relate des "faits" en quelque sorte, sans prétendre donner une lecon de morale...

Mais je suis censé donner un commentaire sur l'ouvrage et non sur un autre commentaire... le truc c'est que je l'avais déjà commenté sur un autre site il y a bientôt un an : j'ai envie de retranscrire ici mes mots d'alors (enfin ceux avec lesquels je suis toujours 100% d'accord) :

Citation:
Magnifique, étonnant, et on y croit. Oui, on croirait vraiment que Marc a vécu tous ces événements, et on comprend de manière touchante pourquoi et à qui il les raconte à la toute dernière page.

Le début du roman est plutôt glauque, ce n'est pas un reproche car c'est intéressant à quel point l'esprit du narrateur semble se rafraîchir du moment où il prend le maquis. La relation de Marc avec les femmes raffermit cette impression : au début, ca marche bien mais c'est pas trop sérieux avec sa petite amie ; ils pleurent ensemble, impuissants ; et puis un jour, la soeur (je crois) de celle qui deviendra sa femme lui tend un fusil, Marc le saisit pour défendre Mona et se découvre des ressources insoupconnées. Il semble que ce ne soit plus le même homme : on dirait presque qu'il ait trouvé sa vraie vocation. La vie de maquis est décrite de facon poignante.


Oui, ce roman est vraiment une perle (encore une !?) et encore une fois (parce que c'est récurrent chez les écrits de MarcFenek) il nous tire notre petite vie pépère pour nous proposer une autre réalité non moins possible, comme une sonnette d'alarme : attention, ne nous bercons pas d'illusions, nous ne sommes à l'abri de rien !

Tant mieux ?
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Messagepar Ishtar » Mer Déc 05, 2007 5:23 pm

philipum a écrit :
Citation:
nous ne sommes à l'abri de rien !

C'est exact Philippe.
Il suffit de regarder les informations avec un peu de recul; l'on pourra y voir s'y succéder les attentats en Afghanistan, au Liban, des échaffourées sanglantes en France, en Israël, ...
Existe-t'il un moyen d'infléchir cette évolution désastreuse de la violence d'après toi Philippe ?
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